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POLITIQUES PUBLIQUES
Pauvreté : en finir avec le misérabilisme
Auteur associé | France | Opinions | Publié le 19/11/2018

Que faire pour réduire la pauvreté ? Dans ce domaine, les plans se succèdent, se ressemblent et n’ont jamais eu d’impact conséquent. Pour une raison simple : ils ne s’attaquent pas à la racine du problème qui est la dégradation des conditions d’emploi et l’ampleur du chômage.

Jean-Louis Zimmermann_Flikr_cc_

Que faire pour réduire la pauvreté ? Dans ce domaine, les plans se succèdent, se ressemblent et n’ont jamais eu d’impact conséquent. Pour une raison simple : ils ne s’attaquent pas à la racine du problème qui est la dégradation des conditions d’emploi et l’ampleur du chômage. Leur objectif est de communiquer sur le fait que l’exécutif est à l’action.

Le plan « pauvreté » présenté en septembre 2018 mobilise 2 milliards d’euros par an dont il faut déduire plus d’un milliard récupéré en baisse d’allocations logement. Les réductions d’impôts pour les plus aisés décidés l’an dernier coûtent chaque année plus de 5 milliards d’euros.

Comment agir ? Commençons par faire la part des choses (1) [1]. Un grand nombre d’acteurs, marqués par la situation des plus démunis, sont tentés d’en rajouter sur « l’explosion » de la pauvreté. Ils nourrissent sans le vouloir les propos de ceux qui estiment que l’on dépense trop pour les pauvres.

Afficher 9 millions de pauvres – chiffre utilisé par tout le monde en France, c’est le seuil à 60 % du niveau de vie médian – ne veut rien dire : on y rassemble des personnes dans la misère et des familles qui vivent avec 2 500 euros par mois avec deux enfants. La France est l’un des pays au monde où le taux de pauvreté est le plus faible et la pauvreté la moins durable, parce que son modèle social, fondé sur la solidarité, est parmi les plus performants.

Pas de recette miracle

Arrêtons d’opposer prévention et réparation. Prévenir (agir sur le long terme) vaut mieux que guérir (soutenir le moment venu). Quelle découverte ! Cette évidence sert surtout à éviter d’aider davantage.

Une fois que le mal est fait, il faut bien venir en aide : même si elle a beaucoup baissé, la pauvreté des personnes âgées reste une réalité, et la solidarité doit jouer à plein. Personne, non plus, ne veut voir d’enfants dormir dans la rue… On ne sait pas démêler ce qui relève de la prévention et de la réparation : quand vous créez un logement social, vous mettez à l’abri ceux qui l’occupent (réparation) et ce logement est l’une des clés d’accès à l’autonomie et à l’insertion professionnelle (prévention).

Personne n’a de recette miracle sur le bon dosage entre prévention et soutien. Finissons-en avec le misérabilisme. Arrêtons en particulier, une bonne fois pour toutes, de faire pleurer sur le sort de ces « enfants pauvres » qui n’existent pas : ils sont dans cette situation parce que leurs parents sont pauvres, trop souvent à cause d’emplois qui ne les rémunèrent pas assez.

Cessons le paternalisme : les pauvres n’ont pas besoin d’être davantage responsabilisés que les riches, tout autant profiteurs de l’argent public. L’accompagnement est nécessaire, mais, employé à toutes les sauces, il devient infantilisant.

Les pauvres ont besoin de politiques publiques concrètes : dans les domaines de l’éducation, du logement, de l’emploi, des revenus. Pas qu’on leur tienne la main pour envoyer leurs enfants à l’école ou aller au travail. Ces besoins ressortent régulièrement au niveau local, notamment lors de la réalisation par les centres communaux d’action sociale des analyses de besoin sociaux.

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