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Quotidiens régionaux : vices et vertus de la proximité

Publié le 14/11/2018 • Par Jean-Baptiste Forray Marie-Pierre Bourgeois • dans : France

Mairie de Thizy-les-Bourgs
Mairie de Thizy-les-Bourgs
Difficile pour un journaliste d'une locale de « se griller » avec le maire, principale source d'information de la commune. Mais les deux parties ont su trouver une relative autonomie.

Cet article fait partie du dossier

Les maires sous le feu des médias

Premier adjoint au maire de Rouen et patron du quotidien local « Paris Normandie », il lui suffisait de traverser la place de l’hôtel de ville pour aller d’un bureau à l’autre. Le député (UDF) Jean Allard incarnait les liaisons dangereuses qu’entretenaient dans les années 1980 le pouvoir politique et le pouvoir médiatique. Une ère en grande partie révolue.

Les liens entre les médias et les élus locaux se sont distendus. Dans les quotidiens régionaux, une nouvelle génération, plus féminisée, plus diplômée aussi, fait davantage fi des positions établies. Elle cherche à traiter sur le même plan le maire et le boulanger, l’élu et l’électeur.

La concurrence a accéléré ce mouvement. Si les quotidiens régionaux conservent encore de nombreux monopoles géographiques, une émulation nouvelle est apparue. Les radios et les télévisions locales ont peu à peu pris leur envol.

Le localier, un sorcier

Pour les maires aussi, la concurrence constitue un formidable terrain de jeu. « La meilleure vengeance, pour un élu qui s’estime éreinté par un article, c’est de donner systématiquement ses infos au quotidien d’en face », raconte René Perez, ancien directeur des rédactions du Finistère du « Télégramme ». Un département où la concurrence est vive avec « Ouest France ».

Dans le même temps, les élus se révèlent moins dépendants de la presse locale. Les grandes collectivités bénéficient de services « communication » étoffés. Selon le baromètre 2018 Epiceum – Harris Interactive réalisé en partenariat avec notamment le réseau Cap’Com, 78 % des Français font appel au magazine d’une collectivité pour s’informer sur leur territoire, contre 43 % au profit du quotidien régional (lire p. 42).

Dans les petites communes, la situation s’avère cependant très différente. Le quotidien régional reste le principal vecteur d’information. Les articles émanent de « correspondants locaux ». En clair, de rédacteurs non professionnels, jadis souvent des secrétaires de mairie, aujourd’hui plutôt des retraités.

Leur motivation s’avère parfois très politique. René Perez cite ainsi le cas de René Benoît. Prof de sport inconnu dans sa localité de Dinan, il est devenu maire et député grâce, en particulier, à son travail de correspondant local. « C’est la voie royale. Le correspondant local connaît tout le monde et rend service à tout le monde.

Il est le sorcier qui fait passer une information dans le journal. Magique ! » s’enflamme René Perez. Les quotidiens régionaux le savent, qui font la chasse aux conflits d’intérêts. Des chartes encadrent la production de leurs correspondants locaux.

Collection de mandats

Le journalisme professionnel de proximité reste aussi un combat. Le rédacteur croise et recroise ses interlocuteurs tous les jours, y compris le week-end. « Les moyens de pression d’un élu sont très élevés », juge Jacques Trentesaux, directeur de la rédaction du site d’investigation en ligne « Médiacités » qui, dans les grandes métropoles régionales, s’attaque aux pouvoirs établis. « Dans une petite ville, on n’a pas 36 000 sources. Quand on se brouille avec un maire, c’est très difficile de travailler sur le territoire », explique Jacques Trentesaux.

Cela n’empêche pas une certaine prise de distance. « Longtemps, il apparaissait naturel que le quotidien régional soutienne des grands projets, relate le sociologue des médias Jean-Marie Charon. Des engagements qui rejaillissaient naturellement sur la manière dont était traitée l’action publique. Aujourd’hui, cet accompagnement des acteurs économiques et politiques ne va plus de soi. »

Une période que regrette un peu René Perez : « Les journalistes locaux étaient fiers de leurs grands élus qui auraient pu aligner leur collection de mandats comme les médailles sur les poitrines des généraux soviétiques. Ces interlocuteurs-là existaient à Paris. Ils étaient détenteurs d’une multitude d’informations. »

Bons biscuits

Les liens avec les collectivités ont pris une autre nature. Plus économique. La presse quotidienne régionale en a un cruel besoin. Son lectorat se rétrécit et vieillit.  L’an dernier, ses recettes publicitaires ont chuté de 4,6 %. selon le Baromètre unifié du marché publicitaire. Le reflet d’une crise structurelle. La PQR souffre d’une présence numérique très faible au regard de la presse quotidienne nationale. Le rapport, sur le plan commercial, est de 1 à 20.

Dans ces conditions, la PQR a les yeux de Chimène pour les budgets de publicité et d’annonces légales des collectivités territoriales. « Le journaliste travaille donc pour une structure qui a des liens d’affaire avec ses interlocuteurs. Il n’est donc pas libre », en déduit Jacques Trentesaux.

Mais pour René Perez, c’est avant tout l’irruption du numérique qui a altéré le lien entre les journalistes et les élus. Avec le boom des mails, textos et autres tweets, le localier n’a plus besoin d’aller chercher « l’info à la source ». « C’était après la conférence de presse qu’on obtenait des bons biscuits. A n’importe quelle heure, il fallait alors boire un coup. L’espérance de vie n’était pas très longue ! »

Ces journalistes qui passent de l’autre côté de la barrière

Transhumance Le mercato est aussi discret que massif : de plus en plus de journalistes de la presse quotidienne régionale passent de l’autre côté de la barrière, intégrant le service communication d’une collectivité. Une conséquence des difficultés économiques structurelles du secteur.

« Quand je pense à mon avenir professionnel, je me dis que j’ai plus de possibilité d’évolution dans la fonction publique territoriale que dans le journalisme », confirme Delphine Lacroix, rédactrice en chef de deux magazines dépendant de la mairie de Roubaix (« Alternatif » et « Roubaixxl ») et ancienne rédactrice à « La Voix du Nord » ainsi qu’à « La Semaine des Ardennes ».

Le changement d’orientation est cependant loin d’être anodin. « Quand j’ai accepté le poste d’attaché de presse à la ville de Tours, j’ai eu des nuits difficiles. C’est un poste très politique, on travaille directement avec le cabinet », confie Clément Hebral, ancien du « Télégramme » et de « La Nouvelle République ». Un dernier poste « où il ne suivait pas les assemblées locales », précise-t-il. Bilan aujourd’hui : il reste « au cœur de l’information », épanoui comme jamais par son job. « Je ne suis pas le seul à sauter le pas d’ailleurs. Un de mes camarades du Télégramme a été débauché par la mairie de Morlaix », raconte Clément Hebral. Delphine Lacroix ne regrette pas non plus son choix une seconde. Les faits divers à « La Semaine des Ardennes » n’étaient pas tout à fait sa tasse de thé.

A Roubaix, elle colle au plus près de la vie quotidienne des gens. « J’ai la chance de travailler avec des élus qui ne confondent pas communication publique et communication politique, ajoute Delphine Lacroix. Le maire n’intervient ni dans les choix des sujets, ni dans l’écriture. Je fais le même métier qu’avant en presse locale », assure-t-elle.

Un propos qui ne convainc pas Jacques Trentesaux, directeur du journal en ligne d’investigation « Médiacités ». « On ne peut pas être profondément journaliste dans le service communication d’une collectivité, juge l’ancien rédacteur en chef du service Villes et responsable des suppléments régionaux de L’Express. On n’a jamais la liberté d’expliquer pourquoi la ville investit dans tel quartier et pas dans un autre. »

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