logo
Adresse de l'article https://www.lagazettedescommunes.com/549462/le-vehicule-autonome-ne-peut-senvisager-que-partage/

[OPINION] MOBILITÉ
Le véhicule autonome ne peut s’envisager que partagé
Auteur associé | France | Opinions | Opinions | Publié le 20/02/2018 | Mis à jour le 19/02/2018

L'attirance des Français pour l’habitat individuel et la concentration de l’emploi dans les pôles urbains ont amplifié l’étalement résidentiel en vingt ans. Dans ces zones périurbaines et semi-rurales, les habitants ont des attentes en matière de services de mobilité. Le transport public tente d’y répondre, mais le système a atteint ses limites.

Ces vingt dernières années, la cherté du logement en centre-ville, l’appétence des Français pour l’habitat individuel et la concentration de l’emploi dans les pôles urbains ont fortement amplifié l’étalement résidentiel. Dans ces zones périurbaines et semi-rurales, les habitants expriment un haut niveau d’exigence en matière de services, en général, et de services de mobilité, en particulier. Le transport public répond à leurs attentes : au cours de la dernière décennie, le nombre d’habitants ayant accès à un réseau urbain a ainsi augmenté de 16 %. Aujourd’hui, force est de constater que le système a atteint ses limites. Les modes de transports lourds ou classiques ne peuvent pas desservir des territoires de moins en moins peuplés à des coûts qui soient acceptables pour les voyageurs et les contribuables.

Elaborer une stratégie globale de mobilité

Les élus sont donc confrontés à un enjeu majeur : comment réduire les fractures territoriales ? Le véhicule autonome semble être la « solution miracle »…
Chacun se met à rêver de villes sans pollution, ni congestion, où la mobilité serait accessible à tous les citoyens : enfants, personnes âgées, personnes handicapées, avec ou sans permis de conduire, et ce, en toute sécurité et sans incivilité.
Toutefois, il ne faudrait pas que cette innovation révolutionnaire tourne au cauchemar. En effet, si le véhicule autonome est utilisé individuellement, à nombre constant de véhicules, le trafic automobile ne cessera de croître pouvant entraîner une hausse de la congestion de l’ordre de 20 à 30 %… Pour permettre au véhicule autonome de tenir toutes ses promesses – offrir le droit à la mobilité au plus grand nombre de citoyens, réduire les fractures territoriales, améliorer la qualité de l’air –, les élus locaux ont un rôle essentiel à jouer. Il leur faut œuvrer à ce que le véhicule autonome soit partagé, et l’intégrer dans leur stratégie globale de mobilité. Par exemple, une flotte de véhicules autonomes partagés ou une navette à la demande en rabattement direct avec les lignes de transport public permettront de drainer les voyageurs vers des lignes « rapides » à la place des voitures particulières.
Les collectivités locales pourront ainsi étoffer leurs offres pour les premiers et derniers kilomètres, dans les « déserts de mobilité », sur des plages horaires plus larges, ou encore pour les personnes en difficulté dans l’exercice de la mobilité, permettant de réduire la congestion en ville de plus de 20 %.

Le véhicule autonome libère de l’espace urbain

Le déploiement du véhicule autonome partagé se traduira aussi par une libération massive de l’espace urbain, grâce à la baisse du nombre de véhicules particuliers et la récupération de places de stationnement.
Les opérateurs sont prêts à mettre leur savoir-faire (gestion de régulation, partage de la voirie et « vivre-ensemble », sécurité et sûreté) au service des collectivités locales pour relever le défi du véhicule autonome partagé. Il est essentiel que les autorités organisatrices de la mobilité et les opérateurs de transport public travaillent ensemble.
Ils doivent afficher une détermination commune à maîtriser le développement du véhicule autonome partagé qui suscite nombre de convoitises aujourd’hui. Il s’agit là d’une condition sine qua non pour garantir l’intérêt général au service des citoyens.

POUR ALLER PLUS LOIN