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DEBAT PUBLIC
« La crise démocratique est une crise de la décision »
Olivier Schneid | actus experts technique | France | Publié le 20/03/2018

Jacques Archimbaud, vice-président de la CNDP, s'apprête à présider le débat public sur la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) 2019-2028. Il en appelle à des échanges transpartisans pour mieux cerner les enjeux de la transition énergétique, une problématique qui, selon lui, doit concerner tous les Français.

Vice-Président de la Commission Nationale du Débat Public cndp 246 bld st germain

Vice-Président de la Commission Nationale du Débat Public cndp 246 bld st germain

C’est son ultime mission avant de partir à la retraite. Vice-président de la Commission nationale du débat public (CNDP), Jacques Archimbaud fait le « pari optimiste » que le débat public, qu’il va présider jusqu’au 30 juin 2018 sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) 2019-2028, donc la politique énergétique des dix prochaines années, produira « de l’intelligence collective à un niveau plus élevé que la simple défense de tel ou tel intérêt particulier ».

S’il espère que le gouvernement prendra en compte les recommandations que sa commission aura à rédiger, il rappelle qu’il a une « obligation de moyens, pas de résultats ». Militant de l’économie solidaire et de la décentralisation, collaborateur des anciens ministres de l’Ecologie, Dominique Voynet, Yves Cochet et Cécile Duflot, il confie que certains acteurs « se sont plaints » de son profil « écolo ». « J’assume mon parcours, répond-il. J’ai la réputation d’être un homme d’écoute, de compromis. J’ai mené des débats avec des présidents de région et des maires de droite et de gauche, et personne n’a jamais exprimé de mécontentement à mon encontre. »

Se définissant tel un « Casque bleu de la démocratie », il envisage le débat public comme « un moment de trêve, où les combattants font la paix ». Il sait qu’il est illusoire de prétendre réconcilier pro et antinucléaires, girondins et jacobins. L’important pour lui est de parvenir à bâtir des compromis dans lesquels il n’y ait pas « un gagnant total et un perdant total », où aucune partie ne serait « mise à terre » et où le citoyen « ordinaire » n’ait pas « l’impression que tout se joue sur une scène, un théâtre », sans avoir été entendu.

Cinq ans après un débat national sur la transition énergétique (DNTE) qui a duré neuf mois, était-il utile de lancer une nouvelle consultation publique sur le même sujet ?

Je rends hommage à ce qu’a été, en 2012-2013, le DNTE qui, dans sa méthodologie, s’était largement inspiré de la CNDP. Mais notre débat de 2018 est d’une autre nature. Il est organisé par une commission indépendante, tandis que le DNTE l’avait été à l’initiative du gouvernement, qui en avait fixé la ligne et les limites, son objectif étant de parvenir à des compromis entre des forces politiques et de conquérir des positions dans l’opinion. L’ordre est, ici, inversé. C’est aussi le premier de cette ampleur. Nous allons descendre dans les territoires et aller à la rencontre de publics que l’on ne sollicite pas habituellement dans ce genre de circonstances.

Outre des débats, des ateliers d’information et de controverse, et notre site internet, nous désignerons un

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