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RÉFORME TERRITORIALE
Le Forum métropolitain du Grand Paris dit « non » à un big bang
Jean-Baptiste Forray | France | Publié le 18/12/2017 | Mis à jour le 19/12/2017

A l’instar de son nouveau président, le maire (MRC) du Kremlin-Bicêtre Jean-Marc Nicolle, le syndicat mixte de la zone dense de la région-capitale ne veut pas entendre parler d’un nouveau grand soir des territoires. Le Forum métropolitain du Grand Paris souhaite, avant tout, maintenir la place des maires dans l’édifice.

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L’Ile-de-France est-il un territoire d’exception ? A entendre ses élus, à coup sûr non. A l’instar de leurs collègues de province, les maires de la zone dense de la région-capitale réunis au sein du Forum métropolitain du Grand Paris ne veulent pas entendre parler d’un nouveau big-bang territorial.

Moins de deux ans après la naissance de la métropole du Grand Paris (MGP) et des 11 établissements publics territoriaux (EPT) de petite couronne, ils appellent Emmanuel Macron, qui devrait faire des annonces en janvier sur ce dossier, à s’en tenir à des ajustements et à des corrections.

« Est-ce qu’il faut refondre tout le système ? Je suis très prudent là-dessus », soupèse le maire MRC du Kremlin-Bicêtre Jean-Marc Nicolle, élu pour un an président du Forum métropolitain du Grand Paris, le 15 décembre 2017.

L’ancien délégué spécial au Grand Paris auprès du président de la région Ile-de-France Jean-Paul Huchon (PS) souhaite, avant tout, que le Forum serve d’espace de dialogue entre les élus de la MGP et leurs voisins des intercommunalités de plus de 200 000 habitants de grande couronne. Issue de Paris Métropole, pionnière de la coopération territoriale à la fin des années 2000, cette structure légère trouve ainsi son utilité.

Le scénario de la fusion métropole-région

Au côté de Jean-Marc Nicolle, le représentant d’Anne Hidalgo, Pierre Mansat (Ex-PCF), se montre résolument positif : « Nous avons fortement progressé avec les territoires, la métropole, le concours Inventons la métropole qui attire 7,5 milliards d’investissements et le Vélib’ métropolitain. »
« Même si la MGP n’est pas satisfaisante, nuance le chef de file des Républicains Eric Césari, elle reste une assemblée de maires. Elle n’est pas politisée par l’élection. »
« On  ne veut pas d’un truc hors-sol qui descende d’en haut », renchérit le patron de Plaine Commune, Patrick Braouezec (PCF).

Quelle est la philosophie d’Emmanuel Macron sur ce dossier ? Selon le patron des Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian (LR), lors d’une conférence organisée par La Gazette des Communes le 13 décembre, le Président de la République a demandé au préfet de région d’instruire un rapprochement entre la métropole et la région.

Le plan B des intercommunalités

Les élus présents au Forum métropolitain du Grand Paris se font nettement moins définitifs. A leurs yeux, le brouillard est complet. En attendant que la fumée blanche sorte du palais élyséen, chacun cherche à occuper le terrain.

Dernière en date, l’Assemblée des communautés de France fait la promotion d’une métropole confédérale dans un document rendu public le 13 décembre [3].

Fondé sur « l’effacement complet des conseils départementaux », ce schéma passe par une montée en puissance des EPT. Ces structures deviendraient des intercommunalités de plein exercice dotées de l’essentiel des ressources des anciens conseils généraux.

La métropole, elle, serait pourvue d’un statu ad hoc d’établissement public de coopération interterritoriale. Une manière d’échapper au piège de l’EPCI d’EPCI jugé inconstitutionnel par le Conseil d’Etat et la direction générale des collectivités locales, à l’époque de la loi MAPTAM du 27 janvier 2014. Muni d’un lien organique et financier avec les EPT, ce super syndicat mixte serait recentré sur les grands projets d’aménagement, le financement des réseaux urbains et la planification.

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