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DÉVELOPPEMENT LOCAL
Quand l’économie sociale et solidaire s’allie à la politique de la ville
Rouja Lazarova | A la une | France | Innovations et Territoires | Publié le 08/08/2018

L’économie sociale et solidaire, qui peut concourir à un développement endogène des quartiers, a des affinités évidentes avec la politique de la ville. Les projets menés dans les quartiers prioritaires bénéficient à leurs habitants, mais aussi aux acteurs de l’économie sociale et solidaire, qui y trouvent des opportunités.

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L’association Vrac recourt aux achats groupés pour proposer des denrées alimentaires de qualité à prix compétitif dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville.

«Les liens entre économie sociale et solidaire [ESS] et politique de la ville sont avérés. Elles poursuivent de nombreux objectifs communs, notamment la création d’emplois et d’activités à utilité sociale répondant à des besoins non satisfaits par l’économie marchande et la puissance publique », estime Anne-Laure Fédérici, déléguée générale du Réseau des collectivités territoriales pour une économie solidaire (RTES). En février dernier, une étude statistique du Commissariat général à l’égalité des territoires et du Conseil national des chambres régionales de l’ESS démontrait que, comparé au reste du secteur privé, l’ESS semble mieux implantée dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV).

Les coopérations entre ESS et politique de la ville sont anciennes, illustrées par la création des régies de quartier dans les années 80. Puis, à partir des années 2000, l’accent est mis sur la rénovation urbaine et la sécurité. Depuis la loi du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion urbaine, les nouveaux contrats de ville comportent un volet « développement économique et emploi », dans lequel l’économie sociale et solidaire a un rôle à jouer.

Nécessaire acculturation

Mais les différents univers professionnels, éloignés les uns des autres, ont besoin d’être rapprochés. Ainsi, à l’établissement public territorial Plaine commune (9 communes, 429 300 hab., Seine-Saint-Denis), « les cultures professionnelles étaient trop différentes, entre un chef de projet en développement économique habitué à la méthode top down et un chef de projet en politique de la ville davantage dans une approche bottom up” », relate Ana Larregle, chargée de mission en développement de l’ESS. Ayant été auparavant cheffe de projet en politique de la ville, elle est parmi les agents identifiés dans l’interco comme « traducteurs » des différentes cultures.

C’est pour acculturer les agents que la ville de Lyon (513 300 hab.) a mis l’accent sur la formation professionnelle. « Depuis 2015, notre direction du développement territorial organise des formations sur l’ESS pour les agents de la politique de la ville. Nous avons signé une convention avec le CNFPT en 2017. Et nous organisons une journée de sensibilisation à l’ESS », énumère Dounia Besson, adjointe au maire déléguée à l’ESS.

CHIFFRES CLES

AVANTAGES

  • L’ESS contribue à répondre à des besoins non satisfaits des habitants, à créer de l’emploi et de l’activité économique dans les quartiers prioritaires.
  • Les acteurs de l’ESS y trouvent des opportunités, notamment immobilières.

INCONVÉNIENTS

  • Des activités cloisonnées.
  • Un effet d’entraînement insuffisant.


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