logo
Adresse de l'article https://www.lagazettedescommunes.com/534661/le-gouvernement-philippe-sur-la-corde-raide/

[EDITO]
Le gouvernement Philippe sur la corde raide
Jean-Marc Joannès | France | Publié le 10/11/2017

Depuis cet été, un rapport de force a été établi : le gouvernement et une bonne partie du monde territorial ont eu plusieurs mois pour se jauger.

Edouard Philippe, le Premier ministre, le 20 septembre devant la Conférence des villes.

Edouard Philippe, le Premier ministre, le 20 septembre devant la Conférence des villes.

Il y a toujours ce moment critique, où le programme doit se concrétiser, au cours duquel les idées doivent muter en plan d’action, et le bilan coûts/avantages de la mise en œuvre d’une promesse doit être assumé et expliqué. Le gouvernement d’Edouard Philippe est entré de plain-pied sur cette ligne de crête tout au long de laquelle l’orientation politique impulsée par le président de la République doit se matérialiser… mais en fédérant le plus possible. Or, depuis cet été, un rapport de force a été établi : le gouvernement et une bonne partie du monde territorial ont eu plusieurs mois pour se jauger. D’un côté, des promesses électorales et ce mantra selon lequel le monde territorial doit changer ; de l’autre, les réalités administratives, politiques et sociales de l’« ancien monde » que, décidément, on ne peut balayer d’un revers de la main.

Outils de cordée

Parmi les outils indispensables pour que toute la cordée suive le chemin étroit, il y a la concertation. Le « grand forum de l’action publique » devrait permettre aux citoyens et aux agents d’exprimer leurs attentes en matière de service public. C’est aussi le but de la seconde Conférence nationale des territoires, ainsi que du dispositif « Action publique 2022 [1] ». Le gouvernement devra rassurer et expliquer que derrière ces consultations ne se dissimule pas une nouvelle revue générale des politiques publiques, avec en ligne de mire la réduction de la masse salariale. « La révolution numérique libérera les agents de tâches inutiles, sans objectif préconçu de suppression de postes », explique ainsi Mounir Mahjoubi.

Ingéniosité et audace

Il faudra de l’ingéniosité. Solliciter les 319 plus grosses collectivités pour participer à la réduction de la dette publique relève d’une logique imparable : ne pas faire appel aux plus petites, fragilisées, mais à celles qui disposent de marges de manœuvre. Cela reste audacieux : c’est courir le risque de susciter les craintes de voir se développer une vision contractuelle de la décentralisation, faisant prévaloir des relations bilatérales entre chacune des plus grosses d’entre elles et l’Etat… en laissant l’élu de proximité en fin de cordée.

POUR ALLER PLUS LOIN