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Transports

Les « cars Macron » en danger

Publié le 09/10/2018 • Par Auteur associé • dans : France, Opinions

Car Macron à Lille
Wikipedia Commons
Les « cars Macron » ont modifié les habitudes des voyageurs et ont permis de créer des emplois non délocalisables. Toutefois, lorsque l’on examine les résultats économiques, on constate qu’à ce jour cette activité est très loin d’avoir atteint son équilibre.
Jean-Sébastien Barrault

Jean-Sébastien Barrault

président de la Fédération nationale des transports de voyageurs

La FNTV a été à l’initiative de l’ouverture à la concurrence des lignes nationales longue distance, appelées « cars Macron », que notre profession attendait depuis de nombreuses années.

Cette libéralisation du transport par autocar a permis l’émergence d’une offre inédite en France, qui existait déjà dans la plupart des pays d’Europe. Si l’autocar était connu en France pour les transports scolaires ou les voyages de tourisme, il est devenu un nouveau moyen de déplacement pour une partie de la population française pour ses besoins professionnels ou de loisirs. C’est une véritable alternative à la voiture individuelle et au train.

Un rôle d’aménagement du territoire incontournable

Les « cars Macron » ont modifié les habitudes des voyageurs. Depuis 2015, plus de 18 millions de voyageurs ont utilisé ces cars. Et 17 % des clients n’auraient pas effectué un déplacement si l’offre d’autocar n’existait pas, soit 3 millions de personnes. Avec plus de 280 villes françaises desservies, 1 800 liaisons commercialisées et 860 départs quotidiens, les « cars Macron » jouent un rôle d’aménagement du territoire désormais incontournable.

Ce sont aussi plus de 2 500 emplois non ­délocalisables. Afin d’adapter les conditions de travail des conducteurs de ces nouvelles lignes, la FNTV a instauré, avec les partenaires sociaux de la branche, un statut spécifique avec des garanties sociales associées.

La qualité de service élevée offerte à bord des véhicules est aujourd’hui reconnue par tous. Néanmoins, afin de régler les éventuelles situations problématiques rencontrées à l’occasion d’un transport, il existe un service de médiation, la « médiation, tourisme et voyage ». C’est une garantie supplémentaire de professionnalisme.

Un équilibre financier loin d’être atteint

Le bilan des « cars Macron » peut donc être qualifié de réussite du point de vue des voyageurs et des observateurs extérieurs. La grève qu’a connue la SNCF au printemps a permis, en outre, à cette nouvelle offre d’attirer et de fidéliser de nouvelles catégories de clients.

Toutefois, lorsque l’on examine les résultats économiques, on constate qu’à ce jour cette activité est très loin d’avoir atteint son équilibre. La forte concurrence entre les acteurs du secteur, ajoutée aux offres tarifaires offensives du transport ferroviaire, empêchent pour l’instant les trois compagnies majeures du secteur et leurs sous-traitants d’atteindre la rentabilité. Les opérateurs continuent d’enregistrer des pertes importantes.

Les réformes envisagées actuellement par le gouvernement viennent encore assombrir l’horizon de cette jeune activité qui aurait pourtant besoin d’être soutenue et accompagnée. La fiscalisation de l’avantage du CICE, l’hypothèse d’une vignette annuelle pour circuler sur les routes nationales, ­l’obligation pour les entreprises de financer elles-mêmes les ­formations obligatoires, sont autant de sources ­d’inquiétudes.

Alors que la reconnaissance populaire est là, il ne faudrait pas que la fiscalité vienne étouffer une activité économique déjà fragile. Les « cars Macron », nés de la volonté du président de la République alors qu’il était ministre de ­l’Economie, ont un avenir et doivent continuer à exister !

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Commentaires

Les « cars Macron » en danger

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Gump

10/10/2018 10h41

Cette prise de position illustre bien le caractère « artificiel » des « cars Macron ». Alors même que cette activité est fortement subventionnée : l’utilisation et l’usure de l’infrastructure routière n’étant pas répercuté sur les compagnies exploitant ces cars (contrairement aux péages pour l’utilisation des voies ferrés), aucune des compagnies n’est en capacité de dégager des bénéfices.
Les « cars Macron » déstabilisent donc le secteur du transport de voyageur sans apporter de solution pérenne.
Qu’adviendra-t’il des emplois mentionnés lorsque les restructurations tomberont…

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