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Décentralisation

Les nouvelles fractures territoriales à la loupe

Publié le 28/08/2018 • Par Marie-Pierre Bourgeois • dans : France

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Commandé par le gouvernement après la conférence des territoires de décembre dernier, le rapport sur la cohésion des territoires du CGET dresse le portrait d’une France de plus en plus divisée. L'institution craint une "désunion" du pays due à la concentration de richesses en Ile-de-France.

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Encore un rapport sur l’évolution de la France ? La démarche était pourtant rendue nécessaire, juge le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET). En cause, l’accélération ces dernières années de la « désindustrialisation, du vieillissement de la population, de la métropolisation, de la crise économique, des transitions numériques »… Ce travail met en exergue un double phénomène, d’abord celui d’une France divisée en trois espaces, couplé à des dynamiques territoriales qui pourraient amener le pays à se diviser.

L’institution a donc saisi ce travail pour regretter dès le début de son rapport que cette « large recomposition » française ait été réduite de « façon binaire à une opposition entre métropoles dynamiques (…) et territoires périphériques, délaissés par les services publics, sacrifiés sur l’autel de la mondialisation».

Premier enseignement de cette étude : la France se distingue en quatre territoires. Le pays s’est recomposé ces dernières années avec l’arc nord-est qui cumule fragilités sociales, économiques et démographique, un littoral français porté par la croissance économique et démographique et enfin les performances solides de l’Ile-de-France. A cette division, s’ajoute l’Outre-mer.

Le Nord et l’Est à la peine, l’Ile-de-France à la fête

Le CGET prend le temps dans son travail de faire un diagnostic précis des trois grands espaces métropolitains. Le grand arc nord-est, de Rouen à Limoges en passant par Troyes, se distingue par des fragilités importantes et perd en moyenne des emplois au rythme de 1 % par an. Ce décrochage se vérifie également au travers des niveaux d’éducation et d’insertion des jeunes. Les 30-34 ans sont moins de 38% à être diplômés du supérieur contre 44 % pour le reste du pays.

L’arc occidental et méridional, lui, repose sur un double dynamisme démographique et économique qui bénéficie « même aux plus petites villes ». La preuve en chiffre : les métropoles de Rennes, de Toulouse et Montpellier ont par ailleurs vu leur nombre d’emplois augmenter de plus d’un pour cent par an entre 2009 et 2014.

Seule ombre au tableau, la difficulté à absorber « les populations nouvelles ». La situation est ainsi très tendue sur le littoral méditerranéen en termes de logements sociaux. On compte par exemple 8 demandes pour une attribution dans la métropole de Nice.

Enfin, l’Ile-de-France se distingue par son poids démographique, économique et son statut de métropole mondiale. Elle accueille ainsi plus de 40% des cadres et créé près du tiers du PIB de tout le pays.

L’Etat a imposé la métropolisation française

Second phénomène sur lequel le CGET insiste, les variétés des dynamiques territoriales, à commencer par la réussite des métropoles, très récente. « Jusqu’au milieu des années 2000, Paris, Lyon, Marseille-Aix-en-Provence et Lille, enregistraient des performances économiques plus faibles que le reste du pays. » Rattrapés par la mondialisation, les pouvoirs publics français ont imposé « les forces de la métropolisation », restreignant le développement économique à un nombre « restreint » de grandes villes.

Ce dynamisme des métropoles s’explique par leur capacité à concentrer l’économie de la connaissance et les plus éduqués. Dans les grands pôles urbains, près d’une personne sur deux est diplômée de l’enseignement supérieur contre 30% dans le reste de la France. Une place toute trouvée dans la mondialisation donc pour les métropoles qui ne doit toutefois pas faire oublier que certaines réussissent beaucoup moins bien, à l’instar de Brest et de Strasbourg.

Des territoires ruraux qui peuvent (parfois) tirer leur épingle du jeu

Autre dimension territoriale, celle des communes rurales. Celles qui se situent autour des villes, près des littoraux et des vallées urbaines se portent plutôt bien et concentrent 16% des Français.

Les campagnes les moins denses, elles, sont à la peine. Situées dans les montagnes ou dans la « diagonale du vide », elles vivent souvent très loin des services publics. Loin d’atténuer les inégalités entre ces types de communes, la couverture numérique qui pourrait représenter une clef pour répondre à la raréfaction des services publics, amplifie au contraire ces écarts. 25% de la Corse était ainsi éligible au très haut débit par exemple contre 75% en Ile-de-France.

Autre schéma, ces nombreuses villes moyennes et petites situées entre métropoles et ruralité. Elles regroupent à elles seules 25% des emplois, des lycées et des effectifs étudiants du pays, et assurent à plus de 80 % des habitants de leurs territoires de vie l’accès à des services publics en 15 minutes ou moins. Nombreuses sont pourtant celles à aujourd’hui être fragilisées par le vieillissement de la population et la dévitalisation des centres-villes. C’est tout particulièrement le cas dans « l’arc nord-est de la France, de la Normandie à la Bourgogne-Franche-Comté et jusqu’au sud du Massif central ». A l’inverse, le littoral atlantique résiste mieux.

CGET photo 1

Les Franciliens font sécession

Dernier espace territorial, celui de l’Ile-de-France dont l’attractivité économique ne peut dissimuler le risque d’un « mouvement de dissociation » vis-à-vis du reste du territoire. Cette dernière a en effet a cessé de diffuser de la croissance au reste du pays depuis la crise économique de 2007.

« Sa transformation vers une économie quasi exclusivement de tertiarisation (…) met en cause sa capacité d’animation globale du système France » regrette ainsi le CGET. Si « toutes les métropoles mondiales ont connu une accélération de ce tendance, le phénomène est plus marquée et rapide en France » que dans les autres pays développés.

Face à ce visage d’une France divisée en trois sur fond de dynamiques territoriales profondément divergentes, l’institution s’inquiète que la France « se désunisse ». Et d’appeler à une « intervention des liens entre les territoires (…) pour maintenir l’efficacité de l’action publique par « l’empowerment territorial ».

Comprendre : donner les moyens à chaque territoire d’accéder aux ressources lui permettant d’initier et de déployer des solutions adaptées à la donne locale ». Des conseils qui peuvent laisser dubitatifs alors que le gouvernement peine à se positionner sur le sujet de l’égalité des territoires.

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