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Renoncer n’est pas la voie
Albane Canto | A la une | Actu ingénierie publique | Publié le 28/08/2018

nicolas-hulotLa question s’est posée en permanence pendant les 14 mois de présence de Nicolas Hulot au sein du gouvernement : quand va-t-il partir ? La réponse est tombée comme un coup de tonnerre dans le paysage politique français ce 28 août. Dans des paroles empreintes d’honnêteté et de dignité, le ministre de la Transition écologique et solidaire renonce. Il prend acte de son impuissance à non pas convaincre, mais à convertir ses homologues du gouvernement à la nécessité des changements politique et sociaux à mener. « Les petits pas », ces menues victoires, ne sont que « résignation » face à la révolution écologique nécessaire. Il en va de même dans les collectivités. A leur échelle, les agents sont confrontés à la même problématique que Nicolas Hulot au gouvernement : le poids des lobbies locaux, le manque de vision globale et de moyens, l’inertie de la société face au changement.

Au-delà du message politique et de l’électrochoc matinal, Nicolas Hulot nous place face à nous-mêmes. Nous sommes nombreux à être convaincus de l’urgence. Nous trions nos déchets. Nous prenons le vélo. Nous consommons bio, local, moins de viande. Nous choisissons une énergie propre. Nous nous engageons socialement. Chaque jour nous essayons de mettre en cohérence notre pensée et nos actes quotidiens.

Choisir l’engagement

Mais cela ne suffit pas. Le monde a déjà changé. Depuis quelques mois, émergent dans le brouhaha médiatique des paroles qui acceptent enfin de dire qu’il est déjà trop tard pour se maintenir sur l’objectif d’augmentation de la température de la planète à 2°C – une augmentation déjà catastrophique. On entend aussi des alertes sur les autres menaces majeures – car il n’y a pas que le changement climatique –  sur la biodiversité, les océans.

Cette lucidité est nécessaire. Car on n’a plus le temps. Il est déjà trop tard. Alors, se résigner ? Non : continuer. Continuer à remettre en question notre mode de vie, à incarner le changement que nous souhaitons, dans nos actes quotidiens, dans la sphère personnelle. Dans la sphère professionnelle, continuer à soutenir les stratégies locales qui vont dans le bon sens, à argumenter contre le modèle dominant, à expérimenter, continuer à informer et à s’informer. Oui, c’est déjà trop tard. Mais renoncer n’est pas la voie. Il faut choisir l’engagement, la ténacité, le courage, dans chacun de nos actes quotidien. Chaque jour.