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Dialogue social

L’avenir du dialogue social reste très flou

Publié le 06/11/2018 • Par Pascale Tessier • dans : France, Toute l'actu RH

dialogue
AdobeStock
La représentation syndicale est-telle trop faible en France ? Sans aucune doute, comme ont pu l’entendre les participants aux 6èmes rencontres du dialogue social, à Suresnes.

À la question “Comment voyez-vous l’avenir du dialogue social en France ?”, 57 % de la centaine des participants aux 6èmes rencontres du dialogue social de Suresnes (18 octobre dernier) se sont montrés pessimistes, 35 % optimistes et 8 % sans opinion. C’est dire si le débat est loin d’être tranché et c’est pourquoi la ville de Suresnes (Hauts-de-Seine, 48600 hab.) veut démontrer l’importance de la représentativité syndicale, dans le public comme dans le privé.

“Le gouvernement veut-il et va-t-il, par sa politique, renforcer les syndicats ? Sous l’ère Macron, l’accord majoritaire d’entreprise va-t-il primer sur la loi ?”, s’est interrogée Béatrice de Lavalette, adjointe au maire, vice-présidente du conseil régional d’Ile-de-France et instigatrice de la journée qu’elle animait. Les participants ont estimé à 48 % que l’accord d’entreprise devait prendre le dessus, mais ils ont été 31 % à défendre la loi. Preuve que les positions sont loin d’être claires, puisque 23 % des participants au colloque ne se sont pas prononcés.

11,8 % de syndiqués seulement

Dans un pays où la représentativité syndicale n’est que “de 11,8 %”, face à une moyenne de l’OCDE établie à 30 %, les intervenants ont jugé important que les représentants syndicaux soient reconnus “à leur juste valeur.” Pour Luc Bérille (secrétaire général du syndicat des enseignants UNSA), “la profonde erreur serait de les considérer comme subalternes. Il n’y a pas d’acceptation social sans dialogue, et on est sur une très mauvaise pente qui risque d’affaiblir le dialogue social.” Un point de vue partagé par François Kalfon (conseiller régional d’Ile-de-France, membre du bureau national du PS) qui souhaiterait même “une co-construction avec les syndicats, au sein de l’entreprise, y compris sur la stratégie.”

Et comme Agnès Verdier-Molinié (directrice de la Fondation pour la recherche sur les administration et les politiques urbaines, IFRAP) estime que les syndicats “ont trop de poids” et qu’ils portent aussi “leur responsabilité” dans le paritarisme, Bernard Vivier (directeur de l’Institut supérieur du travail, IST) a affirmé que “le pays a besoin de se réformer”, tout en se demandant qui devait porter la réforme. “Il faut des acteurs sociaux qui, entre eux, organisent le marché social du travail.”

Et même si négocier demande “du temps”, Luc Bérille est convaincu qu’il y a “de vraies urgences sociales, économiques et écologiques.”

Il faut du courage politique

L’accord majoritaire d’entreprise doit-il primer sur la loi ? À cette question, Bernard Vivier a confié que “le grand oublié” était l’accord de branche, et qu’il avait même “failli disparaître avec la réforme Macron.” Quand François Kalfon estime qu’il convient de trouver “un bon équilibre”, Agnès Verdier-Molinié affirme que “à un moment, il faut du courage politique quand on veut des réformes et accepter de dialoguer sur les accords de branche. On ne va pas assez loin : quand va-t-on entrer dans une véritable flexibilité ?” Une question qui reste posée…

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