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[OPINION] HABITAT
Logement insalubre : on peut agir avant les effondrements !
Auteur associé | France | Opinions | Publié le 26/11/2018

Les récents et dramatiques effondrements d’immeubles survenus à Marseille et Charleville-Mézières (Ardennes) auront permis de mettre un coup de projecteur et d’interpeller sur l’état, l’occupation et la gestion du parc immobilier privé en France. Au-delà de la sidération et de l’émotion, il convient que ces tragiques événements soient resitués dans le contexte du logement, et notamment du mal-logement.

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Les récents et dramatiques effondrements d’immeubles survenus à Marseille et Charleville-Mézières (Ardennes) auront permis de mettre un coup de projecteur et d’interpeller sur l’état, l’occupation et la gestion du parc immobilier privé en France. Au-delà de la sidération et de l’émotion, il convient que ces tragiques événements soient resitués dans le contexte du logement, et notamment du mal-logement.

Les « businessmen de la pauvreté »

Heureusement, dans nos quartiers anciens, tous les immeubles ne sont pas en train de s’effondrer ! Heureusement, les propriétaires indélicats qui opèrent en « businessmen de la pauvreté », ceux que l’on nomme plus communément les « marchands de sommeil », sont ultraminoritaires. Et pour ceux-là, nous sommes en accord avec le ministre du Logement, Julien Denormandie : « Il convient de leur appliquer les mêmes procédures [qu’] aux trafiquants de drogue. »
Dans les collectivités, dans les services de l’Etat, chez les opérateurs du logement, les bonnes volontés ne manquent pas pour cibler et éradiquer les logements insalubres. Reste à simplifier les protocoles de travail, d’une part, les procédures et compétences des uns et des autres, d’autre part.

Il ne suffit plus de constater, il faut agir et le faire en étant certains qu’en jouant à rebours des procédures, les propriétaires indélicats ne puissent plus biaiser et poursuivre leur sinistre besogne. Au-delà, les effondrements de ces trois immeubles en disent long sur l’état de délabrement d’une plus large part de l’immobilier privé en France, dans le cœur des agglomérations, les villes moyennes et petites, les communes rurales.

En tant qu’opérateur de la rénovation de l’habitat, nous sommes toujours stupéfaits de constater les retards d’entretien, se cumulant parfois sur des décennies. Cela concerne notamment de très nombreuses copropriétés, petites ou grandes, anciennes ou assez récentes, en déshérence de gestion patrimoniale. Cela concerne majoritairement des propriétaires qui n’ont pas les moyens de « porter » leur patrimoine ou qui font d’autres arbitrages choisis ou contraints dans leurs dépenses. C’est sur cet effet de masse qui concerne des millions de logements qu’il convient d’agir patiemment et en prévention ; un peu comme en médecine, il vaut mieux « prévenir que guérir ».

Habiter mieux

Il y a donc une vie dans l’immobilier avant que les immeubles ne s’effondrent. Cela commande de reconnaître l’action en direction du parc privé ancien comme la priorité numéro 1 dans les politiques publiques de l’habitat, en n’oubliant jamais que quatre logements sur cinq en France sont dans ce parc privé qui joue (pour partie) un rôle de parc social « de fait ». Il doit être mieux reconnu avec une professionnalisation de la gestion patrimoniale et locative des logements corrélée à des aides financières de mise à niveau et de modernisation :

Des outils et moyens opérationnels existent, qui peuvent être (mieux) activés dans le cadre des politiques publiques de l’habitat, de l’accompagnement des propriétaires et des copropriétés dans leurs projets de travaux.

POUR ALLER PLUS LOIN