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EDUCATION
Rythmes scolaires : l’enquête de l’AMF prédit un retour massif à la semaine de 4 jours en 2018
Michèle Foin | France | Publié le 30/11/2017

L’enquête annuelle de l’AMF sur la réforme des rythmes laisse à penser que la semaine de 4,5 jours ne concernera bientôt plus qu’une minorité de communes. Georges Fotinos, tenant des neuf demi-journées d’école en prend son parti, et s’apprête à concentrer ses efforts sur les plus convaincues.

Deux élèves de retour de l'écoleComme chaque année depuis la réforme des rythmes scolaires, l’Association des maires de France (AMF) lance une grande enquête auprès des élus à propos de sa mise en œuvre. Le Congrès des maires, qui s’est déroulé du 21 au 23 novembre 2017, a une fois de plus été l’occasion de livrer le ressenti des maires à propos de la réforme, mais aussi de donner un pronostic sur le retour à la semaine de 4 jours en 2018, permis par le décret du 27 juin 2017 [1]. Cette enquête [2] conduite du 15 septembre au 5 octobre 2017 et qui a recueilli 6 500 réponses de communes ou intercommunalités livre de nombreux enseignements.

Une demande des parents et des enseignants

Le premier montre que c’est davantage la volonté des acteurs éducatifs que celle des maires qui a occasionné le retour massif de la semaine à 4 jours dès 2017. Ainsi la majorité des communes et intercommunalités qui sont revenues à la semaine de 4 jours l’ont fait à 83% à la demande des parents, à 81% à celle des conseils d’école et à 71% à celle des enseignants. La « fatigue supposée » des enfants justifie également 72% des décisions. Seules 35% des communes avancent des difficultés d’organisation des nouvelles activités périscolaires (NAP) et 53% leur coût.

De fortes pressions sur les maires

Pour Georges Fotinos, ancien responsable du dossier « Rythmes scolaires » au ministère de l’Education nationale, et membre fondateur de l’Observatoire des rythmes et des temps de vie des enfants et des jeunes (ORTEJ [3]), « la majorité des parents étaient favorables aux 4,5 jours de classe au moment de la réforme. Le problème c’est que la plupart des enseignants n’ont jamais accepté le travail du mercredi, le SNUIPP, syndicat enseignant le plus puissant, y étant fortement opposé. Pour eux, c’est un avantage social acquis qui compense des salaires qui n’augmentent pas. Or pour les parents, qui connaît mieux l’enfant que l’enseignant ? Quand l’enseignant leur dit que l’enfant est fatigué, ils le croient ! »

Le décret du 27 juin 2017 a donc permis aux enseignants de faire valoir leur point de vue, quitte à brandir la fatigue des enfants. De fait, de nombreux maires ont témoigné auprès de l’AMF des pressions exercées dans les conseils d’école en faveur des 4 jours de classe. A tel point qu’il est difficile aujourd’hui pour les partisans de la semaine de 4,5 jours de faire entendre leurs arguments.

L’élève, dernière roue du carrosse

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