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AMÉNAGEMENT
Penser la ville pour les personnes âgées
Isabelle Raynaud | Actu expert santé social | actus experts technique | France | Innovations et Territoires | Publié le 08/11/2017

Pour éviter que les personnes âgées ne s'isolent, elles doivent pouvoir continuer à sortir de chez elles, même si leur mobilité se réduit avec l'âge. Afin de répondre aux besoins de déplacement des plus âgés, les communes doivent mettre en place des politiques transversales, entre social, transport, logement...

Old couple walks on the pedestrian crossing

Repas des anciens, colis de Noël, sorties culturelles de temps à autre… La vision que l’on peut avoir des actions des mairies pour lutter contre l’isolement des personnes âgées reste assez classique. Et très parcellaire. Pourtant, de très nombreuses communes ont élargi leur éventail et, de plus en plus, imaginent leur aménagement urbain en fonction des seniors. Car ne pas rester seul chez soi, c’est d’abord avoir la possibilité de continuer à sortir. Avec l’âge, l’usage d’une voiture devient parfois difficile, il faut donc se déplacer à pied, sans pour autant pouvoir faire des kilomètres ou sauter d’un bus à l’autre.

Besoin de mobilier urbain

En moyenne, une personne âgée ne peut ainsi marcher que de 300 à 500 mètres environ avant de devoir faire une pause. Donc de devoir s’asseoir. Retirer un banc revient peut-être à empêcher quelqu’un de continuer à aller faire son marché ou à acheter son pain. A Saint-Germain-au-Mont-d’Or (2 400 hab., métropole de Lyon), c’est en marchant que des volontaires du conseil des seniors ont identifié les bons et mauvais points de la commune, et les lieux où des structures de repos étaient nécessaires entre les zones d’habitation et les commerces et services. En 2016, la métropole de Lyon, qui a la compétence pour la commune, a installé de nouveaux bancs, là où ils étaient désirés. A Rennes (213 500 hab.), un cahier des charges a été conçu pour spécifier les besoins. « Des seniors, des personnes handicapées et des ergothérapeutes ont participé à son élaboration », détaille Véra Briand, adjointe au maire, déléguée aux personnes âgées et au handicap. Du mobilier a été testé pour permettre d’installer des structures plus atypiques que les classiques bancs, comme des chaises ou des assises en béton. « La direction des jardins se sert désormais de ce cahier des charges pour la commande publique et, autant que possible, nous définissons les emplacements d’installation avec les habitants », ajoute-t-elle.

Les conférences des financeurs

La loi du 28 décembre 2015 d’adaptation de la société au vieillissement a créé les conférences des financeurs, qui permettent aux acteurs de se rencontrer pour prévoir, ensemble, des politiques de prévention en direction des personnes âgées. Un moyen d’échanger entre communes et départements sur des aménagements urbains.

Mais la ville ne s’est pas arrêtée là : elle a également cartographié précisément les logements favorables au vieillissement. Les bailleurs sociaux ont fait le diagnostic de leurs habitations pour connaître le nombre de logements adaptés, adaptables et ceux qui ne peuvent – et ne pourront jamais – l’être. Par ailleurs, Rennes a aussi été divisée en une quarantaine de secteurs où ont été recencés, outre les difficultés géographiques, les commerces, les services, les médecins, les transports… « Le but était de cibler les zones où les aménagements de mobilier urbain sont intéressants », explique Véra Briand. Installer des bancs le long d’un chemin, c’est bien, sur la route vers le médecin ou le boulanger, c’est mieux. « Il faut penser la ville pour permettre à tous d’y habiter : si on installe des personnes âgées dans un bâtiment neuf, adapté, mais que les trottoirs autour de l’immeuble ne sont pas finis, vous les empêchez de sortir », rappelle l’élue.

REFERENCES

Les 5e rencontres du RFVAA se dérouleront le 15 décembre 2017 au ministère des Solidarités et de la Santé.


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