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DOSSIER : Congrès des maires 2018 : un rendez-vous sous haute tension
Dossier publié à l'adresse https://www.lagazettedescommunes.com/593359/a-lelysee-les-maires-restent-sur-leur-faim/

DÉCENTRALISATION
A l’Elysée, les maires restent sur leur faim
Pascale Tessier | Dossiers d'actualité | France | Publié le 22/11/2018 | Mis à jour le 23/11/2018

L'exercice de calinothérapie du Président de la République et le service après-vente, tout miel des ministres n'ont pas toujours suffi à convaincre des édiles inquiets pour leur commune.

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Des maires mi-figue, mi-raisin à la sortie de l’Elysée. « Ils se sont peut-être rendu compte qu’ils étaient allés trop loin dans l’ignorance des collectivités locales ! », veut cependant croire un élu francilien, à la sortie de la réception des maires, le 21 novembre 2018 au palais.

Apaiser les tensions avec les maires de France réclame visiblement de la patience. L’exercice a pris autant de temps -en aparté- avec le bureau de l’association des maires de France (AMF) qu’il n’en a demandé aux hôtes du Président de la République ayant attendu bien au-delà du traditionnel quart d’heure de politesse.

Passé le temps du selfie de circonstance devant les marches du château et des innombrables coups d’œil à leur montre, les quelque 2000 invités ont trouvé le temps long. Très long même, à entendre les maires pour qui l’attente s’est transformée en irritation. Certains s’interrogeaient sur la présence des uns, d’autres ou de leur propre représentativité.

Ruée sur le buffet

Déjà, les conditions n’étaient plus optimales pour être attentif ou dans un état d’esprit prêt à se satisfaire de réponses en demi-teinte. Au bout d’une heure d’intervention présidentielle, la moitié de l’auditoire seulement persistait à suivre les questions-réponses, quand l’autre s’était déjà ruée sur le buffet.

Les huées envisagées un temps par certains ont été étouffées par le souci d’être « respectueux », mais nombre d’élus ont jugé le début du discours d’Emmanuel Macron un brin laborieux. « Sans véritable annonce, il a fait le job », mais l’auditoire attendait plus de contenu dans les 15 minutes d’allocution. D’ailleurs, les applaudissements « n’ont pas été très nourris », raconte un élu, quand un autre estime qu’ils étaient tout de même plus chaleureux à la fin de l’échange, même s’il est resté avec les mêmes questions sans réponse.

Appréciée, en revanche, la parole donnée aux maires, carré par carré. « Après les deux-trois premières questions des copains qui n’apportaient pas grand chose », les maires ont le sentiment d’avoir entendu plusieurs de leurs pairs s’exprimer sans filtre et avoir eu l’écoute du chef de l’État.

Le gouvernement au contact

« C’est quelqu’un de disponible décontracté, il est très positif, il revigore tout le monde, mais on est blasé, on n’y croit plus », commente un élu bourguignon qui aurait bien aimé que son meilleur souvenir de la soirée ne soit pas le buffet ! D’autant qu’un autre maire juge être plutôt resté sur sa faim, au regard de ses attentes d’annonces non satisfaites.

Appréciée aussi, la proximité des ministres qui ont « assuré le service après-vente ». Plusieurs maires ont ainsi pu échanger, par exemple, avec la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, se frayant un passage entre les petits groupes pour se mettre à la disposition des maires, ou entendre Sébastien Lecornu, ministre des Collectivités territoriales, confier qu’avant de remettre à plat la loi NOTRe, « les établissements publics territoriaux du Grand Paris sont la priorité. »

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