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Inégalités

« L’immense majorité des pauvres vit dans les grandes villes »

Publié le 19/09/2018 • Par Marie-Pierre Bourgeois • dans : France

pauvrete-centimes-argent
Eugen Thome / AdobeStock
Alors que le sujet des inégalités territoriales revient de plus en plus souvent dans le débat public, nous avons voulu faire le point sur cette question. Les inégalités territoriales sont-elles vraiment en hausse ? Y-a-t-il plus de pauvres à la campagne que dans les grandes villes ? Louis Maurin, sociologue et directeur de l'Observatoire des inégalités nous explique que la réalité est beaucoup plus nuancée.

Les élus locaux dénoncent souvent la montée des inégalités territoriales, entre des services publics de bonne qualité dans les grandes villes et leur raréfaction dans les territoires périurbains et ruraux. De quoi parle-t-on vraiment en utilisant cette expression ?

La première question à se poser quand on entend parler d’inégalité territoriale, c’est d’abord de se demander ce qu’on appelle vraiment un territoire. Cela peut être une délimitation administrative mais aussi quelque chose de plus intuitif comme le quartier dans lequel vous vivez. Plus largement, les territoires ne recouvrent pas toujours une réalité géographique, culturelle ou économique comme on a pu le voir avec la naissance des grandes régions. Donc, quand on s’intéresse aux inégalités territoriales, on va d’abord s’intéresser à comprendre qui vit vraiment dans un territoire.

Et on se rend alors compte que, très loin des critères géographiques d’un territoire, ce qui compte, c’est sa composition humaine. Autrement dit, oui, c’est vrai qu’un territoire enclavé géographiquement sera peut-être loin d’un hôpital et de certains services publics. Mais la situation économique d’un territoire va bien plus s’expliquer par son nombre de chômeurs que le fait qu’il soit en montagne ou qu’il n’y ait plus d’école.

Et à l’intérieur même d’un territoire, qu’est-ce signifie le fait que certains endroits soient plus inégalitaires que d’autres ?

Prenons l’exemple de Tours. C’est une ville dont la pauvreté se situe dans la moyenne nationale – rien de particulier à noter donc [NDLR par pauvres, Louis Maurin désigne les personnes vivant sous le seuil de pauvreté, soit avec moins de 1 015 euros par mois pour une personne seule et 2 132 euros par mois pour un couple avec deux enfants]. Mais si vous vous concentrez spécifiquement sur certains quartiers, le taux de pauvreté y est aussi élevé que dans le département du Nord, l’un des plus déshérités de France. La notion de délimitation est donc essentielle pour bien savoir ce qu’on évoque précisément. Autre biais dont sont souvent victimes les élus locaux : penser que la situation de la grosse ville représente celle de tout le territoire. Le taux de pauvreté en Haute-Garonne ne doit pas se limiter à l’analyse de la situation de Toulouse.

Est-il exact de dire les Français sont plus pauvres dans le périurbain et le rural, dans cette « France de petits blancs » pour reprendre une expression controversée de Christophe Guilluy ?

Non, c’est même l’exact opposé. 65% des personnes pauvres vivent dans les grandes villes, là où habitent aussi les plus riches et où les inégalités de revenus sont les plus élevées. Plus précisément, 19,5% des habitants des grandes villes vivent sous le seuil de pauvreté et 14% résident dans les banlieues. C’est dans le périurbain et le rural non isolé qu’on trouve le moins de pauvres, avec respectivement 12% et 13%.

Capture 3 Louis Maurin

Pourquoi, alors que vous expliquez que les chiffres sont loin de l’image d’une France périphérique, éloignée des métropoles, qui peine à trouver sa place dans la mondialisation, garde-t-on en tête l’image d’un monde rural et périurbain plus pauvre que le reste du pays ?

Si cette image reste en mémoire, c’est bien qu’elle fait écho dans l’imaginaire collectif. Le concept de France périphérique a eu autant de succès pour de mauvaises raisons mais aussi parfois à juste titre. Commençons par les mauvaises. Les commentateurs ont souvent une image trompeuse du territoire et parlent souvent des territoires à faible densité. Alors oui, il y a bien des pauvres dans la Creuse mais ils sont beaucoup plus nombreux en Ile-de-France compte tenu du nombre d’habitants. La représentation géographique populaire exagère les territoires qui sont peu peuplés.

Seconde mauvaise raison, le souhait politique de montrer du doigt certains territoires qui auraient pleinement profité de la métropolisation tandis que d’autres seraient laissés de côté. Comprendre : les vrais pauvres seraient les petits blancs qui vivent en pavillon et à la campagne.

Et puis, il y a les bonnes raisons, celles qui rappellent qu’on trouve beaucoup de gens en difficulté dans le périurbain. Non, la vie des classes moyennes dans une petite maison ne se passe pas toujours avec deux voitures et des vacances toutes les 7 semaines. Elles se sentent exclues à la fois des prestations sociales dédiées aux plus pauvres et dans le même temps ne bénéficient pas des exonérations d’impôts dont bénéficient les plus riches.  « Pour nous, il n’y a rien », entend-on souvent parmi les classes moyennes. Ce n’est pas forcément exact parce qu’elles bénéficient de l’école publique, de la sécurité sociale… Mais elles peuvent avoir l’impression que ce n’est pas assez.

Les livres de Christophe Guiluy mettent également en avant la pauvreté des personnes qui vivent dans le grand rural. D’ailleurs, vos chiffres montrent que la pauvreté y concerne plus de 16% de sa population…

Le taux de pauvreté des personnes qui vivent dans le rural isolé est un vrai sujet. Certes, moins de 5% de la population habite dans ces territoires mais elle doit être pris en compte au même titre que les autres. Il existe également une pauvreté qui dépasse les clivages territoriaux et dont on parle très peu, c’est celle des personnes âgées. Leur taux de pauvreté est passé de 7,6 % en 2012 à 9,6 % en 2014. Ce manque au quotidien a une imprégnation très forte : être pauvre à 75 ans veut dire que vous le serez pour le reste de votre vie. C’est une pauvreté totalement oubliée des politiques publiques. Certes, le gouvernement augmente le minimum vieillesse mais n’explique pas comment payer la maison de retraite ou les soins au quotidien des personnes âgées dépendantes.

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