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[OPINION] URBANISME
Pour une réappropriation de la ville durable par les élus
Auteur associé | Opinions | Opinions | Publié le 19/12/2017 | Mis à jour le 20/12/2017

Aujourd’hui, les élus n’occupent pas encore assez la place qui devrait être la leur dans la vision et l’organisation de la ville durable. ­Pourtant, cette dernière ne saurait exister efficacement sans une vision globale du territoire qui est l’apanage de la collectivité.

logements sociaux à Nancy

Aujourd’hui, les élus n’occupent pas encore assez la place qui devrait être la leur dans la vision et l’organisation de la ville durable. ­Pourtant, cette dernière ne saurait exister efficacement sans une vision globale du territoire qui est l’apanage de la collectivité.

Les freins sont multiples : l’accumulation des contraintes réglementaires des plans locaux d’urbanisme et des schémas de cohérence territoriale, la peur du changement… C’est pourquoi la tentation est grande de laisser faire les professionnels. S’il est indispensable de s’entourer de ces derniers pour prendre en charge la fabrication et la rénovation de la ville, il est tout aussi important que les élus exercent pleinement leurs responsabilités pour créer la ville durable.

Une légitimité démocratique

D’une part, l’élu est le seul à détenir la légitimité démocratique. Choisi par ses concitoyens, il a le pouvoir d’engager le cadre de vie futur des citoyens. Pour cela, il doit acquérir une vision à long terme de sa collectivité. Nous risquons, sinon, de voir émerger des villes sans cohérence, avec des quartiers très développés mais sans interaction avec les autres, face à des quartiers délaissés et dépourvus de services.

D’autre part, chaque projet doit être conçu pour avoir des contributions positives au-delà de son périmètre spatial. Cette démarche requiert une vision du territoire, de ses enjeux, de ses atouts et de ses contraintes, mais également des attentes des différentes parties ­intéressées. C’est cette vision qui permettra de définir la politique et les objectifs pour obtenir une ville plus durable. L’élu va donc se positionner comme un « maître d’ouvrage » face aux professionnels de l’aménagement. Il définit les objectifs du projet en accord avec les attentes des citoyens et les besoins globaux de la ville et du territoire, ainsi que son calendrier et le budget qui lui est alloué.

Une fois la définition des attentes du territoire fixée, le pilotage des différentes parties prenantes, à savoir les acteurs privés et les citoyens, s’en trouvera grandement simplifié. L’élu pourra alors déléguer le rôle de « chef d’orchestre » permettant aux différents acteurs de dialoguer. Grâce à lui, les citoyens seront informés des conséquences du projet sur leur vie quotidienne : sa durée, son utilité, les enjeux pour le territoire… Par ailleurs, une bonne implication des citoyens facilitera leur acceptation du projet : ils seront plus réceptifs aux attentes des uns et des autres car ils les comprendront mieux.

Inspirer confiance

Cette démarche est aussi un gage de sécurité pour l’élu, car une décision prise de manière unilatérale risque de considérablement le fragiliser en cas d’échec. Pris dans le cadre d’un processus démocratiquement maîtrisé et transparent, le projet sera porté par toutes les parties prenantes et saura emporter l’adhésion de tous. L’élu doit également mettre en place un processus d’évaluation de ces actions car le fait d’identifier les réussites et (ou) les points à améliorer saura inspirer confiance à l’ensemble des parties.

Une ville durable est un être vivant en perpétuelle évolution. Chaque initiative, aussi modeste soit-elle, est l’occasion d’améliorer son fonctionnement. Une telle harmonie ne saurait être possible sans un projet traduisant une vision globale du territoire. Or seul l’élu est en mesure de la déterminer grâce à sa légitimité démocratique. S’il veut jouer son rôle, il doit construire cette vision et la partager avec les professionnels qui vont fabriquer la ville et les citoyens qui vont la vivre.

Patrick NOSSENT,

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