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[Entretien] Hauts fonctionnaires

Vincent Jauvert : « La noblesse d’Etat fait la loi »

Publié le 06/06/2018 • Par Jean-Baptiste Forray • dans : France, Toute l'actu RH

Vincent Jauvert
Fabien Calcavechia/La Gazette
Mélange des genres, pantouflage... Dans "Les intouchables d'Etat, bienvenue en Macronie", le journaliste de l'Obs Vincent Jauvert dénonce la mainmise des grands corps nourris à la doctrine de l'Ecole nationale d'administration.

« L’appartenance à un corps, le droit au retour sont des protections qui ne correspondent plus ni à l’époque, ni aux pratiques de la société », lançait Emmanuel Macron lors de sa campagne. Un discours qui a fait long feu, selon Vincent Jauvert. Dans un livre féroce, « Les intouchables d’Etat. Bienvenue en Macronie » (éditions Robert Laffont, 2018), truffé de révélations, le journaliste de « L’Obs » dénonce la mainmise des grands corps nourris à la doctrine de l’Ecole nationale d’administration. Issus de l’inspection générale des finances (IGF), comme le Président, ou du Conseil d’Etat, à l’instar du Premier ministre, les premiers du classement de sortie de l’ENA « bénéficient des prébendes de l’ancien monde et des opportunités du nouveau ». Dans « la botte », le mélange des genres est monnaie courante, d’après Vincent Jauvert.

Lorsqu’il était sénateur, investi d’un rapport au vitriol sur les autorités administratives indépendantes, le ministre de la Cohésion des territoires Jacques Mézard avait tout dit. « Vous êtes au Conseil d’Etat, c’est un maître des requêtes du Conseil d’Etat qui instruit les dossiers, vous êtes hébergé par le Conseil d’Etat et un éventuel recours se fait devant le Conseil d’Etat. Est-ce bien raisonnable ? » demandait-il à un président du conseil supérieur d’une agence.

Les grands corps, ce n’est pas le moindre de leurs paradoxes, bénéficient à plein du démembrement du pouvoir central. Ils font leur nid dans les 1 244 agences d’Etat. Des structures qui ont vite pris leurs aises. L’Agence nationale pour la rénovation urbaine, qui intervient dans les quartiers difficiles, n’échappe pas à la règle. « Son siège social, relève Vincent Jauvert, n’est pas à Saint-Denis ou à Sarcelles, mais dans le VIe arrondissement de Paris, le plus chic et le plus cher de la capitale… »

Comment les énarques des grands corps voient-ils les cadres formés dans les collectivités ?

Ils ne font clairement pas partie de leur monde… Mais au nom de quoi les directeurs généraux des services (DGS) des collectivités, formés à l’Institut national des études territoriales (Inet) et habitués à gérer des grosses structures, ne bénéficient-ils pas d’une carrière nationale ? Parce qu’ils ne font pas partie du « club des énarques » ? Mais ils seraient tout aussi légitimes qu’eux dans les grandes directions d’administration centrales parisiennes !

Les énarques ne peuvent pas se tourner vers des postes très correctement rémunérateurs dans les grandes collectivités et refuser que le mouvement aille dans l’autre sens. Ils ne peuvent pas non plus fermer la porte du comité Action publique 2022 (AP 2022) aux cadres territoriaux. Cette affaire dit tout de l’entre-soi des énarques. Le comité AP 2022 est codirigé par un ami du Premier ministre, conseiller d’Etat, comme lui, Frédéric Mion. Mais en quoi le fait d’avoir été secrétaire général de Canal + lui donne-t-il une vision particulière de l’administration d’aujourd’hui ?

Le directeur de Sciences-po, qui n’a pas quitté le Conseil d’Etat, est typique de ces représentants des grands corps qui exhortent les autres à prendre des risques tout en gardant leur parachute. Tous deux membres de la même promotion de l’ENA, Edouard Philippe et son directeur de cabinet, Benoît Ribadeau-Dumas, s’inscrivent aussi dans cette veine-là. Contrairement à Emmanuel Macron, qui a démissionné de la fonction publique, ils n’ont toujours pas quitté le Conseil d’Etat où ils ont pourtant passé peu de temps.

Mais en quoi « la Macronie » marque-t-elle une rupture avec les présidences précédentes ? Les technocrates ont toujours été très puissants sous la Ve République…

C’est vrai, la noblesse d’Etat, qui est le pur produit de la monarchie républicaine, fait la loi. Mais il n’y a eu auparavant que deux périodes où le chef de l’Etat et le Premier ministre étaient issus des grands corps : Valéry Giscard d’Estaing, de l’IGF, et Jacques Chirac, de la Cour des comptes, entre 1974 et 1976 d’une part, Jacques Chirac et Alain Juppé, de l’IGF, entre 1995 et 1997, d’autre part. On me rétorque que les énarques ne sont pas nombreux dans le gouvernement actuel, mais c’est uniquement le signe que les ministres ne comptent pas !

La grande nouveauté tient aujourd’hui à ce que le Président, tout comme le Premier ministre, ont fait des allers et retours entre le public et le privé. Edouard Philippe est passé par un cabinet d’avocats d’affaires et un poste de lobbyiste chez Areva : un parcours typique de l’élite de l’élite. Cette caste, depuis quelques années, prospère grâce à la multiplication des couples de pouvoirs qui se forment dans les promotions de l’ENA.

La commission de déontologie de la fonction publique ne peut-elle pas mettre le holà aux conflits d’intérêts ?

Les grands corps en sont membres de droit… Les enquêtes portent sur les trois dernières années, contre cinq auparavant. Les avis ne sont pas publics. Présidé par un conseiller d’Etat à quart-temps, la commission de déontologie compte seulement cinq agents pour cinq millions de fonctionnaires. Et elle doit rendre 3 000 avis par an ! Autant dire que c’est un tigre de papier.

L’ancienne ministre de la Fonction publique Annick Girardin a bien fait passer une loi en 2016 transférant les pouvoirs de la commission à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Fait exceptionnel, le Conseil constitutionnel s’est autosaisi pour annuler ce texte, à cause de son « inintelligibilité ».

Depuis, son secrétaire général, le conseiller d’Etat Laurent Vallée, est parti pantoufler comme secrétaire général de Carrefour auprès du PDG, Alexandre Bompard, sorti de l’IGF. Il a vendu sans trop de difficulté le grand plan de restructuration du groupe à l’Etat.

Comment en finir avec le règne des grands corps ?

Nicolas Sarkozy, qui n’a pas fait l’ENA, voulait supprimer le classement de sortie sur lequel repose la sélection des grands corps. Un décret avait été pris en 2009, mais le Conseil d’Etat l’a annulé. Supprimer le classement, c’était pour les grands corps comme instaurer le communisme en France ! Au moment où a été élu Emmanuel Macron, la ministre de la Fonction publique d’alors, Annick Girardin, a proposé au tout nouveau Président de fusionner l’ENA et l’Inet. En d’autres temps, elle aurait été brûlée en place publique !

Les énarques qui sortent de la botte vont simplement faire deux ans dans une administration lambda avant de rejoindre leur grand corps. Un service civique pour les princes de la République. Par ailleurs, j’avais cru comprendre que le gouvernement soutenait la proposition de loi du député Fabien di Filippo (LR) destinée à plafonner les salaires des hauts fonctionnaires, dont 600 gagnent aujourd’hui plus de 150 000 euros net par an. Mais Matignon a pris soin de m’indiquer qu’il n’avait fait qu’envoyer une lettre-type à ce parlementaire.

Le gouvernement, en revanche, est bien décidé à offrir aux fonctionnaires en disponibilité partis dans le privé la possibilité de bénéficier de leur avancement pendant cinq ans. Quant aux hauts fonctionnaires détachés dans les agences d’Etat, ils ne pouvaient pas bénéficier d’une augmentation de plus de 15 %, mais, depuis 2008 et la révision générale des politiques publiques, ce plafond a été supprimé. Le père de la RGPP, Eric Woerth (LR), a d’ailleurs été promu par Emmanuel Macron président de la commission des finances de l’Assemblée, preuve que la même logique est toujours à l’œuvre.

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  • « Les intouchables d'Etat. Bienvenue en Macronie », éditions Robert Laffont, 2018.
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Commentaires

Vincent Jauvert : « La noblesse d’Etat fait la loi »

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sirius

22/09/2018 06h55

Qu’on ne s’étonne pas de voir le bas peuple (tous ceux qui ne sortent pas de l’ENA) désirer voir disparaître cette caste . L’Italie donne l’exemple de cet écoeurement .

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