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EAU-ASSAINISSEMENT
Réseaux : le plan d’Edouard Philippe pour lutter contre les fuites d’eau
Arnaud Garrigues | actus experts technique | France | Publié le 29/08/2018 | Mis à jour le 26/08/2019

Le Premier ministre a présenté le 29 août le plan du gouvernement pour lutter contre les fuites des réseaux d'eau. Il conclut ainsi la première partie des Assises de l'eau, avant que ne soit lancé le deuxième volet consacré au grand cycle de l'eau. Passage en revue des principales mesures.

Edouard PhilippeEn déplacement le 29 août dans les Hautes-Alpes pour faire le bilan de la première partie des Assises de l’eau, le Premier ministre ne semblait pas avoir son aisance habituelle. Dans un discours d’une trentaine de minutes il a, comme à son habitude, commencé par une allusion à un écrivain – Eric Orsenna, en l’occurrence -, puis égrainé les mesures de ce fameux « plan anti-fuites » tant attendu.

Mais on l’a senti parfois achopper sur son discours, peut-être en raison de la crise déclenchée par le départ surprise de Nicolas Hulot, la veille, ou par un manque d’appétence pour la question de l’eau… D’ailleurs, il n’a pas eu un mot pour le grand absent du jour, Nicolas Hulot, alors que son secrétaire d’Etat, Sébastien Lecornu, se tenait fidèlement à ses côtés.

Obligation de renseigner l’observatoire national

Il fallait montrer que l’action du gouvernement en matière d’environnement continuait, sans rupture de service. L’objectif  du jour était donc d’annoncer une  série de mesures pour lutter contre le sous-investissement « ancien et trop durable », selon les mots du Premier ministre, des collectivités dans leurs réseaux. Avec un objectif  final : « diviser par deux la durée de cycle du renouvellement  de ces réseaux ».

Quatre principaux points ont été mis en avant, le premier concernant la connaissance des infrastructures. Les collectivités vont désormais être obligées de communiquer leurs informations à l’Observatoire des services publics de l’eau et de l’assainissement.

Actuellement, seuls 50% des services d’eau et 40% pour l’assainissement (1) [3] l’ont fait, a déploré Edouard Philippe. Reconnaissant que ce diagnostic pouvait coûter cher ou que les services pouvaient être mobilisés par d’autres missions, il a annoncé son souhait que les agences de l’eau apportent leurs aides (avec une enveloppe totale de 50 millions d’euros) en couvrant jusqu’à 50% du coût de ce diagnostic.

Par ailleurs, les 22 168 communes et intercommunalités concernées auront obligation de réaliser un schéma directeur pour l’eau potable et l’assainissement, là où auparavant seul un état des lieux était obligatoire. Il sera composé d’un diagnostic du système, d’un plan pluriannuel et d’un plan de financement.

Faciliter l’accès à l’emprunt

Deuxième mesure, qui était attendue : faciliter les conditions d’accès à l’emprunt des collectivités, en mobilisant le bras armé de l’Etat en la matière, la Caisse des dépôts. Cette dernière débloquera ainsi une enveloppe de 2 milliards d’euros sur 5 ans et proposera des prêts sur des durées allant jusqu’à 60 ans avec « des taux attractifs », selon l’ancien maire du Havre.

Les agences de l’eau seront aussi mobilisées pour « se coordonner et accorder des prêts à maturité longue et des subventions ». Le Premier ministre a également invité les régions à faire appel aux aides européennes.

Solidarité avec les territoires ruraux

La troisième mesure comporte par contre une nouveauté.

CHIFFRES CLES

20% : c'est le taux de fuites moyen sur les réseau d'eau.

5 milliards d'euros : c'est la hausse des investissements que prévoit le plan du gouvernement, en les faisant passer de 36 à 41 milliards d’euros par an sur  la période 2019-2024.


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