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Fonction publique territoriale

[Interview] « Maintenir le statut est indispensable » – Emilie Chalas, députée (LREM) de l’Isère

Publié le 05/02/2018 • Par Bénédicte Rallu • dans : A la Une RH, France, Toute l'actu RH

La députée « La République en marche » a été rapporteure pour avis sur la fonction publique dans le cadre du projet de finances 2018. Cette ingénieure territoriale était directrice générale des services en mairie avant son mandat. Dans un entretien accordé le 17 janvier, c'est-à-dire en amont de l'annonce officielle de la réforme de la fonction publique par le gouvernement, Emilie Chalas assurait à La Gazette des communes vouloir défendre la fonction publique, et notamment la territoriale, lors des débats à venir.

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Pourquoi passer de directrice générale des services à un mandat de député ?

Lorsque j’ai décidé de candidater à l’investiture « En Marche », c’était d’abord pour œuvrer. Le fait que des gens de la société civile puissent venir participer à l’élaboration de la loi française me paraissait une très bonne idée. J’ai une formation aménagement du territoire et sociologie, donc une écoute et un savoir-faire scientifiques sur l’écoute des gens, sur leurs attentes… et suis issue de la territoriale. Je crois qu’Emmanuel Macron est une opportunité pour la France. A ce titre, nous allons travailler ensemble. Mais je ne suis pas d’accord sur tout.

Quel regard portez-vous sur le monde territorial ?

Il n’y a jamais eu autant d’argent dans la territoriale qu’aujourd’hui !Mais il est mal fléché, il est saupoudré. Cela ne permet pas la réalisation de projets ambitieux. Il manque de rationalisation de la dépense.

Et au-delà de l’aspect financier ?

Il y a encore un problème cruel d’organisation territoriale. Les compétences ne sont pas encore assez clairement définies. Il subsiste encore trop de strates. Cette incertitude, ce manque de visibilité créent beaucoup de craintes chez les élus locaux. Ils pensent que le gouvernement et les parlementaires veulent leur retirer leurs prérogatives locales. Tant que les choses seront dans le flou, il y aura une angoisse.

Vous seriez favorable à une nouvelle réforme territoriale ?

L’ambition de la réforme des régions étaient de créer des structures qui permettaient d’éviter le millefeuille territorial. Elle n’est pas allée jusqu’au bout. Il faut aller plus loin. Je sais que ça inquiète beaucoup les territoires. Le gouvernement n’y est pas favorable.

Je défendrai, en deuxième partie de mandat,  qu’on remette sur la table la question de l’organisation territoriale.

Emmanuel Macron avait prévu dans son programme la suppression de 25 départements. Je défendrai, en deuxième partie de mandat,  qu’on remette sur la table la question de l’organisation territoriale.  C’est indispensable si on veut réaliser des économies à la fois sur les 70000 postes de fonctionnaires, sur les dépenses de fonctionnement.

Les annonces de l’été dernier n’ont pas vraiment rassuré…

Là où je suis restée moi-même un peu dubitative, c’est la tonalité avec laquelle s’est engagée la discussion avec les trois corps de la fonction publique. Mais je ne suis pas au gouvernement. Celui-ci est libre de faire comme il l’entend. L’arrivée d’Olivier Dussopt est salvatrice : sa position est rationnelle et pragmatique, résolument moderne pour la fonction publique.

Comment voyez-vous la fonction publique ?

Il y a de la ressource humaine et de la compétence, mais elles sont malmenées. Il faut d’abord arrêter le fonctionnaire bashing : on n’établit pas un dialogue en commençant par dire « vous êtes des glandeurs », c’est insupportable.

Dans mon rapport, je préconise qu’on évalue enfin l’apport de richesses de nos fonctionnaires, le service rendu à ...

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