logo
Adresse de l'article https://www.lagazettedescommunes.com/572096/rgpd-data-open-data-vivement-2019/

[OPINION] DONNÉES PERSONNELLES
RGPD, data, open data… vivement 2019 !
Auteur associé | France | Opinions | Publié le 09/07/2018 | Mis à jour le 04/07/2018

La folie médiatique du règlement européen sur la protection des données (RGPD) est derrière nous. Reste aux acteurs locaux le plus dur à faire : mettre pas à pas la gestion publique des données des habitants et des usagers en conformité avec le nouveau cadre européen, exigeant et ô combien nécessaire, de la protection des données personnelles.

opendata

Le mois de mai est passé. La folie médiatique du règlement européen sur la protection des données (RGPD) – merci Mark Zuckerberg et Facebook ! – est derrière nous. Reste aux acteurs locaux le plus dur à faire : mettre pas à pas la gestion publique des données des habitants et des usagers en conformité avec le nouveau cadre européen, exigeant et ô combien nécessaire, de la protection des données personnelles.

Abus des géants de web

Mais attention, octobre arrive. Et avec lui le deuxième « enjeu data » de l’année : l’obligation faite aux collectivités de plus de 3 500 habitants (et 50 agents en équivalent – temps plein) d’ouvrir leurs données au nom du principe de l’open data par défaut. Un nouvel emballement est à prévoir. La liste des bons élèves est connue : 250 collectivités locales n’ont pas attendu la loi pour une République numérique pour ouvrir leurs données au public et à de multiples réutilisateurs (associations, start-up, entreprises ou journalistes). Passé octobre, elles seront plus de 4 000 à devoir le faire ou à justifier de ne pas l’avoir entrepris. En aura-t-on alors fini avec cette passion soudaine des acteurs publics pour la donnée ? Assisterons-nous à la fin d’une mode passagère ? Certainement pas. Du moins, il faut l’espérer.

Ebranlée de longue date par les abus des géants du web, la confiance des consommateurs dans l’utilisation mercantile de leurs données personnelles par de nombreuses entreprises s’est probablement disloquée du fait des scandales récents. Qu’en sera-t-il de la confiance des citoyens et des usagers dans l’utilisation de la donnée par leurs services publics ? Sera-t-il possible, demain, de mieux gérer des territoires grâce aux données dans un contexte où tout devient suspect ? Comment éviter qu’une gestion plus efficiente, mieux adaptée aux besoins des habitants et des usagers, ne repose sur des outils qui nuisent à nos libertés ? Voilà le vrai sujet des années à venir.

« Data des territoires »

Aujourd’hui, en France, quelques territoires expérimentent de nouvelles manières de faire. Rennes a posé la première pierre d’un service public local de la donnée. Dijon ambitionne de construire une ville à la fois transparente et monitorée. Nantes souhaite bâtir une stratégie de la donnée pour son territoire. Des régions, des départements en font autant. Mais trop de collectivités vont limiter leur action, faute de moyens et faute de compréhension des enjeux de la « data des territoires » à de modestes (et parfois difficiles) mises en conformité au droit.

Car derrière ces deux idées simples que sont la protection des données personnelles des habitants et l’obtention de données publiques transparentes pour plus d’usages et davantage de démocratie, il existe bien d’autres enjeux. Et ils sont capitaux, comme le sujet de la souveraineté publique sur des données d’intérêt général, celui du stockage, en France, des données publiques ou celui de la marchandisation des data publiques de la ville intelligente. Il y a aussi des enjeux démocratiques et politiques : le contrôle citoyen des usages publics de la donnée, la transparence des algorithmes ou une participation citoyenne éclairée par l’accès à la donnée.

Si 2018 doit être l’année des prises de conscience du fait de la loi, tant mieux. Mais vivement 2019, que l’on s’attaque aux vrais enjeux ainsi qu’à l’élaboration de stratégies publiques territoriales de la donnée.

POUR ALLER PLUS LOIN