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LECTURE PUBLIQUE
Trois sujets de réflexion des bibliothécaires éclairés par l’Observatoire de la lecture publique
Vincent Blaise | Actualité Culture | Documents utiles | France | Publié le 02/11/2017

Dans son dernier rapport, qui porte sur l’année 2015, l’Observatoire de la lecture publique (ministère de la Culture) livre une mine de données qui éclairent les enjeux des politiques en faveur des bibliothèques.

Médiathèque de la CDC des Portes de Romilly-sur-Seine (Aube) ©Ville de Romillly

Médiathèque de la CDC des Portes de Romilly-sur-Seine (Aube) ©Ville de Romillly

Certains croyaient les bibliothèques obsolètes ; leur fréquentation augmente. On pensait aussi qu’avec plus de 7 700 bibliothèques et 8 800 points d’accès au livre, le territoire était désormais bien équipé ; ce n’est pas encore le cas… Tels sont quelques-uns des constats mis en lumière par le rapport 2017 de l’Observatoire  de la lecture publique, « Bibliothèques municipales et intercommunales, données d’activité 2015 [1] ». Un document, qui permet, entre autres, de mettre en équation trois des grands sujets de réflexion des professionnels.

1-Maillage territorial : le verre est encore à moitié vide ou à moitié plein

L’étude se félicite que « 91% des usagers des bibliothèques mettent moins de 20 minutes pour s[e] rendre [à un lieu de lecture] ; il s’agit donc d’un équipement de très forte proximité ».

Cependant, comme le rappelle l’Observatoire de la lecture publique, l’Inspection générale des bibliothèques avait, en 2015, considéré la situation autrement : « 55% des communes, représentant plus de 11 millions de personnes, soit 17% de la population, ne disposent d’aucun lieu de lecture publique » (L’équipement des communes et groupements de communes en bibliothèques : lacunes et inégalités territoriales [2]).

1 OPL Capture [4]

(Source : Observatoire de la lecture publique)

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De ce point de vue, l’inter­communalité n’est pas encore une réponse dans les faits. Car selon le rapport de l’Observatoire de la lecture publique : seules 5% des bibliothèques ont été transférées, malgré une progression (+18%) entre 2014 et 2015.

2- De plus en plus d’usagers qui n’empruntent pas d’ouvrages

L’Observatoire de la lecture publique se réfère à l’étude du  ministère de la Culture, de juin 2017 (Publics et usages des bibliothèques municipales en 2016 [5]) qui a constaté une hausse (+5%) de la fréquentation mais une baisse du prêt : 50% des usagers n’empruntent pas de livre. « Ces chiffres font état de la très grande diversité des pratiques dans leurs établissements : les bibliothèques voient ainsi se renforcer leur fonction de lieu d’accueil et d’échanges, créatrice de lien social », souligne l’Observatoire de la lecture publique.

Un constat également fait par la ministre de la Culture lors de son audition du 25 octobre par la commission culture du Sénat : « Les bibliothèques sont des lieux du service public culturel et peuvent s’avérer des lieux d’accueil, de partage, de vie et d’aide. Il nous faut accompagner cette démarche. »

2 OPL Capture [6]

(Source : Observatoire de la lecture publique)

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Parmi leurs fonctions nouvelles, les consultations des ressources numériques (en nette hausse depuis 2013) mais aussi l’action culturelle : 46% des bibliothèques mettent en œuvre des partenariats culturels, dont 30% avec des conservatoires et 51% avec des associations culturelles.

3-Les inégalités des horaires d’ouverture sont fortes et stables depuis 5 ans

L’habitant d’une grande ville (plus de 150 000 hab.) bénéficiera de plus de 40 heures d’ouverture, alors que celui d’une petite commune  (2 000 hab.) ne s’en verra offrir qu’une dizaine. Une inégalité qui s’étage selon les tailles de collectivités.

3 OPL Capture [7](Source : Observatoire de la lecture publique)

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Les grandes villes ont-elles des dépenses de personnel proportionnelles à l’ampleur de leurs horaires d’ouverture ? Non, constate l’Observatoire  de la  lecture publique. Pour 100 habitants, ces dépenses sont de 1 881 € dans les territoires de 200 000 habitants, mais de plus de 2 000 € dans ceux de 50 000 habitants, ce qui relativise la corrélation entre le temps d’ouverture et la dépense de personnel.

Est-ce dû à des différences de gestion ? Certains établissements optimisant mieux que d’autre l’emploi des professionnels pour accroître leurs plages d’ouverture ? Le rapport ne s’engage pas dans cette hypothèse et apporte une réponse : ces dépenses baissent pour les grandes collectivités (de -1% à -4%) mais croissent pour les plus petites (+3% pour les communes de 2 000 à 20 000 habitants). Là encore une preuve de l’importance des enjeux de politique publique que représentent les bibliothèques et du caractère peu acceptable des inégalités territoriales.

REFERENCES


CHIFFRES CLES

  • 7 700 bibliothèques
  •  800 points d’accès au livre

(Source : ministère de la Culture)


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