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Education

Numérique des tout-petits : face à l’urgence, les professionnels en quête de repères

Publié le 07/11/2018 • Par Michèle Foin • dans : France

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Pink Sherbet Photography [CC BY 2.0], via Wikimedia Commons
L’usage des smartphones et tablettes numériques par les tout-petits devient alarmant. C’est le constat qu'a dressé la Fondation pour l’Enfance lors de son colloque national du 5 novembre 2018. Elle demande une ligne officielle pour aider parents et professionnels.

Cet article fait partie du dossier

Décoder les enjeux du numérique à l'école
EN PARTENARIAT AVEC sponsor du dossier Numérique des tout-petits : face à l’urgence, les professionnels en quête de repères

« Pas d’écran avant 3 ans » : cela fait dix ans que le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) martèle cette recommandation au grand public. Un message qui a du mal à passer à en croire les résultats de l’étude menée par la Fondation pour l’Enfance auprès de 500 familles avec enfants de moins de 5 ans, et rendus publics lors du colloque national sur le Numérique des tout-petits qui s’est tenu à Paris le 5 novembre 2018.

D’après ce que déclarent les parents interrogés, 58% des enfants de 0 à 5 ans utilisent un écran numérique mobile. Ils sont 4 sur 10 à l’utiliser une fois par semaine, mais 6% et 9% à utiliser chaque jour respectivement smartphone et tablette. Et ce sont 20% des parents qui affirment que leur enfant a commencé à utiliser un écran numérique mobile à l’âge d’un ou deux ans.

Des résultats qui ont fait frissonner les deux cents professionnels de terrain présents, mais qui ne les étonnent qu’à moitié. « Nous réalisons que depuis quelques années, l’exposition des tout-petits aux écrans est devenue très importante. Nous commençons à en voir l’impact sur les bilans que nous faisons en maternelle, entre trois et quatre ans. Souvent, les difficultés scolaires coïncident avec une forte exposition aux écrans », témoignent deux médecins de Protection maternelle et infantile (PMI) du département de la Marne. Une question que ces professionnels abordent dorénavant systématiquement avec les parents lors des consultations de jeunes enfants.

Risques de retard de développement

Or l’enjeu est de taille, comme l’a rappelé Emmanuel Devouche, enseignant-chercheur spécialiste de la relation parent-bébé, car c’est entre 0 et 3 ans qu’interviennent les apprentissages fondamentaux de l’enfant. « Les êtres humains sont des êtres sociaux qui s’épanouissent dans le rapport avec l’autre. C’est durant la période de la toute petite enfance que l’enfant développe sa capacité à interagir avec autrui. Pour le bébé, le monde ne prend sens qu’au travers d’activités partagées. Or l’écran ne communique pas avec l’enfant, ne s’ajuste pas à lui, ne l’enveloppe pas, ne lui répond pas », prévient-il. Les risques liés à l’usage abusif des écrans sont nombreux : perte de contact avec la réalité, carences en développement, arrivée tardive du langage, comportements violents…

Messages de prévention inaudibles

Si le message « pas d’écran avant trois ans » se justifie donc pleinement d’un point de vue de santé publique, les professionnels de la petite enfance ou de la parentalité se trouvent très souvent en porte-à-faux pour le faire passer auprès des parents. Ces derniers, d’après l’étude de la Fondation pour l’Enfance, jugent en effet les messages avec une grande sévérité : « trop généraux », « pas assez nuancés », et surtout, éloignés du quotidien des familles où le numérique est omniprésent. Plus inquiétant encore : ils n’alertent pas suffisamment sur les dangers et les conséquences de l’usage des écrans sur la santé des enfants.

Les professionnels ne sont pas écoutés

Michelle Blain est directrice d’Horizon multimédia, une association située dans le Var qui intervient en partenariat avec l’Agence régionale de santé de la région Provence Alpes Cotes d’Azur pour former les professionnels. Elle témoigne des difficultés qu’ils rencontrent : « Les professionnels de la petite enfance ne sont pas forcément écoutés par les parents car ils ne peuvent appuyer leurs discours sur des rapports scientifiques. Aujourd’hui, il n’y en a quasiment pas en France !  De leur côté, les parents répondent : « De quels droits vous me donnez ce type de conseil ? » Nous aurions vraiment besoin d’un appui institutionnel étatique. »

Situation alarmante chez certaines familles

La question se pose d’autant plus cruellement pour les populations très défavorisées. « Le numérique est l’outil de médiation des familles précaires, rappelle Michelle Blain. A l’aire de la dématérialisation, ces familles sont confrontées à la fracture numérique, mais aussi aux difficultés de compréhension et d’écriture de la langue française. Dans ce cadre, l’outil numérique est utilisé par les enfants pour les parents, en tant que médiateur ». Dans ces familles, la tablette est aussi largement utilisée pour occuper le jeune enfant, et souvent durant un temps très long dans la journée, sans réel contrôle du contenu. « Six à huit heures par jour, parfois », témoigne une autre participante, animatrice d’une association culturelle dans le 18ème arrondissement de Paris. Et les organisateurs du colloque de se demander s’il ne faudrait pas des messages de santé publique adaptés aux différents publics.

Polémique sur les tablettes à l’école maternelle

L’usage du numérique à l’école n’est pas non plus sans poser question aux élus. Ainsi,  Catherine Mauger, chargée de mission petite enfance et éducation au sein de la commune nouvelle de Cherbourg-en-Cotentin (80 616 hab. Manche) témoigne de débats houleux au sein de sa collectivité. Dans cette ville nouvelle, les élus souhaitent équiper les écoles maternelles en outils numériques, mais sont confrontés à un discours virulent de la part de professionnels de santé (orthophonistes et orthoptistes) qui s’opposent aux usages du numérique en maternelle. « Les inspecteurs de l’Education nationale disent que cela ne pose aucun problème en maternelle. Nous sommes face à un message contradictoire entre ces professionnels de santé et l’Education nationale. Or nous voulons donner la bonne réponse aux parents. Nous allons donc organiser des groupes de travail pour y réfléchir », explique la chargée de mission.

Nécessité d’un projet éducatif

Olivier Grugier, maître de conférence en charge de la formation des enseignants de maternelle à Paris, insiste sur l’importance de l’échange entre les équipes éducatives et les élus. « Je ne suis pas pour la généralisation des tablettes à l’école maternelle. S’il n’y a pas d’usage derrière, cela sert à rien. Par contre, si les enseignants ont un réel projet éducatif avec les tablettes, que les élèves sont acteurs et qu’ils comprennent l’enjeu du fonctionnement de ces outils, alors je trouve cela très bien. » Le conseil d’école est à ce titre un moment intéressant pour échanger sur ces sujets « pour rassurer les parents et identifier les usages auprès des enseignants », rappelle-t-il. Car ce qui compte avant tout, et c’est ce qu’ont martelé tous les intervenants lors de cette journée : que l’enfant soit accompagné par un adulte dans l’usage des outils numériques nomades.

Les professionnels comme les parents manquent donc cruellement de repères, et de recul face à l’impact d’une technologie dont l’adoption a été fulgurante. « En six ans, la tablette a conquis 75% des foyers ! » rappelle Laure Deschamps, fondatrice de la Souris grise. Des recommandations officielles sur les usages numériques des tout-petits pour les parents et les professionnels de la petite enfance seraient les bienvenues. Ce que demande instamment la Fondation pour l’Enfance.

 

 

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