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FISCALITÉ
Prix du carburant : Emmanuel Macron en appelle aux territoires
Pablo Aiquel | A la une | France | Publié le 06/11/2018

Le Président de la République veut généraliser l'aide mise en place dans les Hauts de France. Les régions redoutent de payer la facture. En attendant, la grogne des maires ruraux ne retombe pas.

EMMANUEL MACRON

Pour répondre à la colère des automobilistes face à la hausse des carburants, le Président de la République a demandé au gouvernement de travailler sur des mesures visant à accompagner « nos concitoyens qui tous les jours prennent leur voiture pour aller travailler ». C’est ce qu’il a annoncé le 6 novembre 2018 sur Europe 1.

Le chef de l’Etat a proposé de généraliser les aides individuelles portées par les collectivités, à l’image du dispositif de la région des Hauts-de-France, s’engageant à défiscaliser la mesure en la sortant de l’assiette de l’impôt sur le revenu.

L’aide mise en place par la région dirigée par Xavier Bertrand (Divers droite) concerne des personnes habitant à plus de 30 km de leur travail, et n’ont pas accès à de transports en commun ou travaillent avec des horaires décalés, sous conditions de ressources (moins de deux fois le SMIC).

Nouvelles dépenses

Ces nouvelles mesures annoncées par le président de la République « sont bien ciblées sur les ménages les plus exposés, et sont des réponses adaptées et très concrètes aux inquiétudes des Français. A nous maintenant, gouvernement et majorité, de concrétiser rapidement ces engagements ! » a tweeté l’ancien porte-parole de Nicolas Hulot, le député Mathieu Orphelin (LRM) .

En revanche, Régions de France a qualifié immédiatement l’annonce de « très surprenante puisqu’elle revient à demander aux Régions de payer alors que c’est l’État qui perçoit les recettes liées à la contribution climat énergie (CCE) ».

« Elle contrevient par ailleurs à l’obligation faite aux Régions de ne pas augmenter leurs dépenses de fonctionnement. Enfin la mesure de défiscalisation sera sans impact réel puisque les ménages concernés sont pour l’essentiel non imposables », a assuré Régions de France dans un communiqué.

Pour les régions, c’est à l’Etat « de financer les mesures palliatives en termes de pouvoir d’achat. Nous demandons qu’il affecte les recettes supplémentaires de TVA au financement d’un dispositif d’aide individuelle sur des populations ciblées ». Elles réclament également un rôle accru en matière d’autorité organisatrice de la mobilité.

Délibérations contre la hausse

Mais pour Emmanuel Macron,  l’essentiel est ailleurs. Avec son intervention sur Europe 1, il apporte une première réponse ainsi à la grogne qui monte dans le pays : des manifestations de blocage sont annoncés pour le 17 novembre prochain. Une colère que l’Association des maires ruraux de France voit gonfler depuis des mois. Plusieurs dizaines de villages ont délibéré contre la hausse des taxes des carburants.

« Depuis mars-avril 2016 à septembre-octobre de cette année, le prix du carburant a prix une augmentation de 50% », explique le maire du Ferré (690 hab., Ille-et-Vilaine), Louis Pautrel.

Le conseil municipal du Ferré a voté en octobre dernier une délibération sollicitant la baisse des taxes, mais aussi la mise en place des dispositifs pour protéger le pouvoir d’achat, l’opposition aux « péages urbains », l’accélération du développement du télétravail, et demande également à la région et aux intercommunalités de déployer des solutions de déplacement collectif.

« Nous avons fait de calculs, pour un ménage qui consomme 45 litres de carburant par semaine, cela représente plus de 1100€ par an, l’équivalent d’un SMIC ! C’est du pouvoir d’achat qui s’en va. C’est pour cela que nous demandons une baisse des taxes des carburants », souligne l’élu breton, également vice-président de l’association des maires ruraux de France.

Véhicules des collectivités impactés

Pour Flavien Neuvy, économiste et maire de Cébazat (Puy-de-Dôme), « la hausse des carburants pèse lourd également sur les dépenses des collectivités, car il s’agit d’une charge à caractère général qui entraine une augmentation des dépenses sans consommation supplémentaire. Cela va exiger plus d’économies, alors qu’on en fait déjà partout ».

« Les citoyens vivent très mal ces hausses du prix des carburants, car souvent il n’y a pas d’autre choix que de prendre la voiture. Pour les habitants des périphéries et de la campagne, c’est très difficile », explique-t-il.

Des élus d’opposition, Damien Abad et Guillaume Peltier (LR), ont embrayé les maires ruraux en sollicitant dans un « appel des territoires » publié par le Journal du dimanche, « l’arrêt immédiat de la hausse des taxes ».

Mais le gouvernement ne compte pas revenir sur « la politique fiscale qui met un prix face à la pollution » et maintient le cap sur les augmentations des taxes prévues en 2019.

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