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Environnement

Avec un éclairage public à led, des économies au bout du chemin

Publié le 29/06/2018 • Par Hélène Huteau • dans : Innovations et Territoires, Régions

Photo 2 Quai de Scarpe -2- Crédit Damien Langlet
Damien LANGLET
Les leds permettent à la fois de remplacer les lampes énergivores et de moduler l’éclairage en fonction des usages. Mais le coût d’investissement reste élevé. Les syndicats sont des tiers de confiance sur ce dossier technique, et les mieux à même de gérer des contrats multiples. Ce sont aussi des tiers financeurs.Etablir un état du réseau s’impose, avant de poser les besoins et les objectifs pour la collectivité. Le choix comporte une dimension politique.

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Un pic de rénovation des infrastructures d’éclairage public devrait être atteint dans les cinq prochaines années, selon l’Association française de l’éclairage (AFE), du fait des obligations réglementaires européennes et françaises, mais aussi de la vétusté du parc, dont 40 % a plus de vingt-cinq ans. Rien que pour le remplacement des dernières lampes à vapeur de mercure (10 % du parc) les collectivités devraient dépenser 1 milliard d’euros.

Aujourd’hui, 80 % des rénovations et nouvelles installations se font pour des sources leds, indique l’AFE. La technologie, plus chère à installer, semble en effet avoir atteint son stade de maturité, avec des prix en baisse et une fiabilité accrue ces dernières années. En outre, les politiques de subventions relatives aux économies d’énergie, tout comme celles liées à l’ouverture des données, lui sont favorables. Cependant, étant donné la technicité de cette technologie et l’investissement qu’elle représente, les leds sont-elles pour toutes les collectivités ? « Tous les critères de choix économiques ne sont pas bien intégrés dans les appels d’offres des collectivités », estime Frank Bettcher, dirigeant de la société Direct EPI, qui promeut le Varilum, solution alternative moins onéreuse à l’investissement que les leds.

Factures réduites grâce aux leds

Lors d’un colloque de la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) sur le sujet, en décembre 2017 à Paris, si la majorité des collectivités se disaient convaincues par les économies générées en consommation par les leds, des conseillers ont souligné des coûts cachés. Les économies d’énergie faites sur les vieilles lampes à mercure, notamment, sont spectaculaires.

La ville de Sancerre (1 400 hab., Cher) a réduit de 70 % sa facture en passant aux leds. Même chose à Louin (700 hab., Deux-Sèvres), contre – 30 % si elle choisissait des lampes à sodium haute pression [SHP] (consommation et abonnement) tout en évitant 1,3 tonne équivalent-CO2 par an. En remplaçant des lampes (mercure et sodium) de 150 watts par du 30 watts, le syndicat d’énergie du Cantal (247 communes, 146 200 hab.) a, quant à lui, divisé sa facture par quatre ou cinq. « Les 50 watts éclairaient trop ! » témoigne André Merlin, vice-président du Cantal. « Sur 26 000 points lumineux, la rentabilité est de 10 %, hors subvention », a-t-il calculé.

Ces économies émanent d’une réflexion sur la politique d’éclairage. Un avantage prépondérant des leds est de pouvoir moduler la puissance jusqu’à 70 %. Ainsi, la petite cité de caractère de Pleaux (1 500 hab., Cantal) diminue dorénavant la puissance de 50 % entre minuit et 5 heures. Louin, pour sa part, a mené une politique d’effacement de points lumineux pour le bienfait de la biodiversité et le portefeuille de ses habitants. Mais le coût des projets se calcule sur la durée de vie d’un luminaire, soit trente-cinq ans en moyenne. « Il doit y avoir une économie de maintenance quand on passe aux leds », souligne Alain Van Der Ham, ingénieur et dirigeant de la société Architecture réseaux.

« Le nettoyage d’une SHP coûte environ 30 euros TTC par an, contre 12 euros TTC en moyenne pour un luminaire led, estime Gabriel Mertz, de l’entreprise Vialis, conseil aux collectivités, maître d’ouvrage et gestionnaire d’installation en Alsace. Mais cette maintenance ne comprend pas les éventuelles réparations de l’appareillage, notamment du driver. » En effet, l’appareillage d’un luminaire led est composé d’un module led, d’un driver et d’une enveloppe globale. Le driver est sensible aux perturbations de réseau et peut être endommagé par la foudre. « Si l’on doit changer le driver avec la lampe led, pour cause de panne ou par manque de compatibilité, l’intérêt économique n’est pas systématiquement en faveur de la led », prévient Gabriel Mertz.

Programme d’évaluation

Afin de se faire une opinion basée sur l’expérience, le syndicat des énergies et de l’aménagement numérique de la Haute-Savoie (218 communes, 793 900 hab.) a mené un programme d’évaluation pendant quatre ans, de trois références sur quatre installations neuves, dès 2009. « Au bout de deux ans, le taux de panne était de 2 et 16 % », rapporte Anne Gizard, responsable « éclairage public ».

Aujourd’hui, le syndicat est à 85 % en led et la maintenance réclame un passage annuel. En revanche, les entreprises d’installation témoignent de chantiers plus difficiles à préparer, ce qui a un impact économique. Face au risque de panne intervenant quand on met de la led sur un support ou un réseau ancien, « la première chose à réaliser est un diagnostic de son réseau, avant de partir bille en tête », rappelle Aymar de Germay, vice-président de la FNCCR et président du syndicat d’énergie du Cher.

Même si celui-ci n’est pas subventionné, il est intéressant de se poser la question de la rénovation de son réseau, dans la perspective d’une télégestion départementale, car, pour les centres urbains, les luminaires deviennent le support de plus en plus d’objets connectés (vidéos, bornes de recharge, son…).

Un fournisseur de luminaires propose une garantie de sept ans

[Syndicat mixte de l’énergie des communes du Var, 130 communes, 1,04 million d’hab.]

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Philippe Icke, directeur général des services (DGS)

« Le curseur d’efficacité est passé en faveur des leds », estime Philippe Icke, DGS du Symielec, le syndicat mixte de l’énergie des communes du Var, après avoir longtemps été « Monsieur antiled ». Le syndicat avait pourtant opté pour cette technologie dès 2012, au moment de remplacer 16 000 luminaires. Les gains de consommation furent de 50 % sur les lampes SHP, et jusqu’à 65 % sur celles à mercure, plus un gain de 40 % sur la puissance installée. Un investissement encouragé par 350 000 euros en certificat d’économie d’énergie.

Mais l’an dernier, nouvelle réflexion concernant 1 000 lanternes à remplacer pour 2018. « En termes de qualité photométrique, j’obtenais plus d’uniformité en SHP, mais plus d’efficacité énergétique et environnementale avec la led », résume le DGS, notamment grâce à sa capacité unique à admettre 50 % de réduction de puissance. « C’est aussi un moyen de communiquer autour des efforts d’économie d’énergie sur les communs », note-t-il. Plus pragmatique, l’imposition actuelle de ces lampes « pose le problème de la maintenance, à l’avenir, si l’on choisit de poser autre chose… » soulève Philippe Icke. Le Symielec a trouvé un fournisseur qui propose sept ans de garantie avec 90 % du flux sur des luminaires à 100 000 heures. Cependant, « il faut penser à demander quelles dispositions mettre en place, tels des parafoudres, pour en bénéficier », prévient-il.

Contact : Philippe Icke, 04.94.37.28.11.

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