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DOSSIER : Aménagement urbain : Quand la ville se livre au privé
Dossier publié à l'adresse https://www.lagazettedescommunes.com/540878/fabrique-de-la-ville-rester-pilotes/

[EDITO]
Fabrique de la ville : rester pilotes
Romain Mazon | Dossiers d'actualité | France | Publié le 15/12/2017 | Mis à jour le 23/03/2018

Pour faire face à la baisse des ressources publiques, on invoque fréquemment deux mots magiques, censés compenser sans douleur : numérique et délégation. Mais la fabrique de la ville resterait-elle pilotée par l'intérêt général ?

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Rappelons cette antienne des années 2010 : les ressources des collectivités doivent baisser. Passons sur la légitimité, ou pas, de la situation. Et revenons aux conséquences, version volontariste. Moins de moyens, c’est plus d’arbitrages, une définition exigeante des priorités ; c’est donc vertueux.
Vu comme cela, certes !
Surtout si, en plus, vous innovez.
A fortiori, si vos innovations se déploient grâce à la magie des technologies numériques.

Là, vous touchez le graal de l’économie de moyens pour un service rendu à coup sûr amélioré, partagé, si possible coconstruit avec des citoyens et, mieux, avec des start-up.
Vous aurez alors coché toutes les cases du service public de demain – forcément moins cher, numérique, produisant des données qui, grâce au big data, permettront d’améliorer la vie.

Foisonnement d’innovations

Dans le monde réel, tout ceci, bien sûr, n’est que pétition de principe. Et soumis à de nombreuses conditions pour que le bénéfice promis advienne. Moins de ressources, cela signifie déléguer davantage, en investissement comme en fonctionnement. Dans certains cas, cela concerne l’idée même de l’investissement.
Et si la France a inventé la délégation de service public, le contexte actuel renouvelle le rapport de force avec les acteurs privés. D’abord, parce que les partenaires ne sont plus les mêmes, comme le relève Isabelle Baraud-Serfaty (lire La Gazette du 18 décembre, p. 38).

Ensuite, parce que le cadre réglementaire, qui fournit les moyens d’action de l’acteur public, peine à répondre au foisonnement d’innovations. Les start-up, par exemple, sont championnes pour satisfaire des besoins non couverts, mais en investissant les zones grises de notre espace juridique et public [3].

Ce nouveau contexte, enfin, questionne la place des décideurs publics et leurs rôles dans la fabrique de la ville, ainsi que la définition de l’intérêt général, donc des services publics pertinents. La prise de conscience est urgente.

Souhaitons que le programme du gouvernement, Action publique 2022, qui doit aboutir en mars 2018, y apporte sa contribution.

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