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DOSSIER : Open Data et réutilisation des données publiques : des promesses vertigineuses
Dossier publié à l'adresse https://www.lagazettedescommunes.com/586475/open-data-et-collectivites-qui-fait-quoi-et-comment/

OPEN DATA
Open data et collectivités : qui fait quoi, et comment ?
Romain Mazon | Actu ingénierie publique | Dossiers d'actualité | France | Publié le 12/10/2018 | Mis à jour le 15/10/2018

L’obligation d’ouverture des données publiques, entrée en vigueur le 7 octobre, a moins mobilisé les collectivités que le RGPD, en mai dernier. Les premiers résultats de l’Observatoire Open data des territoires sont éclairants, et impitoyables : à peine 8% des collectivités ont publié au moins un jeu de données. Mais le nombre de collectivités a augmenté de 33% en un an. Qui fait quoi, et comment : revue des données.

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343 collectivités territoriales ont ouvert au moins un jeu de données publiques au 8 octobre 2018, respectant en cela l’obligation légale, en vigueur depuis le 7 octobre, d’open data par principe prévue par la loi pour une République Numérique du 8 octobre 2016.

4510 collectivités étant concernées par la loi, on est encore loin du compte : « A ce rythme il nous faudrait 40 ans pour respecter la loi », s’amuserait presque Jean-Marie Bourgogne, le délégué général d’Opendata France, l’association qui fédère les collectivités.

En réalité, les résultats révélés par le premier Observatoire Opendata des Territoires [1], qu’a publié l’association le 10 octobre, peuvent conduire à l’optimisme. Par exemple, la progression des collectivités pratiquant l’open data entre mars et octobre 2018 : + 33 %.

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L’open data, une affaire de taille, et d’ancienneté

Jean-Marie Bourgogne fait aussi valoir que « probablement aucun autre pays dans le monde ne compte autant de pouvoirs locaux engagés dans l’open data ».

En outre, l’écosystème des acteurs de l’open data territorial dépasse les seules collectivités, et atteint 450 entités si l’on inclut par exemple les délégataires de service public ou d’autres organismes associés des collectivités (type offices de tourisme par exemple). Au chapitre « bonne nouvelle », on recense également 46 communes de moins de 3500 habitants, non visées par la loi, et pourtant engagées dans l’open data.

L’observation des résultats par strate permet une analyse plus fine. Seule une région ne pratique pas encore l’open data : l’Occitanie. Mais elle a engagé, depuis le printemps 2018, la construction d’une stratégie de la donnée à l’échelle régionale qui se veut ambitieuse.

Le niveau départemental est mitigé : 47 % des départements sont engagés. Le taux est beaucoup moins élevé pour les strates intercommunales (6,6 %) et communales (5 %). « Il faut relativiser, alerte cependant Jean-Marie Bourgogne, car en filtrant par la population, on se rend compte que les métropoles (72,7 %) et dans une moindre mesure, les communautés d’agglos (22 %) sont mobilisées, à l’exception notable de Marseille, Clermont-Ferrand ou Dijon, par exemple. Les grandes villes (41, 5 %) aussi sont présentes dans l’open data. »

En revanche, « on note un gros retard à partir de la strate de communes de 20 à 50 000 habitants, souligne-t-il, comme pour les communautés de communes ».

En prenant de la hauteur, un regard national fait apparaître un déséquilibre certain des collectivités engagées sur la façade ouest, particulièrement en Bretagne et Pays de la Loire, et en Occitanie (même si la région elle-même n’est pas encore présente). L’Aquitaine marque le pas, alors que les collectivités y affichaient une dynamique pionnière les années précédentes.

Le Grand Est, à l’inverse, comme le Nord, est encore très peu mobilisé, ainsi qu’Auvergne-Rhône Alpes, particulièrement peu active.

Pour Jean-Marie Bourgogne, ces disparités s’expliquent d’une part par la présence, dans un territoire donné, d’une collectivité pionnière, type région ou métropole qui tire les autres, d’autre part par l’accompagnement reçu par les plus petites, notamment à travers l’expérimentation open data locale.

Jeux de données et plateformes

Mais quels jeux de données sont publiés ? Et combien ? Peu, selon les résultats de l’observatoire : un tiers des collectivités n’ouvrent pas plus de 3 jeux de données. « C’est le signe qu’elles ont du mal à produire des données ; il y a un obstacle à l’industrialisation », constate le délégué général d’opendata France.

Le mode de publication de ces données n’est peut-être pas étranger à ces difficultés, puisque les chiffres obtenus par l’observatoire révèlent qu’une centaine de plateformes différentes sont utilisées, constituant autant de freins à la standardisation, à l’interopérabilité, ou même à la compréhension des données, puisque chacun ou presque adopte une approche propre. « Peut-être faut-il se poser la question de la rationalisation », interroge Jean-Marie Bourgogne.

Un sujet qui sera peut-être abordé dans le cadre du programme d’open data locale saison 2, dont l’association annonce le lancement lundi 15 octobre. Un appel à projet invitera les collectivités à solliciter un accompagnement, non pas au titre d’une expérimentation, mais bien d’un déploiement d’une stratégie open data. Le programme durera deux ans.

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