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[EDITORIAL] PATRIMOINE
Le patrimoine en berne
Delphine Gerbeau | France | Publié le 07/09/2018 | Mis à jour le 05/09/2018

L’été est propice à sillonner les routes de France, et à visiter centres-villes anciens, églises et petits musées. Notre dossier consacré à la protection du patrimoine deux ans après le vote de la loi « LCAP », qui en a toiletté et simplifié les dispositifs, montre que les collectivités se sont bien emparées de la réforme, en bonne intelligence avec les architectes des Bâtiments de France (ABF).

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L’été est propice à sillonner les routes de France, et à visiter centres-villes anciens, églises et petits musées. Notre dossier consacré à la protection du patrimoine deux ans après le vote de la loi « LCAP », qui en a toiletté et simplifié les dispositifs, montre que les collectivités se sont bien emparées de la réforme, en bonne intelligence avec les architectes des Bâtiments de France (ABF).

Polémique

Avant l’été, la polémique a commencé à monter au sujet du projet de loi « Elan », qui, au nom de la simplification, revient sur cette loi « LCAP ». Il supprime l’avis conforme des ABF et le transforme en avis simple, en cas de demande d’installation d’une antenne de téléphonie mobile sur un bâtiment protégé ou de travaux sur des constructions indignes situées en secteur protégé.

C’est là une critique parmi d’autres sur ce texte que de nombreux acteurs estiment mal ficelé, bourré de contradictions, et insuffisant par rapport aux enjeux de baisse des coûts de la construction, de manque de logements comparativement aux besoins…

De l’huile sur le feu

Alors que le projet de loi « Elan » revient au Parlement le 12 septembre, en commission mixte paritaire, Stéphane Bern, missionné par le président de la République pour réfléchir à la sauvegarde du patrimoine, a remis de l’huile sur le feu. Dans plusieurs interviews, il a qualifié le texte de « loi antipatrimoine », qui permettrait de détruire des quartiers entiers, protégés, sous prétexte qu’ils sont vétustes et dégradés.

Au-delà de la dénonciation un peu simpliste, on peut malgré tout se demander s’il était vraiment nécessaire de déterrer la hache de guerre entre élus locaux et ABF, alors que seulement 6 % des demandes d’avis conformes font l’objet d’un rejet, souvent résolu après discussion. Plus globalement, cela pose la question d’un texte qui fait primer rapidité et simplicité sur protection et qualité.

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