logo
Adresse de l'article https://www.lagazettedescommunes.com/534954/comment-le-pass-culture-sera-t-il-mis-en-place/

CULTURE
Comment le « pass culture » sera-t-il mis en place ?
Hélène Girard | Actualité Culture | France | Publié le 14/11/2017

Bien qu’inscrit au budget 2018 du ministère de la Culture, le projet de passeport culturel (Pass culture) reste, pour l’heure, un projet très flou. Les parlementaires se montrent très intéressés, mais réclament des précisions.

Masks with theatre concept

A quoi ressemblera le Pass culture promis par Emmanuel Macron lors  de la campagne présidentielle et acté dans le budget 2018 du ministère de la Culture à hauteur de 5 millions d’euros ? Quel en sera le contenu ? Qui participera au tour de table ? Jusqu’à présent, la ministre de la Culture Françoise Nyssen, n’a guère été loquace sur le sujet.

Intérêt pour l’idée

Lors de son audition par la commission élargie (affaires culturelles – communication et finances) de l’Assemblée nationale, réunie le 7 novembre 2017 pour examiner le projet de budget 2018 du ministère de la Culture, la locataire de la Rue de Valois aura pu mesurer, d’une part, l’intérêt que suscite l’idée d’un pass culture, qu’aucun député n’a d’ailleurs mis en cause, et d’autre part, l’urgence qu’il y a à avancer sur la structuration du projet. De prise de parole en prise de parole, pas un député n’a omis d’émettre une ou des demandes de précisions à ce sujet.

Sous le feu roulant des questions, la ministre a égrené quelques précisions sur la méthode, tout  en restant floue sur beaucoup d’autres points.

Prolongement des parcours EAC

Le Pass culture a vocation à être un « prolongement du parcours d’éducation artistique et culturelle » (EAC) suivi par les jeunes pendant leur scolarité. Il s’agira d’accompagner « la sortie de l’école et l’entrée dans l’âge adulte et la citoyenneté par la culture ».

Mode « start-up »

Le ministère entend travailler « en mode “start-up”, selon Françoise Nyssen. Nous allons co-construire ce pass avec les futurs usagers, les différentes parties prenantes, partenaires et collectivités. » C’est cette phase d’élaboration que financera l’enveloppe de 5 millions d’euros inscrite au budget 2018 de la Rue de Valois et qui devrait servir, notamment, à la « conception de l’outil ».  « Dès décembre 2017 », indique Françoise  Nyssen, « un groupe de jeunes » issus de son cabinet et des établissements culturels placés sous tutelle de son ministère rencontreront des « acteurs culturels » pour travailler sur l’offre. En outre, toujours en décembre, aura lieu un « hackathon participatif » autour de ce projet.

Par ailleurs, l’expérience des collectivités en matière de pass culturel sera prise en compte. Françoise Nyssen précise que ses services ont recensé l’ensemble des offres territoriales existantes.

Mode expérimental

La ministre promet le lancement d’une « première offre en septembre 2018 ». Mais il s’agira, à ce stade, d’un Pass en mode « expérimental ». Ce qui laisse supposer que le lancement effectif d’un Pass stabilisé n’aura pas lieu avant 2019.

Pour ce qui est du montant du Pass, initialement envisagé à 500 euros, la ministre n’a pas apporté de précision, malgré la demande de la députée de Paris (LR) Brigitte Kuster. De même sur la question du « fléchage » de la répartition de l’offre pour le détenteur d’un pass, également soulevée par l’élue parisienne.

Contenu dans les limbes

Parmi  les grandes interrogations figure le contenu de l’offre. Et c’est là que se focalisent les inquiétudes de nombreux parlementaires et acteurs culturels. « Il y a un risque d’aubaine », souligne Constance Legrip, députée (LR) des Hauts-de-Seine. A cela Françoise Nyssen répond qu’il faudra « éditorialiser , mais que le contenu sera ouvert et c’est le jeune qui choisira ». Sans autre précision, car « tout n’est pas écrit d’avance ». Le contenu devrait être cerné dans le cadre de la phase de co-construction. Cependant, la ministre insiste sur le fait que le Pass devrait respecter « l’autonomie du jeune », et que ce sont des « algorithmes qui éditorialiseront les choix de l’utilisateur.»

Quel équilibre entre offres publique et  privée ?

Pour l’heure cette question reste sans réponse. Tous les regards se portent sur les GAFAM (1) [1]. A ce stade, la ministre indique seulement que « l’idée est de donner la priorité aux établissements culturels, dans une logique d’accès et de développement des pratiques artistiques. »

REFERENCES


POUR ALLER PLUS LOIN