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Culture

Année mexicaine: les collectivités engagées dans une course contre la montre pour rebondir

Publié le 04/03/2011 • Par Hélène Girard • dans : A la une, France

Démontage de l'exposition "Mexique, les cultures antiques de Veracruz" du musée de Saint-Romain-en-Gal, dans la Vienne
Démontage de l'exposition "Mexique, les cultures antiques de Veracruz" du musée de Saint-Romain-en-Gal, dans la Vienne P. Veyssere/Musée gallo-romain St-Romain-en-Gal-Vienne
Après la vague d’annulations des manifestations qui devaient ouvrir l’Année du Mexique en France à partir de la mi-février, le ministre de la Culture est sorti de son silence jeudi 3 mars. Frédéric Mitterrand assure tenter de « renouer le contact » avec les institutions mexicaines. Mais la crise diplomatique entre les deux pays, déclenchée par la condamnation de la Française Florence Cassez à 60 ans de prison par la justice mexicaine, a déjà anéanti des pans entiers de programmes locaux et plongé les responsables culturels dans un grand désarroi.

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Dans un communiqué publié dans la soirée du 3 mars, Frédéric Mitterrand indique étudier « toutes mesures qui permettraient soit de renouer le contact d’une manière positive avec les diverses institutions mexicaines susceptibles d’accepter une reprise totale ou partielle de leur collaboration, soit d’accompagner les acteurs de la partie française dans la recherche de solutions de remplacement ».

350 événements
Parmi ces « acteurs de la partie française » figurent en bonne place les nombreuses collectivités qui s’étaient mobilisées pour proposer de février à décembre, expositions, concerts, projections de films, colloques, festivals et autres manifestations.
Au total, l’Année du Mexique totalise quelque 350 événements.

Or, la plupart des manifestations qui devaient ouvrir la saison en février et en mars ont été rayées du programme, le gouvernement mexicain s’étant retiré du dispositif bilatéral en réponse à la décision du Président Sarkozy de dédier la manifestation à la jeune Française.
Sur le site de l’Institut français, le bras armé de l’Etat pour l’action culturelle extérieure, le programme de l’Année du Mexique a disparu, et les responsables de l’institution ne répondent plus aux sollicitations pour obtenir des informations.

« Nous avons le regret de vous annoncer que l’exposition consacrée aux cultures antiques de Vera Cruz est annulée », annonce, laconique, le « flash info » du site web du Musée départemental de Saint-Romain-en-Gal (Rhône).
Le public ne verra donc jamais les 200 pièces issues de fouilles récentes et témoignant de la richesse des civilisations antiques de Vera Cruz.
A peine sorties des caisses, les pièces archéologiques ont été récupérées par les prêteurs mexicains, à quelques jours de l’inauguration prévue le 18 février.
Seuls témoignages de l’exposition que le public ne verra jamais, les photos prises par l’équipe du musée lors de l’installation et du démontage de la scénogaphie.

Exit, également, à Bordeaux (Gironde), l’exposition que le musée des beaux-arts devait consacrer de mars à juin au peintre Diego Riviera, avec 18 toiles, pour la plupart encore jamais montrées en France.
Les œuvres « ne sont plus en mesure de quitter le territoire mexicain », précise le communiqué de la municipalité. Le musée a dû se résoudre à remplacer ce qui était annoncé comme « le temps fort de la saison culturelle bordelaise » par « un projet de substitution » rapidement monté à partir de ses collections permanentes.

Initiative de la collectivité
A Toulouse (Haute-Garonne), c’est la municipalité qui a pris, le 16 février, l’initiative de déprogrammer l’édition « spécial Mexique » du festival de Rio Loco prévu en juin.

« Les raisons sont à la fois politiques et artistiques a expliqué Vincentella de Comarmond, élue à la culture. Nous sortons du label « Année du Mexique » parce que les relations diplomatiques entre la France et le Mexique sont en situation de crise, et maintenir le festival en l’état serait pour nous une prise de risque qui pourrait le mettre en danger. Il y a aussi une dimension humaine à cette décision, et nous nous donnons la possibilité de maintenir dans la programmation finale certains artistes mexicains ».

Appel au boycott
Dans un communiqué daté du 11 février, Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste et maire de Lille, avait lancé un appel invitant les collectivités territoriales socialistes à « ne pas participer » aux manifestations organisées dans le cadre de l’Année du Mexique en France et « annuler celles qui dépendent d’elles. »
Une position qui est loin d’être partagée dans les milieux culturels (lire encadré).

L’Année du Mexique va-t-elle tourner au désastre ? Le ministre de la Culture semble avoir pris la mesure de la situation, parlant de « sérieuses difficultés pour nombre d’acteurs culturels qui s’étaient fortement mobilisés de concert avec les collectivités locales et avec le soutien de divers mécènes. »

Scénographie de l'exposition "Mexique, les cultures antiques de Veracruz" du musée de Saint-Romain-en-Gal, dans la Vienne

Scénographie de l'exposition "Mexique, les cultures antiques de Veracruz" du musée de Saint-Romain-en-Gal, dans la Vienne.

Une lourde épée de Damoclès plane en effet sur les manifestations encore prévues jusqu’en décembre. L’obtention du label « Année du Mexique », après validation du projet par le comité d’organisation bilatéral, assure aux organisateurs une contribution financière mexicaine non négligeable, mais variable selon les manifestations et le plus souvent sous la forme de frais directement pris en charge : acheminement d’œuvres prêtées, traductions d’expositions clefs en main, sous-titrages de films, billets d’avion pour les artistes mexicains, etc.

A Grenoble (Isère), les organisateurs du festival Des tours de Babel, dont la clôture, le 23 avril, doit être assurée par 6 groupes mexicains, attendent des assurances sur le paiement des billets d’avion.
Même chose pour le festival Quai du polar, à Lyon (Rhône), dont l’association organisatrice maintient à l’affiche contre vents et marées les noms des écrivains invités.

Pari sur l’avenir
Nul doute que nombre d’organisateurs font un pari sur l’avenir, espérant une sortie de crise rapide.

Un pari déjà fait par le festival de cinéma « Travelling » de Rennes, organisé par l’association Clair Obscur, dont l’édition 2011, consacrée à Mexico (découverte de la ville à travers son cinéma) vient de se terminer, après s’être « bien déroulée », selon son directeur.

Le festival a organisé au pied levé des débats autour de la « Lettre ouverte au gouvernement français » que les organisateurs ont cosignée avec leurs invités le 21 février.
Dans ce document, les signataires refusent l’instrumentalisation de la culture et demandent au Président de la République de revenir sur sa décision de dédier l’Année du Mexique à Florence Cassez.
Mais le festival a avancé 40.000 euros pour maintenir la venue d’une trentaine de Mexicains, et cherche, maintenant, une subvention publique pour compenser la dépense.

Pour tous les professionnels, l’urgence est maintenant de sauver ce qui peut encore l’être.
Soit en cherchant une solution de substitution en lieu et place de la manifestation annulée, en lien ou pas, avec le thème initialement prévu.
Soit en reconfigurant le projet initial pour assurer ce que les organisateurs peuvent financer seuls.

A Toulouse, le festival Rio Loco aura bien lieu en juin, mais avec une thématique considérablement élargie aux continents latino-américain et africain.
De ce fait, le Mexique restera présent, la ville promettant que la programmation « ne sera pas au rabais. »

Maintien mais sans les artistes initialement programmés
A Belfort (Doubs), les Eurockéennes devraient être maintenues début juillet, sans label « Année du Mexique » mais avec les artistes initialement programmés.

Pour son festival international du film, en juillet, La Rochelle (Charente-Maritime) compte maintenir la programmation mexicaine, mais revoir à la baisse le nombre de films projetés. Car le Mexique devait prendre en charge le sous-titrage des films.

La ville est confrontée à un autre cas, plus complexe, celui de l’exposition mexicaine sur les plantes médicinales prévue pour novembre et décembre. L’Etat mexicain devait payer les frais de traduction et d’acheminement.

« Il se trouve que nous avons un partenariat avec la ville de Mexico, explique le directeur des affaires culturelles, Jean-Pierre Heintz. Nous lui demandons de reprendre le projet à son compte, avec les charges que devait assumer le gouvernement mexicain. » La municipalité a dépêché quelqu’un sur place.
A la mi-mars, elle devrait être fixée sur les intentions de son partenaire. « Si les discussions aboutissent, l’exposition aura lieu à l’identique de ce qui était prévu, mais nous ne seront plus tenus de la faire en 2011, puisque nous serons hors label », précise Jean-Pierre Heintz.

Les milieux culturels hostiles aux annulations

Pour la ville de Lyon (Rhône), pas question d’annuler quoi que ce soit au programme de l’Année du Mexique en France, en dépit des remous diplomatiques entre la France et le Mexique. « La culture doit rester un élément de dialogue et d’échange entre les peuples », fait-on valoir en mairie.
Un avis partagé par Karine Gloanec-Maurin, présidente de la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture (FNCC), dont le bureau devrait adopter une déclaration en ce sens dans quelques jours : « A mon avis, les collectivités ne doivent pas prendre l’initiative d’annuler. Et lorsqu’elles sont confrontées au retrait financier du Mexique, elles devraient, coûte que coûte, chercher des solutions pour préserver autant que faire se peut le contact entre artistes français et mexicains.
Pour ces derniers, les occasions de se rencontrer ne sont pas si fréquentes. Ainsi, les collectivités enverraient un signal fort montrant que les enjeux culturels de cette manifestation et les enjeux diplomatiques ne peuvent pas se confondre. »
« Nous avons été extrêmement maladroits », déplore Jean-Pierre Heintz, directeur des affaires culturelles de La Rochelle, qui estime qu’étant donné le lien établi au sommet de l’Etat entre culture et diplomatie, « le mal est fait ».
Quant au ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, il peine à cacher son embarras. Après avoir déploré le 15 février le retrait du Mexique, « une façon de prendre la culture en otage », il n’a cessé de botter en touche, estimant que le dossier n’était plus de son ressort, mais de celui du chef de l’Etat. Dans son communiqué du 3 mars, le ministre se replace sur le terrain opérationnel, en promettant aux porteurs de projets en difficulté de les « accompagner » dans la recherche de solutions.

Des enjeux financiers variables d’un projet à l’autre

Certains organisateurs, comme Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), ou Lyon (Rhône) financent à 100% les manifestations prévues. Pour ceux-là, le retrait mexicain n’a donc rien changé. Pour les autres, l’apport mexicain était souvent déterminant dans le budget du projet. Pour l’obtenir, ils ont dû soumettre leurs projets au comité d’organisation franco-mexicain, dont la partie française est portée par l’Institut français, EPCI créé début 2011 pour l’action culturelle extérieure de la France.
Les sommes en jeu varient sensiblement d’un projet à l’autre. Ainsi pour l’exposition de Saint-Romain-en-Gal, le conseil général avait déboursé environ 300.000 euros (communication, logistique, assistance à l’organisation), tandis que l’acheminement et l’installation des 200 œuvres prêtées a coûté 2 millions d’euros au Mexique. Autant d’argent public parti en fumée des deux côtés de l’Atlantique.
La venue des artistes mexicains au festival Rio Loco de Toulouse aurait coûté 1,1 million d’euros, dont 10% à la charge de la Ville Rose. Difficile, dans ces conditions, de maintenir l’édition mexicaine du festival.

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