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DOSSIER : Ces territoires en déclin qui ne se résignent pas
Dossier publié à l'adresse https://www.lagazettedescommunes.com/575805/lextraordinaire-histoire-de-la-communaute-de-communes-du-val-dalzette/

RECONVERSION INDUSTRIELLE
L’extraordinaire histoire de la communauté de communes du val d’Alzette
Juliette Vilrobe | Dossiers d'actualité | Régions | Publié le 31/07/2018 | Mis à jour le 25/07/2018

Depuis 5 ans, en Moselle, une intercommunalité de 30 000 habitants est engagée dans un développement intelligent et durable, mais hors norme. Pour ne pas mourir écrasés par le Luxembourg, les décideurs locaux développent des projets d’une envergure jamais égalée dans un territoire de cette taille.

val-d-alzette

«Il faut avoir lu David et Goliath une dizaine de fois pour comprendre ce qu’il se passe ici. » Patrick Risser n’exagère pas le poids qui pèse sur la petite communauté de communes (CC) mosellane du pays haut val d’Alzette (8 communes, 27 700 hab., CCPHVA) dont il est vice-président, chargé de l’aménagement. Goliath, c’est Esch-Belval, zone d’activités luxembourgeoise en pleine expansion depuis 2003, voisine de la CCPHVA.

Avant les années 1990, la sidérurgie était la principale activité des deux côtés de la frontière, puis tout a fermé, sauf une usine située à Belval (Luxembourg). Les ouvriers français ont alors eu le choix entre changer d’activité ou aller travailler au Luxembourg. Les communes de la CCPHVA sont petit à petit devenues des cités dortoirs. A Esch-sur-Alzette, au Luxembourg, on prévoit, dans le même temps, un grand plan d’investissement de 5 milliards d’euros pour construire une université, un centre commercial, un hôpital, un pôle d’innovation… Dès 2004, les bâtiments commencent à sortir de terre.

En France, André Parthenay crée au même moment la CCPHVA, qu’il préside toujours. « Même Jean-Claude Juncker [à l’époque Premier ministre luxembourgeois, ndlr] trouvait que ça manquait de vigueur côté français », témoigne-t-il. D’ailleurs, la frontière commence à se matérialiser : on passe, en France, de prairies et de mines désertées à des grues, une route deux fois deux voies et une université 500 mètres plus loin…

Prise de conscience

Les Français ne s’y trompent pas : « Aujourd’hui, quelque 100 000 personnes traversent la frontière chaque jour pour travailler au lucratif Luxembourg ; sur notre interco, les travailleurs transfrontaliers représentent 70 % de la population », affirme Julian Vian, son jeune directeur général des services. Avec tous les désagréments et la perte d’identité que cela entraîne. Une prise de conscience se fait : il faut se réinventer côté français, mais les moyens manquent. Un groupement européen de coopération territorial voit le jour, composé de quatre communes du grand-duché et de la CCPHVA, pour créer une écocité transfrontalière. Le label, porté par l’Etat, leur est attribué en 2009 et sera l’élément déclencheur (avec les crédits afférents) de la suite.

Ajoutant au caractère hors norme de ce (petit) territoire, Nicolas Sarkozy décrète,

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