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LOGEMENT
Plan « le logement d’abord » : encore beaucoup d’interrogations
Nathalie Da Cruz | France | Publié le 16/03/2018

Le plan gouvernemental pour « le logement d’abord » (2018-2022) doit amorcer une révolution dans la prise en charge des personnes sans domicile. Plutôt que de passer quelques nuitées à l’hôtel ou en centre d’hébergement, les SDF accéderont d’emblée à un logement très social, et bénéficieront d’un accompagnement pluridisciplinaire. Lors d’une rencontre, les acteurs du logement d’insertion ont évoqué leur intérêt mais aussi leurs interrogations. Elles souhaitent apporter leur expertise aux 15 territoires – sur 31 candidats – qui seront bientôt sélectionnés pour décliner ce plan.

Jean-Louis Zimmermann_Flikr_cc_« Le logement d’abord, nous le pratiquons depuis vingt ans ! » ont clamé d’emblée les représentants des fédérations l’appel à manifestation d’intérêt [1] (AMI) lancé en novembre 2017. Mais le planning dérape quelque peu. « Les 15 lauréats seront connus fin mars », a assuré Sylvain Mathieu, délégué interministériel pour l’hébergement et l’accès au logement (DIHAL).

31 collectivités candidates

Ce que l’on sait, pour l’heure, c’est que 31 collectivités ont répondu. Parmi elles : huit départements et 18 EPCI – dont 10 métropoles – et trois « communes importantes ».  A cela s’ajoutent deux candidatures conjointes métropole-département.  « Les collectivités ont déposé des dossiers de qualité, qui proposent des actions concrètes pour la réduction du sans-abrisme sur leur territoire », précise Sylvain Dihal à La Gazette des communes, même si « les niveaux d’appréhension du sujet et les ambitions » sont variables d’un territoire à l’autre.

Annoncé en septembre 2017, le plan quinquennal « pour le logement d’abord et la lutte contre le sans-abrisme [2] » (2018-2022) faisait partie des promesses du candidat Emmanuel Macron. Il prend acte de l’échec des politiques d’hébergement ; les centres étant souvent saturés, ils ne jouent pas le rôle de tremplin vers le logement. « Le plan vise à orienter rapidement les personnes sans domicile vers un logement durable grâce à un accompagnement adapté et pluridisciplinaire », indique la Dihal. Plusieurs exemples en Suède et dans le monde anglo-saxon montrent que cette stratégie est couronnée de succès, et qu’elle revient souvent moins cher à la collectivité.

Pensions de famille, intermédiation locative et logements très sociaux

Le gouvernement va dédier 10 millions d’euros aux 15 territoires qui mettront en œuvre le plan. Celui-ci prévoit, au total, la création, en cinq ans, de 40 000 places dans le parc privé en intermédiation locative et de 10 000 places en pension de famille, et la construction de 40 000 logements en PLAI par an, pendant cinq ans – soit les logements  sociaux aux loyers les plus bas.

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