Technologie

Énergie solaire : les idées reçues

Par • Club : Club Techni.Cités

Thomas Sanson

Hors de prix, non recyclable, réservé aux maisons individuelles et aux grandes centrales, destiné à la seule production l’électricité, inadapté au réseau, le solaire fait face à des critiques souvent datées et pas forcément justifiées. Zoom sur trois d’entre elles.

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Comment libérer l'énergie solaire

Une analyse de cycle de vie catastrophique

De manière récurrente, les installations photovoltaïques sont accusées de produire moins d’énergie qu’il en a fallu pour les construire… ce qui a été vrai quand les premiers panneaux ont été créés, mais plus aujourd’hui. Les analyses de cycle de vie récentes (ACV) estiment que d’un point de vue énergétique, une installation est amortie en deux, voire trois ans (pour une durée de vie minimum de vingt ans). Surtout, la filière est encore en train de se construire et une meilleure gestion de la fin de vie des panneaux devrait par exemple contribuer à améliorer ces chiffres.

Une promesse qui s’épuise

La production solaire de chaleur et d’eau chaude sanitaire vit indéniablement des moments difficiles, avec une chute de 71 % des installations tertiaires et collectives entre 2012 et 2016. Mais en ce qui concerne le photovoltaïque, le bilan est moins calamiteux. Si le coup d’arrêt sifflé en 2012 pour mettre fin à une bulle spéculative a laissé des traces, la filière s’est assainie et les dispositifs de soutien tarifaire ont repris des couleurs.

Depuis plusieurs années, la production d’électricité solaire est repartie à la hausse et le premier semestre 2018 affiche des performances intéressantes. De son côté, le gouvernement répète à l’envi qu’il entend doper la filière. Seul hic, il semble plutôt pour cela compter sur les grands énergéticiens et les propriétaires fonciers comme les enseignes de distribution que sur les collectivités. Le refus de lancer des appels d’offres régionaux désavantage par ailleurs les territoires du nord de la France qui affichent pourtant dans leurs documents de planification des objectifs ambitieux.

Une technologie inconciliable avec les besoins du réseau

Très centralisée, l’infrastructure française d’électricité n’a pas été conçue pour accueillir les petits postes d’injection que sont les toitures photovoltaïques. Sans doute trop aléatoirement, diront les défenseurs des renouvelables, le gestionnaire de réseau a fixé à 30 % le seuil à ne pas dépasser pour les énergies renouvelables dont la production est difficilement prévisible (principalement l’éolien et le photovoltaïque). Pour autant, la montée en puissance des solutions de stockage pourrait changer la donne. De même que les réseaux intelligents (smartgrids) capables d’envoyer des signaux prix aux consommateurs pour qu’ils adaptent leur demande à la production.

Enfin, d’ores et déjà rentable de l’avis de ceux qui anticipent une hausse des prix de l’électricité, le développement de l’autoconsommation permettra demain de mieux corréler l’offre et la demande… Le chemin est encore semé d’embûches, en particulier pour définir la fiscalité à appliquer pour l’autoconsommation collective qui dans une logique de circuits courts permet aux électrons d’emprunter le réseau public sur des distances restreintes.

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Commentaires

1  |  réagir

08/09/2018 06h12 - 1noel2

Conseil aux amateurs d’ équipement solaire photovoltaïque
Tous ceux désireuxs d’ installer un générateur solaire PV doivent prendre la précaution de demander à leur fournisseur un niveau de production garanti pour les 12 premiers mois d’ exploitation et non simplement estimé ou espéré dans la mesure ou, en ce qui concerne les collectivités, des contribuables contestataires auront toute facilité pour les attaquer pour mauvaise gestion avérée si les résultats sont en dessous de ceux estimés.
On peut en effet constater que les niveaux de production dans les projets de parcs solaires dont on a connaissance sur internet sont très souvent largement surestimés

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