logo
DOSSIER : Données personnelles : un gisement sous haute protection
Dossier publié à l'adresse https://www.lagazettedescommunes.com/550286/le-self-data-permet-au-citoyen-dameliorer-son-quotidien/

DROIT À LA PORTABILITÉ
« Le self data permet au citoyen d’améliorer son quotidien »
Gabriel Zignani | France | Publié le 19/02/2018

La Fondation internet nouvelle génération (Fing) outille les citoyens, entreprises et collectivités face au numérique. Elle a lancé, en 2012, la démarche « mes infos », qui explore le self data. Manon Molins, copilote du projet, et Guillaume Jacquart, coordinateur technique, nous l'expliquent.

dataComment le self data peut-il aider les individus ?

Manon Molins : Nous avons constaté que les individus avaient de moins en moins confiance dans les organisations, publiques ou privées, concernant le traitement des données personnelles. Afin de répondre à cette crise, nous avons creusé la piste du self data. Ce concept consiste à produire, collecter et exploiter des données personnelles par les individus, sous leur contrôle et pour leur intérêt propre. Dans le cadre du self data, trois étapes sont à observer. La première, c’est la récupération par les individus de leurs données personnelles, notamment en allant les récolter dans les systèmes d’information des entreprises et des organismes publics. Il s’agit ensuite de stocker ces données dans un espace sécurisé. Enfin, il faut que les individus puissent tirer des usages de ces données. Le self data donne au citoyen le moyen de se saisir de ses données pour améliorer son quotidien.

Comment la démarche « mes infos » favorise-t-elle cette amélioration ?

M. M. : L’individu ne peut pas, à lui tout seul, tirer avantage de ses propres données. Des services tiers doivent se connecter sur la plateforme qui contient ces informations. En 2016, nous avons lancé un projet pilote comptant aujourd’hui 2 250 testeurs qui récupèrent, sur leur propre plateforme de cloud, les données personnelles détenues par des organisations partenaires. Chaque testeur peut ainsi profiter d’applications de services tiers lui permettant de tirer de la valeur de ses données.

Guillaume Jacquart : A noter que le règlement européen à la protection des données personnelles (RGPD) constituera un levier pour le self data en consacrant le droit à la portabilité. Ce droit aidera les individus à récupérer leurs données dans les systèmes d’information des différents acteurs.

Quel bénéfice une collectivité peut-elle en tirer ?

G. J. : Une collectivité y gagne de la confiance. En allant un peu plus loin que le droit à la portabilité, imposé par le RGPD, et en jouant le jeu du self data, elle permettrait au citoyen de se réapproprier ses données. Cela rétablirait un équilibre entre la collectivité et le citoyen, qui pourrait utiliser ses données pour son propre compte. Un cas d’usage possible pour le particulier consisterait à récupérer ses données bancaires et à les croiser avec ses données de consommation. Résultat : un relevé bancaire intelligent où, sur chaque ligne d’achat, sont indiquées les garanties, les factures, etc.

M. M. : En agissant ainsi, la collectivité donne davantage d’importance à ses propres données. Le citoyen pourra en effet croiser ses données avec celles récoltées par la collectivité territoriale et publiées en open data, ce qui participe à la création d’un écosystème d’innovation.