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[ÉDITO] RÉFORME DE LA FONCTION PUBLIQUE TERRITORIALE
Ouvrir ses chakras
Jean-Marc Joannès | France | Publié le 27/04/2018 | Mis à jour le 24/04/2018

Réduire la masse salariale, envisager des plans de départs volontaires, augmenter le nombre de contractuels et assouplir le statut… autant d'annonces, bien souvent à connotations d'abord politiques, qui alimentent le débat sur l'avenir de la fonction publique territoriale.

Image Dossier Réforme de la fonction publique

Réduire la masse salariale, envisager des plans de départs volontaires, augmenter le nombre de contractuels et assouplir le statut… autant d’annonces, bien souvent à connotations d’abord politiques, qui alimentent le débat sur l’avenir de la fonction publique territoriale. Mais au-delà des éléments de langage, qu’en est-il exactement ? Sur le terrain, les préoccupations quotidiennes des managers territoriaux semblent éloignées de ces débats. Alors que l’on ne cesse d’instiller l’idée qu’il y a trop d’agents, leur souci à eux, c’est de recruter. « Aujourd’hui, les candidats ne répondent plus », selon Laetitia Allut [1], directrice du département « emploi » du centre interdépartemental de gestion (CIG) de la grande couronne d’Ile-de-France.

Pragmatisme

Les explications sont multiples : génération millénium, absence de valorisation des carrières, voire effets du « fonctionnaire bashing » ambiant. Ces difficultés à recruter vont au-delà de la figure de l’ingénieur informatique, ce profil apparemment introuvable en collectivité, mais constamment donné en exemple pour fustiger les imperfections du concours, pour justifier le recours au contrat et assurer la promotion d’un futur « contrat de mission ». « Sur le terrain », c’est aussi le pragmatisme qui prend le dessus. Ici, on chasse les futurs agents par les réseaux ; là, on s’inspire du privé et on développe sa « marque employeur » pour attirer et fidéliser les compétences, les collectivités apprenant à communiquer sur leurs atouts. Ailleurs, on cherche à mieux définir ses besoins ou à sédimenter les compétences pour répondre à une problématique d’insularité. On monte des partenariats avec des écoles de formation ou on travaille sur la mobilité des cadres pour élargir leurs opportunités de carrière.

Conception positive

Cette capacité d’innovation et de maniement des outils proposés par le statut montre que, loin de se laisser enfermer dans les postures politiques, les employeurs territoriaux savent « ouvrir leurs chakras » pour répondre aux besoins du service public local. Une conception positive des missions du manager territorial, bien loin de la gestion de l’attrition financière : « Il faut créer de l’envie ! »

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