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ENVIRONNEMENT
Transition énergétique : Nicolas Hulot se décommande, les villes d’Energy cities avancent
Stéphanie Stoll | actus experts technique | France | Publié le 20/04/2018

Il devait conclure, mais il n’est pas venu. Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire s’est décommandé à la veille du débat politique des rencontres annuelles qu’Energy Cities a organisées à Rennes, du 18 au 20 avril. Déception des villes qui avaient des propositions à mettre sur la table pour mettre en œuvre l’Accord de Paris sur le climat, et réclamer une décentralisation de la politique énergétique.

house energy concept

Les organisateurs des rencontres annuelles d’Energy Cities pensaient avoir posé tous les jalons nécessaires à l’ouverture des discussions avec le ministre de la transition écologique, avec une tribune publiée dans Le Monde, le 22 mars [1] et un courrier en bonne et due forme accompagné d’une contribution écrite de 12 pages.

Mais le ministre, présent à Nantes au début de la semaine à propos de l’aéroport de Notre-Dame-de-Landes, n’a pas fait de second voyage en Bretagne. Pas abattu, le réseau de villes européennes qui a fourbi ses propositions prépare, avec Ronan Dantec, sénateur écologiste de Loire-Atlantique, une nouvelle rencontre au Sénat le 11 juin.

Dans la tribune parue en mars, constatant que « sur le terrain, tout démontre que l’approche technique et centralisée a atteint ses limites », les signataires (1) [2] demandaient le « fléchage vers les collectivités d’une partie de la hausse de la contribution climat énergie », évaluée à 5% d’une manne de huit milliards d’euros, et « l’adoption d’une loi d’orientation pour la décentralisation de la politique énergétique ».

Au moins un milliard d’euros pour la transition énergétique

A Rennes, trois propositions s’affinent. Plutôt que 5% de huit milliards, soit 400 millions d’euros, Anne Walryck, vice-présidente de Bordeaux Métropole, revendique « une part conséquente et pérenne de la contribution climat énergie ». Et si Celia Blauel, adjointe à la ville de Paris chargée du climat et de l’eau n’en réclame pas « 100% dès la première année », elle juge raisonnable de commencer par le premier milliard d’euros.

Enedis et GRDF dans le collimateur

Les distributeurs d’énergie, Enedis ou GRDF, sont aussi interpellés par Energy Cities. « Nous sommes autorités concédantes, mais nous nous heurtons à des problèmes techniques, financiers et de gouvernance, pointe Célia Blauel. Le système actuel n’est plus possible, on doit en réinventer les modalités. »

« Nous sommes en train de renégocier les contrats avec les opérateurs d’électricité, sur neuf communes de la métropole, confirme Anne Walryck. C’est très opaque, très compliqué et trop long pour avoir les données techniques et financières sur l’état de nos concessions et ça nous laisse en plan. »

Partenariats villes et campagnes

Enfin, Energy Cities veut approfondir les liens entre milieux urbains et ruraux autour de « nouveaux modes de partenariat entre territoires consommateurs et territoires producteurs d’énergies renouvelables » vus comme « un moyen de se réapproprier des savoir-faire locaux et de développer des filières créatrices d’emploi ». Le rat des villes fait donc les yeux doux à celui des champs, chargé de porter la production alimentaire, des espaces de loisirs, des réservoirs de biodiversité et enfin, la production énergétique.

Revoir le Code de l’Energie

Comment mettre en œuvre les foisonnantes réflexions d’Energy Cities ? Le réseau européen propose que la France introduise au premier livre du Code de l’Energie, un septième titre sur « le rôle des collectivités territoriales », complémentaire du quatrième titre sur « le rôle de l’Etat ».

Les objectifs de la politique énergétique seraient amendés pour introduire les concepts de

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