Alors que la prime de fonctions et de résultats, instaurée en 2008, a fait long feu, la création d’une nouvelle prime au mérite est sérieusement étudiée par le gouvernement. En 2015, l’économiste Maya Bacache-Beauvallet avait sévèrement remis en cause, dans un rapport pour le think tank Terra Nova, les primes à la performance dans la fonction publique, pointant l’inégalité de traitement entre usagers qu’elle engendrait, ainsi que la démotivation des agents. « Ces primes ne sont intéressantes que lorsqu’il s’agit de gérer une population très homogène dont les tâches sont les mêmes, sinon elles engendrent mal-être et perte de sens. Or le sens du travail est un élément fort de la motivation, bien plus que l’argent », expliquait-elle alors.
Recours hiérarchiques
La ville de Sélestat (300 agents, 19 250 hab., Bas-Rhin), a adopté la prime au mérite individuel il y a plus de douze ans. Dans le cadre du complément indemnitaire annuel (CIA), la commune travaille actuellement à faire évoluer son dispositif. « Il faut être d’accord sur la fixation des objectifs, leur évaluation et l’attribution de la prime. La somme versée a également un fort impact sur la mobilisation des encadrants pour la mettre en œuvre et sur la motivation des agents. La question est de savoir la part que l’on donne à l’individualisation, ce qui suppose de trouver un équilibre entre motiver individuellement les agents performants et conserver une cohésion d’équipe », note la DRH de Sélestat, Béatrice Guémard.
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Gazette des Communes