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[OPINION] GRAND PARIS
Grand Paris : privilégier l’action
Auteur associé | France | Opinions | Publié le 16/01/2018

Après un accouchement long et difficile, abandonner la jeune métropole du Grand Paris [MGP] ou diluer sa capacité à tirer la croissance du pays relèverait du gâchis, alors même que les principales « villes-monde » ont déjà procédé, souvent de longue date, à cette mue métropolitaine.

Grand Paris

Après un accouchement long et difficile, abandonner la jeune métropole du Grand Paris [MGP] ou diluer sa capacité à tirer la croissance du pays relèverait du gâchis, alors même que les principales « villes-monde » ont déjà procédé, souvent de longue date, à cette mue métropolitaine.

Il est toujours surprenant d’observer la réminiscence des débats les plus bureaucratiques prédominer, y compris face à des enjeux stratégiques majeurs. Non, le millefeuille institutionnel n’est pas un obstacle majeur à la bonne gestion de la métropole. Car la MGP n’a pas vocation à remplacer les collectivités locales de base dans la gestion du quotidien, globalement bien mieux administré que dans d’autres métropoles mondiales, mais de donner une perspective commune et de développer les moyens de se positionner au mieux et au plus vite dans la mondialisation. Attendre 2026, comme certains le susurrent, pour parachever une copie parfaite en théorie, équivaudrait à perdre encore dix ans en palabres et démobiliserait les bonnes volontés comme les investisseurs. Dans un monde ouvert et fluide, comme Londres semble le redécouvrir tardivement, chaque jour compte, non pour parachever une belle organisation, mais pour agir.

Paris, Tokyo, Londres et New York

La concurrence des villes globales se joue dans la capacité à incarner un projet, à s’adapter en permanence, à innover tous les jours pour offrir un écosystème créatif optimal aux entrepreneurs et un cadre de vie idéal aux habitants : dépollué, décongestionné et bénéficiant de l’offre la plus large de services modernes. C’est la condition sine qua non pour assurer une place durable à Paris dans le « top four » des « villes-monde » avec Tokyo, Londres et New York, malgré le basculement de l’économie mondiale vers l’Asie et la poussée de dizaines de nouvelles métropoles qui attirent désormais plus d’implantations de sièges sociaux que les villes occidentales.

$Mais il ne faut pas non plus se tromper de bataille : ce n’est pas en s’épuisant dans une vaine et onéreuse course à la taille que Paris, 7 à 10 millions d’habitants selon les périmètres, concurrencera Tokyo et ses 38 millions d’habitants. Encore moins dans des investissements de prestige auxquels nous habituent nombre de villes globales lancées dans une surenchère communicante bien trop luxueuse pour nos finances publiques exsangues.

Innovation, environnement et culture

L’alchimie gagnante du Grand Paris tient à un subtil équilibre entre innovation, environnement et culture, servis par la vitesse de l’action publique : l’innovation comme moteur de croissance, avec la construction d’une écométropole technologique, offre une perspective à nos meilleurs laboratoires de recherche, à l’instar de New York sous Bloomberg ; et la culture, ancrage historique et territorial, ouvre sur le monde et ses influences multiples. L’enjeu pour la métropole se mesure ici dans sa capacité à transcender la passion française des normes et à passer au plus vite des interrogations institutionnelles au faire, à l’accélération de l’action publique, à la coordination avec les investisseurs privés et les créatifs.

La vitesse métropolitaine n’est pas une violence subie mais un accélérateur économique, social et environnemental, un facteur d’attractivité qui doit permettre au Grand Paris de concurrencer les meilleurs, non par ses seuls musées mais par son génie retrouvé. La vitesse est le premier ferment de la ville mondiale, son ADN. Plus de temps à perdre.

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