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PROTECTION DE L'ENFANCE
Les Assises de la protection de l’enfance révèlent les inquiétudes des professionnels
Isabelle Raynaud | France | Publié le 29/06/2018 | Mis à jour le 02/07/2018

Environ 200 manifestants ont fortement perturbé l’ouverture des 11e assises de la protection de l’enfance, le 28 juin, à Nantes. Au cœur de leurs revendications, une demande de moyens supplémentaires.

protection-enfance-nantes2018Les organisateurs des assises avaient proposé aux syndicats de Loire-Atlantique 15 minutes pour discuter avant l’ouverture des assises. Mais, après les échauffourées de l’an dernier, les représentants du Maine-et-Loire, où une réorganisation de la protection de l’enfance a profondément choqué les professionnels, n’étaient, eux, pas invités à s’exprimer.

Angers n’étant qu’à 90 km de Nantes, où se tiennent les 11e Assises de la protection de l’enfance ces 28 et 29 juin, les professionnels ont quand même décidé de venir au grand rendez-vous.

Le résultat ? Pendant 2 heures, les portes de la Cité des congrès ont été fermées par les forces de l’ordre. Pour empêcher les manifestants de rentrer, les congressistes aussi sont restés à la porte.

Et, après deux heures de négociations sans résultat, les CRS ont finalement encerclé les manifestants pour permettre aux participants de rentrer dans la salle.

Une profession inquiète

Si certains congressistes ont fini par s’impatienter, la plupart d’entre eux comprenaient les difficultés de leurs collègues.

Car les peurs sont là pour les professionnels du secteur, comme le révèle l’étude menée par l’Observatoire national de l’action sociale (Odas), présentée pendant le colloque.

A la question « Etes-vous confiant(e) ou inquiet(e) des objectifs visés par la protection de l’enfance ? », les 3 300 répondants (dont 46% de travailleurs sociaux mais aussi des assistants familiaux, des magistrats…) ne sont que 32% à se dire confiants alors qu’ils étaient 55% il y a un an.

« Il y a une crise de confiance », résume Jean-Louis Sanchez, président de l’Odas. « Il faut réinventer la protection de l’enfance. C’est très difficile car ce n’est pas une question de moyens mais un besoin de repenser les choses », ajoute-t-il.

Changement de pratiques

Pas une question de moyens selon lui car, comme le montre l’étude annuelle de l’Odas publiée en mai [5], les départements ont ainsi dépensé près de 7,4 milliards d’euros pour la protection de l’enfance en 2017. Mais les pratiques évoluent fortement.

Marie-Agnès Feret, chargée d’étude à l’Odas qui a réalisé l’enquête, donne ainsi l’exemple des droits de visite des familles pour les enfants placés. « Il y a 20 ans, le lien était coupé et les rencontres se faisaient en présence de professionnels dans un cadre précis. Aujourd’hui, avec les téléphones portables, on sait que le lien perdure entre les enfants et leurs parents. »

« On est dans des changements de pratiques, et comme tout changement, c’est inquiétant », conclut-elle.

Pourtant les manifestants, eux, demandaient des moyens financiers pour faire correctement leur travail, et ne plus avoir à « gérer la misère ».

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