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Sécurité

Vidéosurveillance intelligente : les premiers enseignements

Publié le 27/03/2018 • Par Gabriel Thierry • dans : Actu prévention sécurité, France, Innovations et Territoires

Camera_surveillance_Fotolia
FOTOLIA
Reconnaissance faciale, détection de scènes de violence, signalement d’un colis suspect… Les nouvelles possibilités qu’offre la technologie sont multiples. Alors que les collectivités sont encore peu nombreuses à s’y intéresser, les retours d’expérience des villes pionnières sont riches d’enseignements. L’usage des villes se révèle assez nuancé même si toutes reconnaissent que ces nouveaux outils facilitent le travail d’exploitation.

Les villes se laisseront-elles séduire par la vidéosurveillance intelligente ? Alors que le déploiement de caméras s’est poursuivi au cours des dix dernières années à un rythme soutenu partout sur le territoire, et ce, en dépit des nombreuses mises en cause scientifiques sur leur efficacité, de nouvelles technologies de surveillance débarquent en France et ne laissent pas insensibles certains élus.

C’est le cas dans le département des Yvelines qui s’apprête à mettre en place un dispositif particulièrement lourd sur près de 200 sites, collèges, casernes de sapeurs-pompiers ou autres bâtiments. Un plan massif évalué à 13 millions d’euros qui met en avant une poignée de logiciels « intelligents » chargés de détecter des situations anormales, offrant, promet le département, une réponse « plus rapide » et « plus facile ».  Les Yvelines ne sont pas un cas isolé. Plusieurs collectivités expérimentent en France l’utilisation d’algorithmes de détection d’incidents couplés à des caméras, comme Toulouse, ou s’y préparent, comme Marseille. Cette technique doit « permettre à nos agents de police municipale de travailler dans de meilleures conditions, notamment de faire de la recherche d’images plus rapide », détaille Caroline Pozmentier-Sportich, adjointe au maire de Marseille (858 100 hab.), chargée de la sécurité.

Quel apport ?

Mais à quoi sert cette couche supplémentaire de logiciel ? Dans les Yvelines, quatre entreprises vont fournir l’intelligence des caméras (détection de présence, contrôle périmétrique, détection de mouvements de foule ou d’un sac abandonné), tandis qu’une cinquième société se concentre sur la détection de sons anormaux. « Les caméras sont plus faciles à paramétrer dans des bâtiments, explique Dominique Legrand, le président de l’Association nationale de la vidéoprotection (AN2V) qui réunit 80 entreprises de vidéoprotection. Un collège, nous savons comment il vit. » Mouvement de foule suspect, intrusion la nuit… les pistes ne manquent pas pour mieux sécuriser ces emprises.

Pionnière revendiquée dans ce domaine, la ville de Nice (342 500 hab.) s’intéresse à ces nouvelles technologies depuis 2010. « Les types de détection nous aident à détecter la présence d’un colis suspect, d’un attroupement, d’un mouvement de foule ou d’un maraudage, c’est-à-dire une intrusion dans un périmètre défini pendant un laps de temps donné », explique la ville, qui compte près de 1 800 caméras de vidéosurveillance. Les derniers progrès rendent possible aujourd’hui l’identification d’un objet, d’un véhicule ou d’une personne en fonction d’un signalement donné, comme par exemple une voiture rouge dans un quartier, y assure-t-on.

La ville de Montbéliard, quant à elle, s’équipe en caméras de vidéosurveillance depuis 2012 – il y en a 71 aujourd’hui. Faute de budget pour financer la surveillance en temps réel des images, la ville investit dans la vidéosurveillance intelligente. La municipalité achète trois licences, lui permettant de paramétrer trois scénarios. Le premier, pour détecter les attroupements et automatiser le déclenchement d’un zoom pour identifier les auteurs de petites incivilités sur une esplanade. Le deuxième, pour être alerté d’intrusions dans la piscine d’été, grâce à la mise en place d’une ligne de franchissement périmétrique. Enfin, le troisième, pour vérifier l’existence de stationnements sauvages sur la chaussée dans un quartier.

Une technologie émergente

« La vidéosurveillance intelligente nous aide à gagner du temps, avoir de bonnes images, observe Stéphane Alègre, directeur du service prévention tranquillité publique de la ville de Montbéliard. Ce n’est cependant pas un outil miracle, mais l’un des instruments de notre panoplie. » Son évaluation est plutôt positive. Les attroupements, grâce à l’identification des auteurs avec la police nationale, ont cessé sur l’allée. A l’aide des caméras, la ville a amélioré sa vigilance autour de la piscine. Enfin, le troisième scénario a permis de constater que les stationnements sauvages déplorés étaient en réalité bien moindres qu’annoncés. Mais toutes les expériences autour de la vidéosurveillance intelligente n’affichent pas un bilan aussi rose. A Londres, l’utilisation d’un logiciel de reconnaissance faciale lors du carnaval de Notting Hill s’est soldée par un piteux échec. Selon la chaîne de télévision Sky News, le logiciel alimenté par une base de données de la police a détecté, en septembre dernier, 35 « faux positifs » (alertes non voulues), et entraîné l’arrestation à tort d’une personne. En France, on s’interroge également sur la réelle utilité du parc de vidéosurveillance niçois, incapable d’identifier les repérages en camion opérés par Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, l’auteur de l’attentat du 14-juillet 2016, alors même que la circulation des véhicules utilitaires supérieurs à 3,5 tonnes est interdite dans la ville. En réalité, même si elle est très ancienne, la vidéosurveillance intelligente reste une technologie émergente. De nombreux progrès ont été réalisés, notamment dans la reconnaissance faciale, mais la détection des scènes de violence reste approximative. « Distinguer des personnes en train de se battre de celles en train de jouer n’est pas évident », estime le chercheur Frédéric Jurie, à l’université de Caen.

Paramétrage des systèmes

Au demeurant, ces avancées technologiques correspondent-elles aux besoins des villes ? « Nos besoins à nous sont basiques, indique Stéphane Alègre à Montbéliard. Et il faut penser la chaîne dans son ensemble car s’il n’y a pas de réponse à l’alerte, cela ne sert à rien. » Cette ville privilégie par exemple les moyens techniques, tels que les barrières, et la surveillance humaine, pour la protection du marché de Noël, plutôt que de paramétrer la recherche de colis suspect sur une zone où le flux empêcherait la remontée de résultats probants.

Autre donnée à prendre en compte : le coût. « Pour moi, le coût de la vidéosurveillance intelligente est finalement extrêmement faible, eu égard aux montants dépassés en génie civil, quand il faut creuser et brancher la fibre », compte Stéphane Alègre. « Vous allez trouver des logiciels à 400 euros quand votre caméra piétonne de rue coûte entre 6 000 et 8 000 euros pièce », abonde Dominique Legrand. Moins accessible pour de petites communes, la vidéosurveillance intelligente est un « impératif » pour des projets publics supérieurs à 500 000 euros, estime-t-il. « Toutes les caméras n’ont pas besoin d’être couplées à de l’analyse intelligente, ni tout le temps les mêmes » : ainsi par exemple, une place le jour du marché ou la cour d’un collège seulement les week-ends, précise-t-il. A charge pour les collectivités de bien paramétrer leur système pour éviter d’être noyées sous les faux positifs. Et d’arriver à coupler ces nouvelles techniques à un parc vidéo déjà existant. Passé ces difficultés, argumente-t-il, les collectivités peuvent espérer un travail facilité et l’amélioration de l’exploitation des enregistrements vidéo. C’est d’ailleurs l’une des pistes de l’industrie : travailler des traitements automatisés simples pour pouvoir supprimer des séquences où il ne se passe rien, et ainsi réduire le volume d’images. Un challenge plus ardu qu’il n’y paraît.

 

« L’adaptation entre l’algorithme et le dispositif existant pose question »

Marie Ferte, juriste au service des affaires régaliennes et des collectivités territoriales de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil)

« L’usage de la vidéosurveillance intelligente est à peine naissant en France. Pour le moment, nous avons été surtout sollicités par des opérateurs de transports sur cette question. Par exemple, la RATP teste plusieurs algorithmes de détection d’événements violents ou d’anomalies à la station Châtelet-les-Halles, à Paris. L’objectif est de tester cette technique en conditions réelles. Mais ce qui peut poser question, c’est plutôt l’adaptation entre cette technologie, l’algorithme, et le dispositif vidéo existant, qui peut être ancien. »

 

« Un dialogue permanent entre l’opérationnel et la technique »

Stéphane Alègre, directeur du service « prévention tranquillité publique » de Montbéliard (25 350 hab., Doubs)

NATURE PAYSAGE

« Nous avons acheté trois licences pour paramétrer trois scénarios de vidéosurveillance intelligente. Nous pouvons déplacer ces licences sur différentes caméras. Mettre en place un nouveau scénario demande un paramétrage fin pour diminuer les fausses remontées. Par exemple, quand nous avons sécurisé la piscine d’été, nous avons eu des difficultés de paramétrage avec la faune et l’éclairage changeant. Pour les informaticiens, c’est avant tout un certain nombre de pixels qui bougent sur l’image ! Les alertes – ici des SMS aux agents et au directeur de la piscine – sont des choses qui se travaillent pour éviter d’être submergés. Cela prend environ une bonne demi-journée, puis le même temps pour procéder aux ajustements nécessaires. C’est un dialogue permanent entre l’opérationnel et la technique. »

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