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A QUOI SERVENT LES PETITES COMMUNES ?
Quel est le rôle de la commune dans les regroupements intercommunaux ?
Pablo Aiquel | France | Publié le 14/11/2017

A l'écoute de ses concitoyens, à portée d'engueulade ou chef de village, le maire demeure l'élu local plébiscité par ses pairs. Personne ne conteste le rôle de capteurs du pouls de la société qu'ont les élus de proximité, notamment ceux des petites communes. Quatre maires ou anciens maires témoignent.

campagne ruralité village

Philippe Elissalde, maire d’Ahetze (1 980 hab., Pyrénées- Atlantiques) (1) [1]

« Faire vivre la proximité »

« Dans notre EPCI, l’hétérogénéité est grande : des communes comptent 60 habitants, d’autres plus de 20 000. Il y a des gros et des petits et, à la fin, ça doit faire une équipe, comme au rugby. Une commune de 2 000 habitants comme la mienne doit comprendre la philosophie de l’équipe et agir en complémentarité pour renforcer ses qualités. Le grand défi de nos entités institutionnelles est de mener des politiques publiques efficaces dans notre périmètre, mais aussi de faire vivre la proximité. Si les politiques publiques s’éloignent, on aura perdu. Il faut des territoires irrigués et vivants. Je reste persuadé que le maire incarne l’articulation entre ces politiques publiques et les citoyens. Les petites communes ont leur place, pleine et entière. Il appartient aux élus de faire fonctionner ce nouveau logiciel. »

Anne Blanc, députée de l’Aveyron, ancienne maire de Naucelle (2 000 hab.)

« Il faut une taille critique »

« On doit se demander si les petites communes sont en capacité de réaliser des services publics, dans un contexte de raréfaction des dotations et de transfert de compétences. Je suis convaincue de l’intérêt de la commune en tant que telle, mais aussi qu’il lui faut une taille critique pour être représentative et rendre service à la population. Nous assistons à un basculement des responsabilités, les services de l’Etat fondent et, demain, c’est l’interco qui va rassembler le « pool » de compétences nécessaires. La proximité représente également un enjeu, c’est pour cela que les seuils ne peuvent pas être identiques sur tout le territoire. Mais les besoins ne sont pas les mêmes qu’hier. Il faut réinventer la proximité et faire confiance aux élus pour qu’ils considèrent les meilleures solutions afin de maintenir leur action. »

Mickaël Weber, maire de Wœlfling-lès-Sarreguemines (750 hab.) (2) [2]

« Détecter les problèmes »

« Dans le PNR des Vosges du nord, seules deux communes comptent plus de 2 500 habitants. Les parcs apportent une ingénierie de territoire. Mais, sur des sujets de société, la commune reste l’échelle à laquelle on détecte les problèmes. Elle représente un lien extrêmement fort et ne peut disparaître. Nous sommes peut-être à un tournant pour le monde rural face aux villes. Nous devons avoir un discours porteur d’espoir et d’opportunités, sur les énergies renouvelables par exemple. Des intercos réalisent que prendre certaines compétences, comme l’éclairage ou la voirie, n’est pas efficace. L’échelle doit être celle de l’efficacité. Si l’organisation n’est pas comprise et partagée, elle est rejetée par les citoyens. L’évolution doit venir des territoires, et non être imposée d’en haut. »

Ghislaine Prunier, adjointe au maire de la commune nouvelle Terre de Caux (3) [3]

« L’entité la plus proche »

« La commune reste l’entité la plus proche des habitants, où les élus ne sont pas anonymes. Mais les toutes petites communes ne peuvent plus jouer le même rôle que jadis. Il faut défendre la commune, qui a un avenir, mais aussi la réinventer. Je crois aussi à l’interco, si elle est capable d’agir pour le développement économique. Nous avons fusionné sept communes pour garder des compétences de proximité, comme la petite enfance, la jeunesse, les services aux personnes âgées, et intégré une grande agglomération rurale. Nous l’avons fait parce que nous avons des projets, pas pour des raisons financières. Nous avons réussi à créer une dynamique. Chaque commune ancienne reste la porte d’entrée pour les habitants. »

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