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PLF 2019

Budget 2019 : Edouard Philippe dévoile les premiers arbitrages

Publié le 27/08/2018 • Par Bénédicte Rallu Isabelle Raynaud • dans : A la une, France

Edouard Philippe, premier ministre, lors de l'entretien avec la Gazette des communes.
Edouard Philippe, premier ministre, lors de l'entretien avec la Gazette des communes. Patricia Marais
Nouvelle baisse des emplois aidés, coup de rabot sur certaines prestations sociales, suppression de postes dans la fonction publique... Le Premier ministre a esquissé les grandes mesures d'économie qui figureront dans le prochain projet de loi de finances.

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Dans un entretien accordé au Journal du dimanche le 26 août, le Premier ministre dévoile quelques grandes lignes du projet de loi de finances pour 2019, qui sera présenté par le gouvernement fin septembre.

Nouvelle chasse aux emplois aidés

La rentrée 2018 permet au gouvernement de s’attaquer à nouveau aux emplois aidés, « des politiques qui ne sont pas efficaces », selon le Premier ministre. Il reprend là l’argumentaire développé il y a un an, quand la première baisse de ces contrats avait été annoncée par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. Ainsi, leur nombre devrait être réduit de moitié l’an prochain, pour plafonner à 100 000.

Une politique assumée, mais « nous engageons dans le même temps un effort inégalé pour la formation de ceux qui en ont le plus besoin », ajoute Edouard Philippe. Lancés en janvier, les nouveaux contrats « Parcours emploi compétence » mettent ainsi l’accent sur la formation des bénéficiaires. Si leur efficacité n’est pour l’heure pas connue, le nombre d’allocataire du RSA est reparti ces derniers mois à la hausse, ont constaté les départements…

Prestations sociales : coup de rabot pour l’Etat

S’il affirme qu’ « aucune prestation sociale ne sera réduite », le Premier ministre a néanmoins annoncé en creux un coup de rabot sur certaines allocations. En désindexant l’aide personnalisée au logement, les allocations familiales et les pensions de retraite de l’inflation (qui pourrait atteindre 1,6 % cette année selon l’Insee), c’est une perte nette pour les bénéficiaires, même si ces prestations seront relevées de 0,3 % en 2019 et 2020.

« Les efforts que nous faisons par ailleurs, notamment la suppression progressive de la taxe d’habitation, doivent compenser l’impact sur le pouvoir d’achat. Et nous développons de nouvelles protections sociales, comme le plan pauvreté ou le reste à charge zéro sur les lunettes, les prothèses dentaires et les appareils auditifs », justifie Edouard Philippe.

En revanche, « les prestations qui bénéficient à nos concitoyens les plus fragiles, comme le RSA, seront augmentées conformément à la loi », détaille-t-il. Une annonce qui risque de faire grincer des dents dans les conseils départementaux. En effet, alors que les discussions avec Matignon sur le financement du Revenu de solidarité active (RSA) ont échoué avant l’été, la charge de l’augmentation sera portée par les départements, non par l’Etat…

4 500 postes supprimés dans la fonction publique d’Etat en 2019

Edouard Philippe a précisé le plan de suppression de postes dans la fonction publique d’Etat. « Nous tiendrons l’objectif du président de la République de supprimer 50 000 postes à l’horizon 2022. En 2019, nous prévoyons environ 4 500 suppressions de postes », a indiqué le Premier ministre. Le ministère des Finances, l’audiovisuel public et le réseau extérieur de l’Etat seront touchés.

Pour mémoire, cette année, l’Etat a déjà prévu de supprimer 1 600 postes. Mais l’addition reste encore très en deçà de l’objectif présidentiel. Le Premier ministre, qui ne croit pas « à la politique du rabot », mise, pour parvenir au but en fin de quinquennat, sur « la transformation de l’action publique en profondeur et le développement numérique (…). La réduction du nombre de fonctionnaires n’est pas le fondement mais la conséquence d’une transformation de l’action publique qui monte en puissance au fil du temps. Je peux déjà vous dire qu’en 2020 le chiffre sera supérieur à 20 000 », assure-t-il dans l’interview au JDD.

Et cela n’empêchera pas, selon Edouard Philippe, les recrutements dans la police, la gendarmerie, à la DGSI (+2 000 agents pour l’ensemble), ainsi qu’à la justice (+1 300).

Pour 2018, l’annonce de 1 600 suppressions de postes s’accompagnaient cependant, selon le rapport de l’Assemblée nationale sur le projet de loi de finances,  de 16 008 équivalents temps plein travaillés « de plus que la loi de finances initiale pour 2017 » en termes de plafonds d’emplois…

Quant à l’objectif de 70 000 postes supprimés dans la territoriale, le sujet n’a pas été abordé.

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