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patrimoine

Comment financer la restauration du patrimoine religieux ?

Publié le 06/08/2018 • Par Frédéric Ville • dans : A la Une finances, Actualité Club finances, France

Viullage d'Amange (Jura)
nemesis2207 / Adobe Stock
La restauration est encore la voie privilégiée pour l’avenir des églises françaises. Elle nécessite de larges tours de table financiers, et parfois un changement d’affectation.

La France compte 40 000 à 55 000 bâtiments religieux (dont une majorité d’églises) : au moins un par commune. Parmi eux, 26 000 monuments historiques inscrits ou classés. Compte tenu du recul de la pratique religieuse, faut-il tout entretenir et restaurer, démolir une partie, favoriser des usages mixtes, réaffecter à d’autres utilisations ? Autant de questions qui taraudent bon nombre d’élus locaux, puisque les églises françaises sont quasi-toutes antérieures à la loi du 2 janvier 1907 qui les a confiées aux communes.

Restaurations bénévoles

Aujourd’hui encore, la restauration est la règle, les églises restant pour l’essentiel attachées au culte. De plus, « l’église reste un marqueur visuel, géographique, historique et affectif pour les habitants. Sans négliger la dimension touristique », indique Célia Vérot, directrice générale de la Fondation du patrimoine (FP). De fait, les démolitions sont rares aujourd’hui (moins d’une dizaine en Maine-et-Loire, département le plus touché). A Vagney (3 949 hab., Vosges) pourtant, la chapelle du XIXe siècle de Zainvillers, liée à l’industrie textile d’alors et non entretenue, a été détruite en 2015 (25 326 € HT) pour permettre au Centre communal d’action sociale de réaliser une unité d’Alzheimer, tout en déconstruisant et reconstruisant l’ancien porche (20 000 € TTC) avec aménagement paysager.

Une fois le diagnostic posé par l’architecte des bâtiments de France ou un architecte du patrimoine, voire sa direction régionale des affaires culturelles (Drac) si le monument est inscrit ou classé, et une fois les devis obtenus, on établira un programme pluriannuel d’investissements, en distinguant les priorités (chutes de pierres…) et le reste. Puis, on sollicitera des aides.

Parfois, les habitants eux-mêmes participent bénévolement à la restauration : églises de Liers à Massat (687 hab., Ariège) actuellement ou de Sapois (666 hab., Vosges) en 2000 pour l’intérieur, etc. De nombreuses associations visent la sauvegarde et la restauration du patrimoine : nationales (Solidarités Jeunesses…) ou créées pour la sauvegarde d’un bâtiment précis. A Airaines (2 369 hab., Somme) par exemple, l’église du hameau de Dreuil-Hamel a été sauvée de la ruine par une association qui l’a achetée à la mairie pour un euro symbolique et a mobilisé les bénévoles pour les travaux non-techniques.

Des aides souvent sous conditions

Parmi les financeurs potentiels, des aides de la Drac (non systématiques) peuvent être sollicitées pour un édifice inscrit ou classé (jusqu’à 50 %), de l’étude à la restauration. Le ministère de la Culture a également lancé un nouveau fonds pour la restauration du patrimoine des communes de moins de 2 000 habitants (15 M€ en 2018), majoré si soutien obtenu de la région.

Différentes aides peuvent être obtenues auprès de son intercommunalité, de son département ou de sa région. Sous conditions souvent : plafonds et planchers d’aides un peu partout, population de commune maximale, patrimoine non protégé, etc. Le mécénat d’entreprise peut aussi être sollicité. Mais la réserve parlementaire a, elle, été supprimée.

La force de la Fondation du patrimoine

Parfois, ce tour de table ne réunit pas toujours les fonds nécessaires. Une souscription publique est alors opportune, voire exigée des autres financeurs. Les communes, quelque soit leur population, feront appel à FP et signeront une convention, ou mandateront des associations se chargeant de l’animation et de la recherche des fonds. La convention permet à la commune ou à l’association de bénéficier d’un appui de la Fondation à la communication (site internet) et à la défiscalisation (gestion des encaissements et envoi des reçus fiscaux).

Désormais, l’abondement de FP n’est plus systématique, le volume des successions en déshérence ayant été réduit par plus de deux entre 2012 (11 M€) et 2018 (4 M€). « En règle générale, les meilleures collectes auront un abondement. Au total, souscription et abondement représentent environ 15 % de la facture des travaux », note Célia Verot. En parallèle, FP stimule aussi le mécénat d’entreprises, nationales (1) ou locales, avec alors des mécènes regroupés en 33 clubs départementaux ou régionaux de mécènes.

En 2017, la Fondation a passé 872 conventions nouvelles de souscription, dont 85 % avec des communes et pour 70 % de bâtiments religieux, pour 190 M€ de travaux engagés, dont 85 % par des collectivités.

Changer parfois d’affectation

Parfois, le changement d’affectation sauve un édifice. Ainsi l’une des trois églises de Mortagne-sur-Sèvre, Saint-Hilaire, « était fermée depuis 2006 après des chutes de pierres », raconte le maire, Alain Brochoire. « Le conseil municipal avait voté sa démolition en juillet 2013, solution rejetée ensuite par l’évêque. Mais le projet de restauration était estimé à 1 million d’euros. Les habitants ne comprenaient pas, puisque la paroisse de Mortagne fonctionnait bien avec les autres églises. Il fallait donc justifier la conservation ».

L’église a été restaurée (650 000 euros) et, tout en restant lieu de culte, a été transformée en centre du vitrail (570 000 euros). La commune n’a déboursé que 250 000 euros (2), le reste ayant été pris en charge par l’Europe, l’Etat, la région, le département, la réserve parlementaire et quelques dons. Pour autant, le centre du vitrail – dont l’entrée sera gratuite – ne financera pas l’entretien ultérieur de l’église.

Ailleurs, des églises ou chapelles sont restaurées en lieux d’exposition, résidences d’artiste, salles d’enseignement musical, hôtels, restaurants, village d’artisans d’arts, etc. D’architecture plus compacte, les anciens monastères se prêtent mieux à ce type de reconversions.

Une mobilisation exceptionnelle sauve l’église du Haut-du-Tôt à Sapois

Construite par les habitants en 1832, l’église du Haut-du-Tôt à Sapois (666 hab., Vosges) a été sauvée de deux attaques de mérule. La commission syndicale de Sapois-Vagney a permis de faire face à la première (30 000 euros). Une souscription publique, qui a rapporté en un an 73 000 euros (sur 110 000 euros TTC de travaux) (3)) auprès de plus de 400 souscripteurs, a permis de réparer la deuxième entre septembre 2016 et aujourd’hui, le budget de la commission syndicale de 8 000 à 10 000 euros annuel étant insuffisant.

« Quelques associations et commerçants locaux, les habitants et surtout des touristes ont donné. La communication s’est faite par des prospectus, grâce au site internet de la Fondation, par le diacre de la paroisse, etc. », explique Nadine Collé, présidente de la Commission syndicale et adjointe au maire de Sapois. A quoi se sont ajoutés 9 000 euros de fonds Leader, 16 000 de la région, 10 000 du département, 5 000 euros de réserve parlementaire et 2 000 euros d’animations associatives (concerts).

La Fondation du patrimoine cite d’autres projets exemplaires de collectes populaires pour des bâtiments religieux : églises d’Auvers-sur-Oise (Val d’Oise), d’Arbuissonnais (Rhône), de Choisy-au-Bac (Oise), de St-Sauveur de l’île d’Yeu (Vendée), de La Colle-sur-Loup (Alpes-Maritimes), collégiale d’Eu (Seine-Maritime).

Thèmes abordés

Notes

Note 01 Fondations Total et Bettencourt-Schueller, AG2R La Mondiale, CGPA Retour au texte

Note 02 à comparer aux 2 à 4 M€ d’investissements par an Retour au texte

Note 03 hors frais de 6 % pris par FP (gestion de la communication et de la défiscalisation Retour au texte

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