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NUMÉRIQUE
Les bibliothécaires ne veulent pas espionner les usagers
Pierre-Alexandre Conte | France | Innovations et Territoires | Publié le 11/07/2018 | Mis à jour le 09/07/2018

Les bibliothèques et leurs agents doivent s’interroger sur le rôle qu’ils peuvent jouer dans une société où les surveillances se font grandissantes.Toutes les bibliothèques sont concernées, sans exception. En particulier lorsqu’un accès à internet est fourni, ce qui accentue d’autant la tentation du contrôle.Il faut commencer par repenser les lieux, ne collecter que des données nécessaires, adopter une posture laissant le citoyen le plus libre possible.

C’est une histoire qui remonte à 2006, dans une bibliothèque municipale située en Vendée. Eric Bourdeau y est alors chargé de la médiation numérique. « J’ai constaté, depuis le poste maître, où j’avais une vision d’ensemble de tous les ordinateurs, qu’un des usagers regardait des vidéos. On y voyait un certain nombre de combattants attaquer des chars au lance-roquettes. Les images étaient violentes et il y avait du monde dans la salle.  »

L’agent en réfère à sa direction des services informatiques (DSI). L’information remonte ensuite au directeur général des services, puis à la gendarmerie, et enfin aux services spéciaux. Ces derniers interviennent sur place et récupèrent logs de connexion et historique de navigation. « Il s’est avéré que c’était un immigré tchétchène qui consultait un site d’information sur lequel tournaient des vidéos de la guerre en Tchétchénie. Mais absolument pas un site de propagande djihadiste. J’étais très gêné mais tenu d’en parler car notre DSI nous avait ...

CHIFFRES CLES

20 M€ d’amende au maximum peuvent être infligés par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) depuis le 25 mai en cas de manquement au règlement européen pour la protection des données (RGPD). Mieux vaut donc savoir où l’on met les pieds lorsque l’on collecte des informations.


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