logo
Adresse de l'article https://www.lagazettedescommunes.com/536580/quand-la-fermeture-des-colleges-ghettos-est-envisagee/

ÉDUCATION
Quand la fermeture des collèges ghettos est envisagée
Michèle Foin | France | Innovations et Territoires | Publié le 28/11/2017 | Mis à jour le 19/02/2020

Pour les collèges enclavés dans des quartiers dépourvus de mixité sociale, la solution passe parfois par la fermeture afin de mieux rebattre les cartes de la sectorisation. En général, les élèves des collèges en zone d’éducation prioritaire sont les premiers à pouvoir intégrer un établissement plus mixte pour sortir d’un collège « ghetto ». Un long processus de concertation doit être enclenché avec les parents et les enseignants afin de faire accepter la fermeture d’un collège.

Le gouvernement de François Hollande a fait de la mixité sociale à l’école l’un de ses chevaux de bataille. Vincent Peillon, ministre de l’Education, l’inscrit même dans la loi de refondation de l’école de la République en 2013. En novembre 2015, Najat Vallaud Belkacem, qui lui succède, préfère lancer une expérimentation avec des territoires volontaires, plutôt que d’imposer une réforme de fond. « La mixité sociale ne se décrète pas », explique-t-elle alors. Des chercheurs doivent mettre en place un protocole d’évaluation pour identifier les dispositifs les plus efficaces et le Cnesco est chargé de tirer les premiers enseignements de la démarche.

Volonté politique

En septembre 2016, les conclusions du Cnesco sont sans appel. « De vingt-cinq, le nombre de territoires-pilotes a chuté à douze, les zones les plus ségréguées, comme le Nord et la région Paca, n’entrent pas dans le champ de l’expérimentation et seul le collège est concerné . Laisser les collectivités territoriales dans une posture de décideurs, sans objectifs nationaux, ne conduit pas à un fort développement des politiques locales de mixité sociale », affirme le Cnesco dans son rapport (1).

Mais selon Etienne Butzbach, coordinateur du réseau « mixité » à l’école pour le Cnesco, « s’il est un fait que les mobilisations locales n’ont pas été massives, là où les collectivités se sont engagées, cette implication est très significative. Dans la plupart des territoires, les resectorisations, partielles ou globales à l’échelle d’une grande ville ou d’une agglomération, demeurent un levier essentiel. Ce sont, en effet, les ...

CHIFFRES CLES

  • 10 % des collèges accueillent moins de 15 % des élèves issus de familles défavorisées en 2015.
  • 10 %, a contrario, en accueillent plus de 62 %, d’après le ministère de l’Education nationale. La ségrégation sociale au collège est bien une réalité en France.


POUR ALLER PLUS LOIN