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DOSSIER : Congrès des maires 2018 : un rendez-vous sous haute tension
Dossier publié à l'adresse https://www.lagazettedescommunes.com/592574/le-congres-des-maires-pour-une-intercommunalite-a-la-carte/

RÉFORME TERRITORIALE
Le congrès des maires pour une intercommunalité à la carte
Jean-Baptiste Forray | France | Publié le 20/11/2018

Hostile à « la supracommunalité », les maires ont réclamé davantage de souplesse dans le fonctionnement de leur groupement. Alain Juppé en a profité pour vanter son expérience à la tête de la métropole de Bordeaux.

CONGRES-debat-intercos-20-11Le timing ne doit rien au hasard. Pour la première fois de son histoire, l’Association des maires de France a ouvert ses travaux par une matinée consacrée à l’intercommunalité. La marque d’une inquiétude devant les grands groupements de communes générés par la loi NOTRe.

« La décentralisation, en 1982, devait rapprocher le pouvoir du citoyen. L’intercommunalité l’en éloigne », a dénoncé le numéro deux de l’AMF, André Laignel. « Liberté, diversité, subsidiarité, proximité », a scandé le premier magistrat d’Issoudun. Succès de tribune garanti. Dans un rapprochement inédit, Alain Juppé (ex-LR) a repris à son compte le propos du socialiste André Laignel (PS).

Pôles de proximité

« Nous avons connu une petite révolution à la métropole : le passage de 3 000 à 5 000 agents. Toute cette opération n’aurait jamais vu le jour si elle n’avait pas reposé sur la subsidiarité, la liberté des communes, le respect de leur diversité. Est venu qui voulait », a vanté Alain Juppé. Et l’ancien Premier ministre de promouvoir sa métropole à visage humain. Un ensemble où les 28 maires siègent au bureau. « Nous avons renforcé nos quatre pôles territoriaux dont les effectifs ont été multipliés par trois. Et la première porte d’entrée de la métropole, c’est le maire ! » s’est félicité Alain Juppé.

Un tableau dans lequel ne se sont pas retrouvés les élus de petites communes embarqués dans des groupements XXL de plus de cinquante municipalités. Ils ont dénoncé la multiplication des temps de trajet, le règne de la réunionite et la prime donnée à la technostructure.

Haro sur la « supracommunalité »

A la tribune, Jean-François Debat, président de la communauté d’agglomération du Bassin de Bourg-en-Bresse, fruit de la fusion de 7 intercommunalités et de 75 communes, a volontiers reconnu ses difficultés. « Tous les maires ne peuvent pas être au bureau. Cela génère une frustration », a-t-il admis.

Mais le numéro 2 de Villes de France a aussi souligné que son intercommunalité mettait fin de la concurrence stérile entre des zones d’activité économique. Le tout, maintenant, est de trouver le bon curseur avec les communes. « Une grande communauté XXL doit être sur les sujets structurants, pas sur les compétences de proximité », a estimé Jean-François Debat, ajoutant : « Un PLU-I à 75 communes, ça n’a pas de sens ».

Il n’empêche, pour les maires de village, le spectre de « la supracommunalité » rode toujours. L’un d’entre eux a mis en garde contre l’octroi automatique de la compétence scolaire et périscolaire aux intercommunalités. Une piste avancée, cet été, dans le rapport du comité d’experts Action publique 2022. Un casus belli pour les maires  de village.

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