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TRANSPORT
Sécurité accrue pour les femmes grâce à la descente à la demande dans les bus
Camille Selosse | A la Une prévention-sécurité | Actu experts prévention sécurité | Innovations et Territoires | Régions | Publié le 18/10/2018 | Mis à jour le 17/10/2018

Les situations de harcèlement sexiste sont nombreuses dans les transports. La plupart du temps, ce sont les femmes les premières visées par ce type d’incivilité. Dans les bus, la descente à la demande se met en place pour lutter contre ce phénomène. Appliquée surtout la nuit, elle permet au conducteur de s’arrêter entre deux arrêts pour rapprocher au maximum l’usager de sa destination finale.

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Sur 6 000 femmes interrogées, 87 % ont déjà subi une situation de harcèlement sexiste dans les transports, selon une enquête de la Fédération nationale des associations d’usagers de transports, publiée en 2016. Depuis, les pouvoirs publics et les opérateurs ont pris conscience de l’ampleur du phénomène et tentent d’y apporter des solutions.

Création de numéro d’alerte, formation des agents, marche exploratoire pour identifier les lieux posant le plus problème… Ces derniers mois, plusieurs réseaux ont opté pour un autre outil : l’instauration de la descente à la demande, dans les bus. Un système qui permet, comme son nom l’indique, de réclamer un arrêt intermédiaire au conducteur entre deux arrêts officiels, réduisant ainsi la distance à parcourir à pied jusqu’à sa destination finale.

En France, Nantes la pionnière

Si ce dispositif vise d’abord à rendre le trajet plus sûr pour les femmes, il est utilisable par tous et peut aussi avoir un intérêt pour les personnes âgées. Les horaires varient d’une ville à l’autre, mais la possibilité de recourir à la descente à la demande commence en général entre 21 heures et 22 heures, et s’étire jusqu’à la fin du service.

Cette mesure est apparue dans les années 90, au Canada, dans l’agglomération de Toronto. Montréal a suivi. En 2000, les Nations unies la désignent comme l’une des meilleures pratiques en matière de développement local. Et progressivement, elle essaime. Dans d’autres villes canadiennes, à New York en 2009, en Suède en 2011, à Istanbul et São Paulo en 2016…

En France, la pionnière est la ville de Nantes. La descente à la demande y est expérimentée à partir de novembre 2015 jusqu’en avril 2016 sur l’ensemble des lignes de bus après 22 h 30, et vise alors essentiellement à formaliser une habitude déjà prise par quelques conducteurs. Au vu de son bon déroulé, la société d’économie mixte des transports en commun de l’agglomération nantaise (Semitan) a décidé de la pérenniser (lire ci-dessous) [1]. Depuis, d’autres réseaux lui ont emboîté le pas. C’est le cas de Bordeaux – qui a initié une expérimentation en novembre 2017 et vient d’annoncer la généralisation de cette pratique à toutes ses lignes – ou de Brest.

Test sur onze lignes de bus en Ile-de-France

En Ile-de-France, un essai a été organisé au mois de mars. Il concerne onze lignes de bus :

CHIFFRES CLES

  • 1 ou 2 arrêts à la demande ont été sollicités chaque soir durant l’expérimentation bordelaise qui se tenait sur 2 lignes de bus depuis l’hiver dernier.


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