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EMPLOI PUBLIC EN FRANCE
Poids de l’emploi public : éviter les parallèles approximatifs avec les autres pays
Claire Boulland | A la Une RH | Actu Emploi | Documents utiles | France | Toute l'actu RH | Publié le 03/01/2018

En mobilisant les données de l’OCDE et d’Eurostat, le "Tableau de bord de l’emploi public" réalisé par France Stratégie compare la France aux autres pays développés en matière d'emploi public. Constat : la position de l'Hexagone n'est pas atypique, il se distingue surtout par le poids de ses prestations sociales.

Drapeaux internationalL’emploi public est-il trop important en France par rapport aux autres pays développés ? Cette question récurrente pourrait revenir sur le devant de la scène dans le cadre du programme Action publique 2022, dont les conclusions et arbitrages du gouvernement à l’issue de la vaste consultation d’experts, d’agents et d’usagers pour « transformer » le secteur public doivent être dévoilés fin février/début mars prochains.

La comparaison à l’échelle internationale est tentante, mais délicate. C’est pourquoi France Stratégie, en actualisant fin décembre dernier son « Tableau de bord de l’emploi public » (1) [2], « entend contribuer à éviter les parallèles approximatifs ».

Raisonner plus en termes de dépenses que d’effectifs

Le laboratoire d’analyses souligne que se cantonner au seul taux d’administration – élevé pour la France avec 90 emplois publics pour 1000 habitants – est « insuffisant, voire trompeur ». Il convient de se pencher en parallèle sur le volume des dépenses publiques dont le niveau s’élevait à 57 % du PIB en  2015, soit un des taux les plus élevés au sein des pays avancés, et en augmentation quasi continue depuis 2000.

Pour mémoire, les dépenses publiques sont réparties en trois catégories : les dépenses de fonctionnement, d’investissement (2) [4] et les prestations sociales.

Les dépenses de fonctionnement représentaient 24 % du PIB en 2015. Parmi elles, les rémunérations publiques pesaient tout de même 13 % du PIB français. Mais cela reste une donnée « cohérente » avec le taux d’administration, explique France Stratégie.

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La part des rémunérations publiques dans le PIB est stable en France depuis 2000

Le laboratoire d’analyse précise que le poids significatif des rémunérations dans le PIB « relève davantage d’un effet volume (lié au taux d’administration) que d’un effet prix (lié aux salaires) ». Le document relève en outre que l’écart entre les rémunérations public/privé est plus faible en France que dans nombre de pays, notamment ceux d’Europe du Sud.

Pour relativiser la situation française établie sur la base des seules rémunérations, il est nécessaire, insiste France Stratégie, d’inclure dans le calcul des dépenses directes de fonctionnement, les dépenses « hors personnel », évaluées par les « consommations intermédiaires » (entretien, fourniture, achat de prestations privées). Ce qui porte le taux des dépenses à 18 % du PIB en 2015, la France ayant eu peu recours à la sous-traitance (5 % du PIB), contrairement aux pays nordiques

Des dépenses indirectes particulièrement dynamiques

Les remboursements des consultations auprès de médecins libéraux ou encore l’aide personnalisée au logement, dits aussi « transferts sociaux en nature »,  peuvent être considérés comme des dépenses de fonctionnement « indirectes ». En France, comme dans les autres pays développés, cette composante de la dépense publique apparaît particulièrement dynamique.
Les transferts sociaux représentent 6 % du PIB de la France, soit 10% des dépenses publiques. [6]

Les transferts sociaux représentent 6 % du PIB de la France, soit 10% des dépenses publiques.

Le poids croissant des dépenses publiques en France (+ 4 points entre 2005 et 2015) est en fait imputable pour près des trois quarts à la hausse graduelle des dépenses de transferts sociaux, notamment dans les branches santé et vieillesse.

Prestations sociales : un record

Ainsi, les écarts entre pays qui ressortaient au départ de la seule prise en considération des dépenses de rémunération tendent à s’atténuer et certains pays qui paraissaient sous-administrés se rapprochent de la moyenne, à l’instar de l’Allemagne, ou la dépassent comme c’est le cas des Pays-Bas.

En revanche, la France se singularise davantage par ses prestations sociales en espèces (pensions de retraites, indemnités journalières, allocations familiales, indemnités chômage, minima sociaux,etc.) qui atteignent 20 % du PIB, contre 15 % en Allemagne par exemple. L’ensemble de ses prestations sociales représentent en moyenne 35 % du PIB. « Un record en comparaison internationale », conclue France Stratégie.

La France, championne des prestations sociales [8]

La France, championne des prestations sociales en espèces

 

REFERENCES


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