logo
Adresse de l'article https://www.lagazettedescommunes.com/568634/avenir-de-la-fonction-publique-le-gouvernement-gere-sa-communication/

CONSEIL DES MINISTRES
Avenir de la fonction publique : le gouvernement gère sa communication
Claire Boulland | France | Toute l'actu RH | Publié le 12/06/2018 | Mis à jour le 24/07/2019

Le gouvernement serait-il sous pression ? Ou entend-il garder la main sur le timing ? Il a en tout cas ressenti le besoin de communiquer, en conseil des ministres du 12 juin, sur l'état d'avancement de ses travaux sur l'avenir de la fonction publique.

Gérald Darmanin et Olivier DussoptLe rapport du comité d’experts Action publique 2022, déjà  controversé alors qu’il n’est pas encore rendu public, devait être remis le 11 juin au gouvernement. L’annonce d’une « communication en Conseil des ministres » sur la fonction publique laissait donc présager des informations sur ledit rapport. Sept organisations syndicales (CGT, FSU, Solidaires, Unsa, FA-FP, CFTC, CFE-CGC) ont ainsi écrit lundi au Premier ministre : « Nous avons le sentiment d’être consultés sur les grandes lignes d’un projet qui  semble déjà arbitré (lien vers leur courrier [1]).»

Mais le rapport du comité d’experts Action publique 2022 n’a pas été évoqué une seule fois en Conseil des ministres. A la place, Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des comptes publics et Olivier Dussopt, le secrétaire d’État en charge de la fonction publique ont simplement assuré vouloir  « mener [la transformation de la fonction publique] dans la concertation ». Sous-entendu : la plus large possible.

Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, a par ailleurs tenu à rassurer sur le fait qu’il ne serait pas touché aux 1 607 heures dans la territoriale. L’idée est plutôt « de faire en sorte qu’elles soient pleinement travaillées ».

Dans l’entourage de l’ancien maire de Tourcoing, on explique qu’en réalité,  « il fallait faire ce point [lors du Conseil des ministres] pour apaiser les tensions. Car il pouvait y avoir le sentiment que le gouvernement ne savait pas où il allait avec les divers changements de plannings [3] ».

Chantier « mobilité » lancé le 19 juin

Une semaine avant le rendez-vous salarial (18 juin), le calendrier des diverses réunions a été mis à jour. En prenant soin de préciser qu’elles ne « remettront pas en cause » la tenue des élections professionnelles du 6 décembre prochain, dont les modalités ont été fixées tout récemment.

Le quatrième chantier de la concertation « refonder le contrat social avec les agents publics » – sur l’accompagnement renforcé dans les transitions professionnelles et la facilitation des mobilités – sera lancé le 19 juin prochain sous la présidence d’Olivier Dussopt, secrétaire d’État en charge de la Fonction publique.

Le gouvernement rappelle que, parallèlement, le projet de loi pour « la liberté de choisir son avenir professionnel », est entré cette semaine en discussion en séance publique à l’Assemblée nationale. L’État veut que les emplois de direction dans les trois versants de la fonction publique soient ouverts aux contractuels.

Mais aussi que les agents publics souhaitant exercer des fonctions dans le secteur privé puissent valoriser ces années dans leur avancement au sein des administrations publiques, jusqu’à cinq ans.

 

Des amendements qui ne passent pas

La CGT,  Solidaires et la CFE-CGC font savoir qu’elles ont, ce mardi, claqué la porte de la réunion d’information présentant les amendements du gouvernement sur le projet de loi pour « la liberté de choisir son avenir professionnel », relatifs à la fonction publique. Lesquels prévoient l’ouverture aux contractuels des emplois de direction ; la prise en compte des années passées dans le privé au titre de l’avancement des fonctionnaires dans leur corps d’origine ; des dispositions sur le handicap. « Certaines propositions bénéficieraient essentiellement aux très hauts fonctionnaires qui effectuent des allers et retours entre des emplois stratégiques et de grandes entreprises privées. »

 

CHIFFRES CLES

Le gouvernement rappelle que :

3 chantiers ont d’ores et déjà été lancés (ils portent sur le dialogue social, les rémunérations et les contractuels) ;

24 réunions de travail techniques et politiques se sont ainsi tenues depuis février.


POUR ALLER PLUS LOIN