Fermer

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

Menu

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

Bibliothèques

6 questions que soulève le plan en faveur des bibliothèques

Publié le 13/04/2018 • Par Hélène Girard • dans : Actualité Culture, France

Médiathèque de Lourdes © Roland Darre CC BY SA 3.0
Médiathèque de Lourdes © Roland Darre CC BY SA 3.0
Annoncées le 10 avril 2018, les grandes lignes du plan de l'Etat en faveur des bibliothèques visent à encourager les collectivités à faire évoluer leurs bibliothèques dans le sens préconisé, dans son rapport, par l'académicien Erik Orsenna. Pour les professionnels, beaucoup de points restent encore flous.

En point d’orgue de la réflexion lancée par le ministère de la Culture avec les professionnels et les élus, après la remise du rapport « Orsenna » a eu lieu à Paris, au Grand Palais, le 10 avril, une  « journée bibliothèque ».

Cet événement a été précédé de plusieurs rendez-vous de Françoise Nyssen avec les associations d’élus et de professionnels et d’une consultation en ligne.

Lors de cette journée, la ministre a présenté les grands axes d’un « plan d’action commun ». A cette étape, plusieurs questions se posent.

1 – Est-on arrivé à un tournant ?

Pour ce qui est la problématique de l’élargissement des horaires d’ouverture, la journée ne constituait pas une première. De colloques en débats, les retours d’expérience posent les grands axes de problématiques et de méthode.

Depuis deux à trois ans déjà, les écueils et la méthode sont d’ailleurs bien documentés par divers ouvrages et rapports.

Cependant la  journée du 10 avril a mis en lumière deux points de réflexion et de vigilance, précédemment peu évoqués :

  • la nécessaire définition du périmètre du bassin de vie (qui n’est pas nécessairement celui de l’EPCI) correspondant au réseau de bibliothèques pris en compte pour étendre les horaires des équipements ;
  • la pertinence d’associer élargissement des horaires et réflexion sur les missions, qui apparaît désormais comme une évidence pour définir les services offerts au public sur les nouvelles plages d’ouverture.

Pour le reste, les impératifs sont déjà connus : faire un diagnostic préalable sur les rythmes de vie des habitants (et ne pas nécessairement se focaliser sur l’ouverture dominicale) ; établir des grilles horaires lisibles et facilement mémorisables pour le public ; communiquer avec les usagers etc.

Il est donc acquis qu’il ne peut exister une modélisation unique de la problématique des horaires : à chaque bibliothèque, à chaque réseau, sa solution.

« La journée a tourné un peu à vide : peu d’annonces réelles, le brassage de questions professionnelles rebattues (l’ouverture dominicale), pas de proposition nouvelle. Donc, l’impression a un petit peu été de participer à un exercice obligé qui vient clore une mission qui ne tient pas toutes ses promesses », estime Xavier Coutau, directeur de la bibliothèque départementale d’Eure-et-Loir et coprésident de l’Association des directeurs de bibliothèques départementales de prêt (ADBD).

Pour Xavier Galaup, président de l’Association des bibliothécaires de France (ABF), l’apport de la journée est surtout d’ordre politique, en raison de la présence plus importante des élus dans l’assistance et à la tribune. « Cette fois-ci, les élus étaient plus nombreux que dans les réunions précédentes sur les bibliothèques.  Ce qui signifie que désormais, l’avenir des bibliothèques constitue un sujet qui dépasse le seul cadre professionnel. » Et de saluer à cet égard l’intervention de la vice-présidente et porte-parole de l’Association des maires de France, Agnès Le Brun, « qui a clairement posé la question des moyens ».

2  – Le plan « bibliothèques » est-il vraiment bouclé ?

« Je veux présenter les principaux axes du plan d’action commun que nous venons d’élaborer »… Nombre de bibliothécaires ont été surpris en entendant la ministre dérouler les chapitres du plan en faveur des bibliothèques. Car, selon le calendrier initial, l’annonce dudit plan devait avoir lieu en juin prochain à l’occasion du congrès de l’Association des bibliothécaires de France. « Effectivement, cette annonce est surprenante. Normalement tout n’est pas encore figé, veut croire Xavier Galaup. La ministre a sans doute voulu indiquer les grandes lignes, avant de préciser ultérieurement les choses. En tout cas, elle nous a confirmé sa venue à notre congrès. »

3 – En quoi consistera « l’ingénierie » des Drac ?

Extension des horaires, inclusion numérique, évolutions des missions etc. : sur maintes problématiques, la ministre de la Culture demande aux Drac de se mobiliser et d’accompagner les bibliothèques. Pour la Rue de Valois, le soutien de l’Etat ne se fait donc seulement sous forme de subventions, mais aussi sous forme « d’ingénierie ». Une mission que remplissent également les bibliothèques départementales. La question d’une forme de redondance peut alors se poser. « Sur le papier, en effet, il y a risque de doublon. Mais les Drac ne sont aujourd’hui pas outillées pour mener ces campagnes de diagnostic horaires, pas plus qu’un réel accompagnement des projets. C’est tout le paradoxe des Drac, d’ailleurs, qui financent les extensions d’horaires ou projets de construction en se reposant de fait sur l’avis technique des bibliothèques départementales. C’est l’exemple d’une déconcentration – décentralisation encore mal ficelée », analyse Xavier Coutau.  

Médiathèque André Malraux de Strasbourg, ©Claude Truong-Ngoc CC BY SA 3.0

Médiathèque André Malraux de Strasbourg, ©Claude Truong-Ngoc CC BY SA 3.0

Pour sa part, Xavier Galaup pose la question des moyens dont disposent les Drac : « même avec l’expertise nécessaire, vu leurs périmètres, notamment dans les nouvelles régions, et l’état de leurs moyens, on voit mal comment elles pourraient assumer ce rôle, qui effectivement relève des bibliothèques départementales. » A une nuance près : « elles pourraient cependant apporter un plus grâce à une vision “macro” des problématiques sur leurs territoires. Sans doute sont-elles aussi en mesure de mettre les bibliothèques en relation avec des acteurs qu’elles ne connaissent pas encore. »

4 – Les objectifs chiffrés sont-ils réalistes ?

La ministre a exhorté élus et professionnels à avoir en ligne de mire les objectifs suivants, qui constituent des minima :

  • 10 millions de personnes, touchées par la mutation des bibliothèques ;
  • 20% d’augmentation des plages d’ouverture dans les villes de plus de 50 000  habitants ;
  • 50 heures d’ouverture hebdomadaire pour les villes de plus de 100 000 habitants ;
  • 1 bibliothèque de référence par département en matière d’équipements et de fonds documentaires pour les personnes aveugles ou mal-voyantes ;
  • 3 bibliothèques de référence par département pour la formation contre les fausses nouvelles, et 1 par ville de plus de 100 000 habitants ;
  • 1 bibliothèque de référence par département pour l’apprentissage du français ;
  • 1 bibliothèque par département intégrée au plan d’inclusion numérique.

« Tout cela reste très théorique, pense Xavier Galaup. D’abord, il ne faut pas oublier le contexte de tension qui prévaut dans les collectivités en matière de budgets et d’effectifs. Or il s’agira de communes volontaires. Ensuite, ces objectifs ne sont pas définis. Par exemple, nul ne sait encore les moyens qu’il faudra mettre en oeuvre pour des formations sur les fausses nouvelles. Pour ce qui est des ressources pour les personnes handicapées, une acculturation professionnelle sera nécessaire, car d’une bibliothèque à l’autre, la situation est très différente. »

Même incertitude pour ce qui est de l’annonce de la création d’un label, destiné à valoriser les bibliothèques engageant les mutations souhaitées. « Cela pourrait constituer un levier. Mais encore faut-il que les critères d’attribution soient définis, que le label soit assorti d’aides, et qu’il fasse l’objet d’une communication pour le promouvoir », observe le président de l’ABF.

5 – Pourquoi croiser les plans « bibliothèques » et « inclusion numérique » ?

« J’ai obtenu du secrétaire d’Etat au numérique que les bibliothèques puissent être inclues dans le grand Plan d’inclusion numérique à chaque fois qu’une collectivité sera prête à y installer un espace numérique », s’est félicitée Françoise Nyssen. Et d’ajouter « nous les accompagnerons spécifiquement ». A ce stade, le minimum requis pour un « espace numérique » recevable et la nature de cet accompagnement ne sont pas précisés.

Au-delà de ces points d’incertitude, les professionnels applaudissent. « C’est une très bonne chose, et même une bonne surprise dans la mesure où le rapport Orsenna était très discret sur les enjeux de lutte contre la fracture numérique et d’éducation aux médias, qui sont pourtant devenus centraux dans les missions des bibliothèques », souligne Xavier Coutau.

Les bibliothèques « ne peuvent pas faire l’économie d’être dans ce plan, renchérit Xavier Galaup. D’autant qu’elles sont identifiées comme un des acteurs de l’inclusion numérique. Ce sont des lieux de formation au numérique accessibles à tous, et qui plus est gratuits, ce qui ne sera pas le cas de toute l’offre de médiation et de formation que le plan d’inclusion numérique doit structurer. »

Or atteindre les 13 millions de personnes en difficulté avec le numérique est un des objectifs affichés du plan présenté en décembre 2017 par Mounir Mahjoubi, qui parle d’« actions portées par les territoires et adaptée à leurs spécificités ».

On peut donc imaginer que des bibliothèques s’engagent dans le référentiel national de services de médiation numérique #APTIC. Et qu’elles mobilisent des jeunes en service civique, la ministre ayant parlé d’un « programme » dédié aux bibliothèques et doté d’un effectif de 400 volontaires.

Pour Xavier Galaup, l’autre champ d’intervention serait l’aide aux démarches administratives, « même s’il faudra réfléchir aux réserves manifestées par certains bibliothécaires eu égard aux problématiques de confidentialité  et prévoir des garde-fous ».

Autre cadrage à opérer : celui de l’articulation de l’intervention des volontaires sur le rôle des professionnels. « Les bibliothèques départementales pourraient porter et piloter des actions de sensibilisation et de formation sur ces sujets. Il faudra néanmoins être très vigilant quant aux missions confiées aux volontaires du service civique, met en garde Xavier Coutau. Ceux-ci et celles-ci peuvent sans doute, à la faveur d’une formation rapide, être compétents pour animer des ateliers de découverte de l’environnement informatique (créer une adresse mail, naviguer sur le web à des fins de démarches administratives, etc.), mais la profession est très réservée sur l’idée de leur confier des actions d’éducation aux médias et à l’information. Cette mission-là appelle clairement des compétences professionnelles confirmées. »

6 – Quelle sera l’aide de l’Etat pour les maisons de services publics hybrides ?

Comme Erik Orsenna dans son rapport, la ministre de la Culture entend inciter les collectivités à créer des espaces mixtes – bibliothèque et services publics et sociaux, notamment dans les communes rurales. Ce qui suppose de trouver des locaux, des  partenaires, d’agencer les espaces, de former les agents, etc.

Elus et professionnels présents lors de la journée du 10 avril ont pressé de questions les représentants de la Rue de Valois sur le soutien apporté par l’Etat à ce type d’initiatives.

La réponse du ministère a été claire sur un point : il n’y aura pas d’autres crédits disponibles que ceux de la dotation générale de décentralisation (DGD), fixés cette année à 88 millions (soit une hausse de 10% prévue par la loi de finances pour 2018). Les collectivités devront aussi envisager des montages financiers avec leurs partenaires potentiels (CAF, Pôle Emploi, la Poste…).

En revanche, la Rue de Valois n’est pas encore en mesure d’indiquer comment la DGD financera les maisons hybrides. Les critères d’éligibilité des projets et les mécanismes comptables ne sont pas encore arrêtés. « Pour le moment, nous ne savons pas faire, a convenu Jérôme Belmon, chef du département des bibliothèques. Nous allons nous rapprocher du ministère de l’Intérieur, pour voir comment faire. »

Références

Réagir à cet article

Nos offres d'emploi

Plus de 1000 offres d'emploi !

TOUTES LES OFFRES D'EMPLOI

Aujourd'hui sur les clubs experts gazette

Nos services

Prépa concours

CAP

Évènements

Gazette

Formations

Gazette

Commentaires

6 questions que soulève le plan en faveur des bibliothèques

Votre e-mail ne sera pas publié

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement